Après quatre jours d'un piquet de grève très suivi devant le siège de la Caisse de Sécurité Sociale de Mayotte à Kawéni, la pression des salariés a fini par porter ses fruits. Au cœur du conflit, un licenciement jugé abusif et sans preuve matérielle a mis le feu aux poudres, révélant un malaise bien plus profond au sein de la structure.

Grève à la CSSM : Mobilisation payante des salariés et réintégration de l’agent licencié

Après quatre jours d'un piquet de grève très suivi devant le siège de la Caisse de Sécurité Sociale de Mayotte à Kawéni, la pression des salariés a fini par porter ses fruits. Au cœur du conflit, un licenciement jugé abusif et sans preuve matérielle a mis le feu aux poudres, révélant un malaise bien plus profond au sein de la structure.

L’annulation du licenciement n’était pas la seule revendication des salariés. Léo Vignal / JDM

Devant le rideau de fer baissé de l’accueil et sous les tentes de fortune dressées à la hâte, la colère accumulée depuis des mois a fini par éclater au grand jour. Banderoles prônant le « Respect des agents », appels à la revalorisation de la vie chère à 53 %, et slogans fermes contre les « licenciements abusifs ». Depuis lundi 27 juillet, le parvis du siège de la Caisse de Sécurité Sociale de Mayotte (CSSM) est devenu le théâtre d’une mobilisation.

Installés dès l’aube jusqu’en fin d’après-midi, les salariés ont tenu le pavé pour protester contre le renvoi soudain de l’un de leurs collègues, accusé par la hiérarchie d’avoir géré une entreprise privée non déclarée. Une sanction jugée infondée et expéditive par le personnel. « Nous sommes sortis pour manifester suite au licenciement d’un de nos collègues. Nous estimons que c’est une décision prise à la hâte et sans fondement », explique Sania, salariée mobilisée sur place. « Ce collègue est un ancien qu’on connaît et qu’on côtoie au quotidien. Il fait partie de la famille et nous n’avons rien à lui reprocher », ajoute-t-elle.

Un licenciement sans preuve qui déclenche l’étincelle

La députée Anchya Bamana est venue soutenir les grévistes à la CSSM. Léo Vignal / JDM

Ce manque de preuves matérielles a également fait réagir en interne. Un membre du Conseil d’administration de la CSSM est venu prêter main-forte aux grévistes pour dénoncer des méthodes managériales d’une grande brutalité. « Ici, la direction a licencié pour licencier, sans s’appuyer sur des éléments probants. C’est tout simplement la goutte d’eau qui a fait déborder le vase ».

Présente sur le piquet de grève aux côtés des « anciens » pour favoriser le dialogue social, la députée de Mayotte, Anchya Bamana, a suivi de près l’avancée des pourparlers. « J’ai été interpellée en tant que députée pour faire en sorte que le dialogue social puisse s’établir. Je viens d’apprendre que le premier point de revendication est honoré : la réintégration de l’agent licencié », s’est réjouie l’élue mahoraise.

Victoire étape et appel à l’alignement des droits sociaux

Anchya Bamana rappelle toutefois que la bataille dépasse le cadre de cette annulation. « Il y a des revendications d’égalité sociale totalement légitimes, comme l’indexation à 53 % au même titre qu’à La Réunion. Mayotte est un département français depuis 2011, il n’y a aucune raison que nous n’ayons pas les mêmes droits. Je parle d’un vrai alignement des droits sociaux, pas d’une simple convergence ».

Des Femmes Leadeurs et des Sages ont manifesté en soutien aux salariés de la CSSM. Léo Vignal / JDM

Outre l’indexation des salaires et l’amélioration de la formation interne, le personnel dénonce la dégradation constante de leurs conditions de travail ainsi que l’externalisation de nombreux services vers La Réunion ou l’Hexagone. Des compétences et des postes qui pourraient, selon eux, être directement créés sur l’île pour offrir un service public digne de ce nom aux assurés mahorais.

Si l’annulation de la sanction et la réintégration actée de leur collègue apportent un soulagement immédiat sur le piquet de grève, les agents de la CSSM restent extrêmement vigilants. En prouvant que la solidarité syndicale pouvait faire plier la direction, ils ont prévenu : la garde ne sera pas baissée tant que l’ensemble des doléances sociales n’aura pas trouvé de réponse concrète.

Léo Vignal

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