Le bulletin d’avril 2026 du REVOSIMA décrit une activité sismo-volcanique toujours active autour du système sous-marin de Fani Maoré, avec 156 séismes localisés, soit environ cinq par jour, concentrés à l’est de Petite-Terre et sans évolution notable depuis plusieurs mois. Malgré une activité jugée globalement stable, les scientifiques rappellent que la situation reste sous surveillance dans un contexte incertain.

156 séismes détectés : une sismicité toujours active mais relativement stable à l’est de Petite-Terre

Le bulletin d’avril 2026 du REVOSIMA décrit une activité sismo-volcanique toujours active autour du système sous-marin de Fani Maoré, avec 156 séismes localisés, soit environ cinq par jour, concentrés à l’est de Petite-Terre et sans évolution notable depuis plusieurs mois. Malgré une activité jugée globalement stable, les scientifiques rappellent que la situation reste sous surveillance dans un contexte incertain.

L’information faisant état d’un séisme de magnitude 4,4 au large de Mayotte, le mardi 10 mars 2026, avait rapidement circulé et suscité des interrogations, voire des inquiétudes, avant d’être démenti, deux jours plus tard, par la directrice de l’observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise et membre du réseau de surveillance de l’activité sismo-volcanique de Mayotte, Aline Peltier. 

Plus d’un mois plus tard, le bulletin du mois d’avril 2026 du Réseau de surveillance volcanologique et sismologique de Mayotte (REVOSIMA) vient préciser l’état de l’activité : le système volcanique sous-marin, Fani Maoré, situé à une petite quarantaine de kilomètres à l’est de Petite-Terre à Mayotte, reste actif, mais sans évolution notable récente ; il semblerait d’ailleurs globalement stable.

En effet, le rapport confirme la persistance de séismes réguliers en profondeur, sans variation significative ni de leur intensité ni de leur localisation au cours des derniers mois. Ces observations, qui s’inscrivent dans un contexte encore largement incertain en raison de la complexité du système volcanique sous-marin, constituent néanmoins un signal jugé relativement stable et plutôt rassurant à court terme pour les scientifiques.

Une sismicité régulière mais contenue dans un laps de temps 

Mayotte, REVOSIMA,
Derniers séismes enregistrés dont la localisation est visible sur le site national d’information sur la sismicité de la France, le BCSF-RENASS.

En avril 2026, les instruments du REVOSIMA ont détecté 156 séismes localisés, ce qui correspond à environ cinq événements par jour. Ces secousses ne sont pas ressenties à la surface, mais elles témoignent de mouvements profonds dans le sous-sol marin.

Les scientifiques distinguent toujours deux types principaux de séismes dans ce contexte volcanique. Les premiers, dits « volcano-tectoniques » correspondent à des fractures de la roche en profondeur, provoquées par les contraintes exercées par les mouvements du magma. Les seconds, appelés séismes de « longue période », sont plutôt liés à la circulation de fluides, comme des gaz ou du magma, dans les conduits volcaniques.

Sur le mois d’avril, 123 séismes volcano-tectoniques et 33 séismes de longue période ont été enregistrés. Parmi les événements les plus marqués, 14 ont atteint une magnitude comprise entre 2 et 3, sans dépasser ce seuil. Aucun séisme plus fort n’a été observé, ce qui indique l’absence d’épisodes énergétiques importants sur cette période.

La localisation géographique de ces événements reste également stable. Ils sont concentrés principalement dans une zone située entre 0 et 30 kilomètres à l’est de Petite-Terre, confirmant la persistance de ce secteur actif bien identifié, depuis la découverte de ce volcan sous-marin, en 2018.

Un rythme de secousses « stable » depuis 2022

Au-delà du mois d’avril, les données confirment une tendance plus large. Le REVOSIMA indique que ce niveau d’activité est « relativement stable depuis fin 2022 ». Autrement dit, malgré des fluctuations naturelles d’un mois à l’autre, aucune tendance à l’augmentation ou à la diminution durable de la sismicité n’a été observée récemment.

Cette stabilité est importante pour les scientifiques, car elle suggère que le système volcanique est dans une phase d’équilibre relatif. L’activité est bien réelle, mais elle ne montre pas de signe d’emballement ni de diminution progressive.

À ce stade, pas d’évolution brutale 

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Si une première sirène d’alerte tsunami avait été mise en service à Dembéni en octobre 2020, peu ou pas d’informations ont depuis été communiquées par les autorités sur l’état opérationnel ou le déploiement des autres systèmes d’alerte sur le territoire, notamment depuis le cyclone Chido, le 14 décembre 2024.

Les autres mesures de surveillance viennent compléter ce constat. Depuis fin 2020, aucune déformation significative du sol n’est détectée à Mayotte, expliquent les scientifiques. Concrètement, cela signifie que l’île ne se « soulève plus », en quelque sorte, et ne s’affaisse plus de manière mesurable, contrairement aux premières années de la crise sismo-volcanique, en 2018 et 2019.

Cette absence de mouvement en surface, combinée à une sismicité stable en profondeur, suggère que le système ne montre pas, à ce stade, de signe de remontée active de magma vers les couches superficielles. L’activité observée semble plutôt liée à des ajustements profonds et à la circulation de fluides dans le sous-sol. Pour les scientifiques, cette configuration correspond à un système toujours actif mais relativement contenu. Elle ne permet pas de prévoir une évolution précise à court terme, mais elle ne montre pas non plus de signal d’aggravation rapide.

Contactée à plusieurs reprises sur le sujet, la préfecture de Mayotte n’avait pas donné suite à nos sollicitations concernant la préparation du département face à une éventuelle crise sismique. Nos questions portaient notamment sur l’identification des points de rassemblement de la population et sur la capacité des dispositifs d’alerte existants, notamment les hauts-parleurs des mosquées, à relayer des messages d’urgence en cas de séisme important ou de risque de tsunami associé.

En juillet 2025, les scientifiques du BRGM et du REVOSIMA rappelaient pourtant que « le risque d’un tsunami à Mayotte n’est pas à exclure ». Depuis, aucune prise de parole publique d’ampleur n’a été faite.

Mathilde Hangard

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