Sur le rang, sous un soleil radieux et devant les épaulettes dorées, l’alignement parfait des sections en tenue de tradition tranche avec l’émotion contenue de la foule. Ce jeudi matin à Combani, la passation de commandement n’était pas un simple rituel militaire : elle a célébré l’union réussie entre la rigueur de l’armée de Terre et l’identité mahoraise. Fait marquant de cet événement protocolaire, la cérémonie a débuté par un Mbiwi traditionnel exécuté par les jeunes volontaires féminines du régiment.

Un mariage des cultures cher au colonel Benjamin Soubra. « C’était très important que cette richesse culturelle fasse partie des traditions du régiment. 85 % de nos effectifs sont de jeunes Mahorais qui vivent avec leurs coutumes et nous les transmettent », a souligné avec émotion l’officier décoré pour l’occasion de la Légion d’honneur, un hommage qu’il a aussitôt dédié à ses cadres et à ses jeunes recrues.
Après deux années intenses marquées par le redressement du régiment suite aux crises cycloniques et la relance des parcours de formation, le colonel Soubra quitte l’île aux parfums la tête haute pour rejoindre la Direction générale des relations internationales et de la stratégie (DGRIS) à Paris.
Cap sur la création d’une nouvelle compagnie à Chirongui
Pour son successeur, le colonel Matthieu Toyer, issu des Troupes de marine et fin connaisseur du SMA après des passages en Guyane et en Polynésie française, la feuille de route est ambitieuse. S’inscrivant dans la continuité du travail accompli, le nouveau chef de corps prend la tête d’une structure comptant plus de 600 volontaires stagiaires, près de 200 volontaires techniciens et 170 cadres métropolitains.

Mais l’avenir du RSMA de Mayotte s’écrit déjà en grand dans le cadre du plan Impact SMA. « Le régiment est appelé à augmenter ses capacités d’accueil et de formation d’ici 2030 », explique le colonel Toyer. Cette montée en puissance s’articulera autour de deux axes majeurs : la préparation d’une compagnie de réserve opérationnelle dédiée au soutien du territoire face aux catastrophes naturelles, et la création d’une toute nouvelle compagnie dans la région de Chirongui pour développer de nouvelles filières d’insertion.
Alors que le drapeau du régiment s’incline devant son nouveau chef, le RSMA confirme sa place au cœur de la société mahoraise, celle d’un rempart républicain et d’un tremplin vers l’avenir pour la jeunesse de l’île.
Léo Vignal





