Une quinzaine de bateaux ont perturbé ce lundi matin la circulation entre Grande-Terre et Petite-Terre, bloquant temporairement les quais de Mamoudzou et de Dzaoudzi avant une reprise progressive du trafic autour de 10h, à la suite d’une réunion entre les opérateurs nautiques et les autorités.

Les opérateurs nautiques durcissent le ton plus d’un après le passage de Chido

Une quinzaine de bateaux ont perturbé ce lundi matin la circulation entre Grande-Terre et Petite-Terre, bloquant temporairement les quais de Mamoudzou et de Dzaoudzi avant une reprise progressive du trafic autour de 10h, à la suite d’une réunion entre les opérateurs nautiques et les autorités.

Pour les usagers comme pour les agents de la Direction des Transports Maritimes (DTM) sur place, c’était une totale surprise. Les barges étaient à quai ou circulaient au ralenti, dans une organisation perturbée par la mobilisation d’une quinzaine de bateaux d’opérateurs nautiques.

Seuls certains passages étaient assurés, notamment pour les véhicules prioritaires comme les pompiers ou les services d’urgence, tandis que le reste du trafic était fortement bloqué, créant rapidement des files d’attente de voyageurs, de salariés et de familles venus prendre la barge pour rejoindre leur lieu de travail ou rentrer chez eux.

Dans l’attente, l’information circule mal et les versions se contredisent. Hilma Madi, rentrant de voyage avec son mari et ses enfants, raconte une arrivée dans la confusion. « On est arrivés ce matin à 8h et dans le taxi on nous a dit qu’il n’y avait pas de barge sans explications. Arrivés sur place, les barges étaient là mais aucune ne partait », explique-t-elle, avant de préciser qu’ils ont compris progressivement qu’un mouvement de protestation était en cours.

Une action assumée par les opérateurs

Du côté des opérateurs nautiques, la mobilisation est présentée comme une action volontaire de pression après plus d’un an de difficultés depuis le passage du cyclone Chido. L’objectif était de faire réagir les autorités sur les conditions d’exercice du métier et l’absence d’infrastructures adaptées. « Concernant nos revendications, c’est simple et clair, on demande des pontons d’urgence que ça soit sur la Grande-Terre ou la Petite-Terre, pour qu’on puisse embarquer et débarquer en toute sécurité », explique Maxime Demoulin, pilote dans le lagon depuis 11 ans.

La barge n’avait pas la possibilité d’accoster à Mamoudzou.

Il évoque également l’état des équipements existants et la possibilité d’utiliser rapidement certains éléments déjà présents sur le port de Mamoudzou. « Il reste des blocs en ce moment sur le port de Mamoudzou qui sont abandonnés depuis, on peut les réutiliser pour agrandir l’infrastructure », ces demandes font partie des revendications prioritaires, qu’ils espèrent voir mises en œuvre le plus rapidement.

Dans son témoignage, le professionnel décrit aussi une situation tendue et risquée au quotidien autour des opérations maritimes, notamment lors des retours de mer. « Il y a des confrontations avec les enfants qui sont omniprésents partout. Un jour il va y avoir un accident et ça va nous retomber dessus alors que ce n’est pas nous les responsables », affirme-t-il. Selon lui, le Département-Région de Mayotte devrait s’intéresser d’avantage à ces enjeux.

Une réunion en urgence 

Face à la situation, Ali Omar, Vice-président du Département-Région chargé de l’Administration générale, des Transports, et de la Transition Écologique, s’est rendu sur place ce matin afin d’engager un dialogue direct avec les opérateurs nautiques. C’est d’ailleurs ce qui a permis aux traversées de la barge de reprendre progressivement aux alentours de 10h. Après un échange entre les protagonistes, une réunion a été fixée entre les deux parties.

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Les plaisanciers attendent des résultats rapides, faute de quoi ils reprendront leur mobilisation.

À l’issue de la rencontre qui a eu lieu dans l’après-midi, plusieurs pistes ont été évoquées, notamment le sujet d’un ajout rapide de blocs à Mamoudzou, avec un montant estimé autour de 40.000 euros, sous réserve de validation technique et administrative. Pour Petite-Terre, une réunion technique est annoncée en fin de semaine ou début de semaine prochaine avec les acteurs du port, des entreprises de travaux publics ainsi que la municipalité pour d’étudier la mise en place d’un bloc de béton flottant et la remise en état de la passerelle qui actuellement est sous l’eau.

Il a aussi été question d’un ponton à Mamoudzou et d’un autre à Dzaoudzi d’ici la fin de l’année, une annonce accueillie avec prudence par les opérateurs. « Je n’y crois pas trop », confie David Moulin, qui explique avoir déjà entendu ces promesses sans avoir vu de réalisation concrète.

En attendant, les professionnels préviennent que si aucune avancée réelle n’est constatée dans les quinze jours, de nouvelles actions pourraient être engagées, cette fois en visant le chenal maritime en collaboration avec d’autres professionnels de la mer, avec un impact plus important sur la traversée entre Grande-Terre et Petite-Terre.

Shanyce MATHIAS ALI.

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