À Mayotte, les déplacements sont devenus un enjeu majeur au fil des années. Autour de Mamoudzou, où se concentre une grande partie des trajets quotidiens de l’île, les embouteillages font partie du quotidien de nombreux habitants.
Longtemps dépendant principalement de la voiture et des transports individuels, le territoire cherche depuis quelques années à développer de nouvelles solutions pour répondre à la saturation des axes routiers. Pensé comme une réponse à cette situation, le projet Caribus avance depuis le début des années 2010 et a progressivement pris forme avec les premiers aménagements réalisés sur l’île.
Le réseau prend forme

30 juillet 2026 : Le grand basculement de Kawéni (Phase 2 Nord)
Les engins de chantier s’installent ce jeudi, sur la Route Nationale 1 (RN1). Ce chantier d’envergure, estimé à 40 millions d’euros, s’attaque au tronçon situé entre le carrefour MEGA et le carrefour NEL. Au programme : création de la plateforme dédiée au bus et lourds travaux hydrauliques pour en finir avec les inondations à l’entrée de Kawéni.
Cette nouvelle étape s’accompagne d’un important changement pour les usagers de la route. La circulation bascule immédiatement à sens unique sur la RN1. Les automobilistes qui circulent de Mamoudzou vers Kawéni doivent désormais emprunter la rue Martin Luther King, aménagée en itinéraire de substitution. Cette organisation doit rester en place pendant plus d’un an, jusqu’au 21 août 2027, d’après la Cadema.
10 avril 2026 : Le réseau Caribus passe à 100 %
Ce lancement au nord intervient trois mois après le grand virage opérationnel du réseau. Le vendredi 10 avril, les lignes 1 (l’axe structurant en BHNS) et 2 (Hajangoua/Ongojou – PEM Mamoudzou) entraient en service. Sur le terrain, ce déploiement complet s’était fait avec les moyens du bord. La CADEMA avait dû composer avec des véhicules provisoires pour assurer le lancement du réseau.
2 mars 2026 : L’ouverture des toutes premières lignes officielles
Un mois plus tôt, la CADEMA actait la fin de l’ère des navettes. En effet, le 2 mars, la collectivité lançait officiellement la première étape du déploiement progressif du réseau Caribus avec la mise en service exclusive des lignes 3 (Doujani Collège – PEM Mamoudzou) et 4 (Vahibé Chendra – PEM Passamainty).
Le chantier s’accélère
19 juin 2025 : Coup d’envoi de la Phase 2 Sud au Baobab
La deuxième phase du projet Caribus se concrétisait sur le terrain à Mamoudzou. Les travaux débutaient sur l’axe reliant le rond-point Baobab à la Pointe Mahabou, pour la création d’une troisième voie insérée au milieu de la chaussée réservée aux navettes et d’importants travaux de soutènement en zone littorale.

12 mai 2025 : les premières voies réservées ouvertes
Après trois années de travaux, les premières voies aménagées entre Passamaïnty et le rond-point du Baobab sont ouvertes aux navettes, malgré les retards provoqués par le cyclone.
Il faut désormais une dizaine de minutes pour relier le pôle d’échange multimodal (PEM) de Passamainty au Baobab et moins d’une heure entre Dembéni et Mamoudzou. Le chantier a été inauguré le lendemain, par le maire de Mamoudzou et à l’époque premier vice-président de la CADEMA, Ambdilwahedou Soumaïla.
2025 : le chantier change de dimension
Le début de l’année est marqué par plusieurs étapes importantes. En février, la CADEMA organise des réunions publiques pour informer les habitants et les commerçants sur les futurs plans de circulation et les dispositifs prévus pour les professionnels concernés. En mars, les marchés 3 et 4 entrent dans leur phase opérationnelle. Les entreprises Sogéa et Colas lancent leurs interventions sur les secteurs du Baobab et de Kawéni.
Un projet imaginé il y a plus de quinze ans
Février 2022 : le chantier devient réalité

Le 10 février 2022, la première pierre du Caribus est officiellement posée à Passamaïnty par le président de la CADEMA de l’époque, Rachadi Saindou, et le préfet Thierry Suquet.
Le projet entre véritablement dans sa phase de réalisation quelques jours plus tard, le 14 février, avec les premiers travaux conduits par Vinci Construction entre Passamaïnty et le rond-point du Baobab. Une première enveloppe de 86 millions d’euros est mobilisée sur un projet estimé à 245 millions d’euros.
2010 : la naissance d’un projet de longue haleine
Bien avant les premiers engins, le Caribus est d’abord une idée. Le projet est lancé au début des années 2010 par la mairie de Mamoudzou pour tenter d’apporter une réponse à la saturation croissante du trafic routier.
Aujourd’hui, avec le démarrage de la phase 2 Nord à Kawéni, le projet poursuit son avancée. Si une partie du réseau est désormais en service, plusieurs aménagements restent encore à réaliser avant l’achèvement complet de cette infrastructure qui doit transformer durablement les déplacements dans l’agglomération de Mamoudzou.
Shanyce MATHIAS ALI.


