
Selon le communiqué diffusé par le Sénat, le comité de suivi a franchi une étape organisationnelle décisive lors de sa réunion du 26 juin 2026. Présidée par le sénateur mahorais Thani Mohamed Soilihi, l’instance a adopté son règlement intérieur afin de structurer ses travaux, d’assurer le suivi des demandes adressées aux administrations et de préparer les futures phases d’évaluation. En s’appuyant sur les réponses transmises par les services ministériels aux questionnaires envoyés au printemps, le comité a dressé un premier état des lieux couvrant la santé, l’éducation, la sécurité, le logement ou encore l’aménagement du territoire.
L’instance sénatoriale souligne toutefois un manque important dans ces retours : aucune donnée n’a été transmise à ce stade concernant la lutte contre l’immigration clandestine. Le comité a exprimé son regret face à cette lacune et a réclamé la communication rapide des documents nécessaires.
Passer des cartons d’études aux réalisations concrètes

Le communiqué indique que les éléments transmis par l’administration confirment de profondes fragilités sur le territoire, accentuées par les dégâts du cyclone Chido. Bien que de nombreux projets soient annoncés ou engagés par l’État, le comité observe qu’une part significative d’entre eux reste bloquée au stade des études, des programmations ou des procédures administratives et foncières.
Face à ce constat, le comité de suivi rappelle que l’efficacité de la loi ne pourra être jugée par la population qu’à l’aune de résultats visibles sur le terrain : salles de classe reconstruites, logements livrés, accès à l’eau amélioré et services publics renforcés. L’instance précise qu’elle veillera dans la durée à distinguer les crédits simplement annoncés de ceux réellement engagés, ainsi que les objectifs affichés des améliorations concrètement perçues par les habitants.
Port de Longoni : Une transition sous haute surveillance

Suite à la confirmation par la cour administrative d’appel de Bordeaux de la résiliation anticipée de la délégation de service public à Mayotte Channel Gateway au 1er septembre 2026, l’Assemblée de Mayotte a voté la création d’un établissement public (EPIC) pour assurer une gestion transitoire. Tout en prenant acte de cette solution destinée à garantir la continuité de l’approvisionnement, le comité relève que plusieursincertitudes subsistent quant à son coût, sa durée et son articulation avec le projet de futur Grand Port Maritime d’État. L’instance sénatoriale indique qu’elle restera particulièrement attentive à ce que cette phase intermédiaire ne fragilise ni la chaînelogistique ni les projets de modernisation de l’infrastructure.
Prochaines échéances fixées à l’automne
Pour la suite de ses travaux, le comité annonce que des rapporteurs thématiques réaliseront à l’automne des points d’étape avec les administrations concernées pour actualiser l’avancement de chaque mesure. Une nouvelle réunion plénière est prévue à la fin de l’année 2026 afin de mesurer les progrès accomplis et préparer le programme de suivi pour 2027. Thani Mohamed Soilihi rappelle l’exigence du comité : veiller à ce que les engagements inscrits dans la loi de programmation se traduisent par des améliorations effectives pour Mayotte.
Léo Vignal


