Un pic de tensions a été observé dans l’archipel entre jeudi et vendredi. Des tensions ont éclaté à Anjouan où on dénombre deux décès et cinq blessés graves, selon le parquet de Mutsamudu. Les autorités ont provisoirement suspendu la hausse des prix des produits pétroliers et appelé à « un dialogue républicain » et à « une consultation nationale ».

Comores : Deux morts, suspension des prix des carburants et retour au calme

Un pic de tensions a été observé dans l’archipel entre jeudi et vendredi. Des tensions ont éclaté à Anjouan où on dénombre deux décès et cinq blessés graves, selon le parquet de Mutsamudu. Les autorités ont provisoirement suspendu la hausse des prix des produits pétroliers et appelé à « un dialogue républicain » et à « une consultation nationale ».

Les affrontements entre forces de l’ordre et « manifestants anti-hausse » des prix des carburants ont pris fin samedi 16 mai, au quatrième jour de la grève des transporteurs qui a paralysé une grande partie de l’archipel. Si des barrages avaient été érigés dans certains quartiers de la capitale, Moroni, les affrontements les plus violents ont été signalés à Anjouan qui a connu un pic de tensions dans les journées de jeudi et de vendredi. Bilan : deux morts et cinq blessés dont certains ont été évacués vers Mayotte.

Des malentendus entre pêcheurs

Les heurts ont éclaté dans les hauteurs de Mutsamudu à Mpagé là où les jeunes ont été retrouvés morts.

Le procureur de la République de Mutsamudu, Ibrahim Youssouf, a annoncé l’ouverture d’une enquête pour déterminer les circonstances de la mort de ces deux personnes. « Un évènement tragique a entraîné le décès d’une personne et fait cinq blessés »,  a souligné le magistrat, ajoutant que « dès les premiers instants, les autorités judiciaires et les forces de sécurité se sont pleinement mobilisées afin de rétablir l’ordre public, sécuriser les lieux, porter assistance aux victimes et engager les investigations nécessaires à la manifestation de la vérité ».

Selon des sources concordantes, l’explosion des violences est née de malentendus entre pêcheurs sur la conduite à tenir face à l’appel d’une grève générale dans tous les secteurs. Certains pêcheurs souhaitaient une reprise des activités alors que d’autres exigeaient le respect de la consigne donnée par les syndicats. Des scènes de violences ont éclaté, des barrages ont été érigés obligeant l’intervention des forces de l’ordre.

Les deux personnes décédées sont natives de Mpage, une localité située au nord de la capitale Mutsamudu. « Une procédure judiciaire a été immédiatement ouverte afin de déterminer avec précision les circonstances du décès, d’établir les responsabilités éventuelles et d’identifier, le cas échéant, les auteurs des troubles constatés », a précisé le parquet qui a présenté, dans son communiqué, les condoléances aux familles des victimes.

Une reprise progressive des activités dans l’archipel

Les autorités comoriennes en conférence de presse samedi 16 mai avec les syndicats, annonçant la suspension de la hausse et appelant au calme.

La multiplication des tensions et surtout la mort de ces deux jeunes ont pesé dans la décision des autorités de suspendre provisoirement l’arrêté ayant annoncé la hausse des prix des produits pétroliers. Le gouvernement comorien a présenté ses condoléances aux familles éplorées et « s’engage à tout mettre en œuvre pour faire la lumière sur les circonstances de cette tragédie », selon un communiqué officiel rendu public samedi 16 mai. Les autorités ont annoncé « une consultation nationale » et « réaffirme son attachement au dialogue républicain » pour aboutir à des solutions et des compromis sur les prix des carburants qui prendront en compte les préoccupations de la population mais aussi la conjoncture économique nationale et internationale.

En attendant, les prix antérieurs des produits pétroliers ont été maintenus. « Après d’intenses discussions avec les différentes parties et après avoir entendu les doléances de la population, le président de la République a donné l’instruction ferme de sursoir aux mesures prises temporairement relatives aux prix des produits pétroliers », indique le même communiqué qui précise que « La suspension de ces mesures marque avant tout la fin des difficultés rencontrées par les Comoriens qui pourront ainsi reprendre le cours normal de leur vie dès lundi », ajoute le document.

Depuis hier dimanche, le calme est de retour dans l’archipel. Les commerces ont rouvert leurs portes. Le transport en commun a repris de plus belle et la situation se stabilise petit à petit. Reste à savoir où pourront mener la suite des nouvelles discussions entre le Gouvernement et les organisations syndicales au sujet de la tarification des prix des produits pétroliers…

A.S.Kemba

Partagez l'article :

spot_imgspot_img

Les plus lus

Publications Similaires
SIMILAIRES

Élections municipales de Mamoudzou : la justice décide qu’il n’y aura pas de nouveau scrutin

Le tribunal administratif de Mayotte entérine le score de la liste d’Ambdilwahedou Soumaïla au premier tour des élections municipales de Mamoudzou. Ce mardi 15 septembre, il donne en partie raison au requérant, Ahamada Haribou (arrivé deuxième), en retranchant 104 voix litigieuses.

Des parents d’élèves demandent le départ de la rectrice : « Si elle ne s’occupe pas de nous, elle doit démissionner »

Le lycée de la Cité du Nord entame ce lundi 14 septembre sa troisième semaine de blocage. Près de 180 parents, enseignants et représentants syndicaux se sont réunis devant l'établissement scolaire. La mobilisation des parents prend de l'ampleur, tandis qu'aucune rencontre avec la rectrice ou une délégation du rectorat n'était encore confirmée dans la matinée.

« Le CHM brille par son silence » : les brancardiers et ambulanciers en grève à Mayotte

Plus d'une vingtaine de brancardiers et ambulanciers du CHM sont en grève depuis lundi matin à Mamoudzou. Heures supplémentaires contestées, manque d'effectifs, missions SMUR et interventions à la morgue, les agents dénoncent une accumulation de difficultés et réclament des réponses de la direction.

Environnement : Plus de 41 000 euros attribués à trois projets écologiques à Mayotte

L'Office français de la biodiversité (OFB) a dévoilé les lauréats de la seizième édition de son programme de financement TeMeUm (Terres et Mers Ultramarins). Au total, trois projets mahorais d'initiatives locales, associatives et écologiques vont donc se partager une enveloppe de 41.550 euros.