Il était attendu depuis de nombreuses années, le réseau interurbain de Mayotte va enfin voir le jour pour le plus grand bonheur des Mahorais. « C’est un grand pas pour Mayotte ! », s’est félicité Abdoul Kamardine.

Quand on connait les problèmes de mobilité et de circulation sur l’île, ce réseau devrait apporter une bouffée d’oxygène et un nouveau confort de vie pour les habitants. « La mobilité est un enjeu majeur non seulement dans le monde mais encore plus à Mayotte où l’on sait qu’il n’est pas simple de se déplacer », a souligné Ali Omar, 3e Vice-président du Département-Région, chargé de l’Administration générale, des Transports, et de la Transition Écologique. « Les embouteillages pèsent lourd sur la qualité de vie économique et sociale mais aussi sur la santé mentale de la population. Aussi, ce réseau est une alternative que nous proposons aujourd’hui car il y avait la nécessité d’agir afin d’améliorer les dessertes entre les différents cantons de l’île », a-t-il poursuivi.
4 lignes pour commencer…
Dès ce vendredi 22 mai, 4 lignes seront mises en service : 2 en Grande-Terre et 2 en Petite-Terre avec des bus de 53 places, 35 et 9 places.

Ainsi la ligne M1 reliera le PEM de Mamoudzou au PEM de Dzoumogné : 34 voyages en semaine, 26 le samedi. Une amplitude de 5h à 18h pour l’aller et 6h à 19h au retour en semaine.
La M3 reliera le PEM de Mamoudzou à celui de Chirongui : 27 voyages en semaine, 18 le samedi, avec une amplitude de 4h30 à 17h30 pour l’aller et 6h à 18h30 au retour en semaine.
La ligne M20 reliera le Quai Ballou à Pamandzi tunnel : 82 voyages en semaine, 54 le samedi. Avec une amplitude de 5h à 19h30 pour l’aller et 5h30 à 20h au retour en semaine.
Enfin, la ligne M21 reliera le Quai Ballou à Pamandzi tunnel via Labattoir : 81 voyages en semaine, 54 le samedi. Avec une amplitude horaire de 5h à 19h30 pour l’aller et 5h30 à 20h au retour en semaine.
Ces premières dessertes permettent de structurer les déplacements les plus fréquentés et d’organiser les correspondances autour de la barge, point central des mobilités sur l’île. Aussi, les trajets des lignes MI et M3 circuleront sur les voies réservées aux bus de la CADEMA.
« Ce lancement marque une première étape, le réseau est amené à évoluer, avec l’ouverture progressive de nouvelles lignes d’ici le mois d’août », précise-t-on du côté du Département-Région.
Un tarif accessible à la population
Le tarif de base du titre unitaire M’Safara est fixé à 2 euros englobant le voyage par le bus et la barge, valable pour un aller simple d’une durée de 3h, avec 2 correspondances. Pour les trajets du quotidien, les abonnements offrent une solution plus souple et permettent de réduire le coût du voyage. Ainsi, l’abonnements tout public mensuel coûtera 50 euros.
Le réseau est gratuit pour les moins de 10 ans (sous condition d’être accompagnés d’un adulte lors du voyage, dans la limite de 5 enfants par adulte). Il y aura aussi un abonnement « jeunes » (11-18 ans) à 25 euros/ mois ; « étudiants » à 35 euros/ mois ; et « sénior » (+de 65 ans) à 35 euros/mois.

Pour acheter son titre de transport il suffira de se rendre soit au PEM Dzoumogné (au rond-point) ; au PEM Mamoudzou (à la Gare maritime) ; au PEM Dzaoudzi (à la Gare maritime) ; au PEM Coconi (en face du PER) ; ou bien au PEM Chirongui (derrière le lycée). Un site internet est également disponible pour les usagers : www.msafara.yt
Il permettra, en plus du rechargement de son titre, de consulter les lignes, les horaires, les points de vente, les tarifs, les conditions d’inscription et l’ensemble des informations utiles pour préparer ses déplacements. Ali Omar a insisté sur le fait que « le réseau M’Safara constitue une solution supplémentaire de mobilité où bus et taxis peuvent et doivent coexister ensemble ».
Enfin, « petit cadeau » pour les premiers à vouloir tester le nouveau réseau de transport interurbain, 10.000 tickets vont être disponibles gratuitement et vont permettre de voyager (gratuitement) sur le réseau du 22 au 31 mai.
Prochaine étape : fin août avec la mise en service des autres lignes.
B.J.


