Elles ont d’innombrables qualités. Elles constituent des puits de carbone parmi les plus performants de la planète mais aussi des barrières naturelles contre l’érosion côtière et réservoirs de biodiversité, les mangroves rendent de nombreux services aux écosystèmes marins et aux populations littorales.
À l’occasion de la Journée mondiale des mangroves, célébrée le 26 juillet, la Fondation de la Mer alerte sur le recul de ces milieux sous l’effet des activités humaines et du changement climatique, tout en présentant les actions de protection et de restauration qu’elle soutient, notamment dans les territoires ultramarins.
Des écosystèmes aux multiples fonctions et vertus

Situées à l’interface entre la terre et la mer, les mangroves sont constituées de différentes espèces de palétuviers capables de se développer dans des milieux salés, avec des racines partiellement immergées. Selon la Fondation de la Mer, ces formations végétales couvrent environ 150.000 km² à l’échelle mondiale et bordent environ 15 % des zones côtières.
La Fondation insiste sur les nombreux services rendus par ces écosystèmes. Les mangroves représentent des puits de carbone extrêmement efficaces. « Elles stockent en moyenne 400 tonnes de carbone par hectare, soit près de trois fois plus que les forêts tropicales de même taille », souligne la Fondation de la Mer.
Cette capacité de stockage du carbone leur donne un rôle important dans la lutte contre les changements climatiques. Mais leur intérêt ne se limite pas à cette problématique. Les mangroves participent également à la protection des littoraux en réduisant les effets de l’érosion côtière. Le communiqué précise qu’elles « dissipent l’énergie des vagues et piègent les sédiments, protégeant ainsi les côtes contre les effets du changement climatique », comme la montée du niveau de la mer ou encore l’intensification des tempêtes au sens large.
Les mangroves constituent aussi des espaces essentiels pour la biodiversité. Elles servent de zones de reproduction, de nurserie et de développement pour de nombreuses espèces animales. Elles offrent des habitats indispensables à une partie de la faune marine et contribuent ainsi au maintien des équilibres écologiques des zones côtières.
La Fondation de la Mer rappelle également que ces écosystèmes jouent un rôle pour les populations vivant à proximité du littoral. Les mangroves constituent une ressource pour les activités liées à la pêche et participent à la protection naturelle des côtes face aux aléas climatiques. Elles contribuent enfin à améliorer la qualité des eaux en filtrant une partie des pollutions d’origine humaine avant qu’elles n’atteignent le milieu marin.
Des pressions qui accélèrent leur disparition

Malgré leur importance écologique, les mangroves continuent de reculer. La Fondation de la Mer estime que cet écosystème est aujourd’hui soumis à une pression croissante liée aux activités humaines et aux changements climatiques. La Fondation cite notamment plusieurs facteurs responsables de cette évolution : « L’expansion des activités agricoles, l’artificialisation des sols liée à l’urbanisation, les pollutions et la montée du niveau de l’Océan accélèrent leur disparition ».
L’organisation met également en avant les transformations des espaces littoraux. Selon les données qu’elle cite, « entre 2000 et 2020, 43 % des pertes de mangroves sont liées à leur conversion pour l’aquaculture, les plantations de palmiers à huile et la riziculture ».
À ces pressions s’ajoute la montée progressive du niveau de l’océan, qui fragilise ces zones soumises au rythme des marées. La Fondation de la Mer considère toutefois qu’il est encore possible d’agir pour enrayer cette tendance et préserver ces écosystèmes.
La France est directement concernée par cet enjeu. Avec près de 87.800 hectares de mangroves répartis dans dix collectivités d’Outre-mer, elle dispose d’une part importante de cet habitat naturel. Selon la Fondation de la Mer, cette situation lui confère « une responsabilité au niveau mondial dans la préservation de cet écosystème ».
Des projets de restauration menés en Outre-mer

La Fondation de la Mer rappelle être engagée depuis plusieurs années dans des actions de protection et de restauration des mangroves. L’organisation précise également accompagner des actions de sensibilisation, de surveillance, de formation et de sciences participatives. Ces programmes s’appuient notamment sur une application mobile destinée aux scolaires et aux gestionnaires. Selon la Fondation de la Mer, cet outil leur permet « d’apprendre à mieux connaître cet écosystème et de repérer les menaces potentielles ».
La Fondation dresse également le bilan des cinq projets soutenus au cours de l’année 2025. Selon les chiffres communiqués, quatre espèces différentes de palétuviers ont été plantées : des palétuviers rouges, blancs, noirs et des palétuviers à fleurs. Au total, 4.551 plants ont été replantés dans le cadre des opérations soutenues par l’organisation.
Ces actions ont également permis la restauration de 17.380 m² de mangroves ainsi que la protection de 27.280 m² supplémentaires. Par ailleurs, 45 sorties de terrain ont été organisées dans le cadre des projets soutenus et 7.653 personnes ont été sensibilisées aux enjeux liés à la protection des mangroves.
À l’occasion de la Journée mondiale des mangroves, la Fondation de la Mer appelle à poursuivre ces actions. Pour Anaïs Massé, directrice scientifique de la Fondation de la Mer, « Préserver les mangroves, c’est investir dans des solutions fondées sur la nature capables de protéger les populations, préserver la biodiversité et renforcer la résilience des territoires face au changement climatique. À l’occasion de la Journée mondiale des mangroves, la Fondation de la Mer appelle à poursuivre et amplifier les actions de protection et de restauration de cet écosystème indispensable, tout en renforçant la recherche, le suivi écologique et l’accompagnement des communautés locales afin d’assurer des actions efficaces et durables », indique-t-elle dans un communiqué.
Créée il y a plus de dix ans, la Fondation de la Mer indique mobiliser des donateurs particuliers, des entreprises mécènes et les pouvoirs publics afin d’accélérer la protection des écosystèmes marins. Elle précise soutenir des acteurs de terrain, agir pour la protection de la biodiversité marine, lutter contre les pollutions en mer et promouvoir une gestion durable des ressources marines.
L’organisation rappelle également qu’elle encourage la recherche, développe des ressources pédagogiques en partenariat avec l’Éducation nationale et dispose d’un statut d’observateur auprès du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), lui permettant de participer aux discussions internationales consacrées à la protection de l’océan.
À quelques jours de la Journée mondiale des mangroves, la Fondation de la Mer entend ainsi rappeler le rôle de ces écosystèmes dans la protection du climat, de la biodiversité et des populations côtières. Elle compte mettre en avant les actions qu’elle soutient en faveur de leur restauration et appelle à poursuivre les efforts engagés pour préserver ces espaces naturels, comme celles de Mayotte.
Mathilde Hangard


