Quand le gouvernement lâche le montant de 3,2 milliards d’euros, parle-t-il de construction de Mayotte ou de réparation des dégâts post-Chido ? Auquel cas, le montant doit-être doublé, plaide le sénateur mahorais.

3,2 milliards d’euros pour construire ou pour reconstruire Mayotte ?!, interpelle Saïd Omar Oili

Quand le gouvernement lâche le montant de 3,2 milliards d’euros, parle-t-il de construction de Mayotte ou de réparation des dégâts post-Chido ? Auquel cas, le montant doit-être doublé, plaide le sénateur mahorais.

Lorsque le Haut-Conseil des Finances Publiques (HCFP) a publié son avis sur le projet de loi de programmation pour la refondation de Mayotte (PLPRM), nous avions repris plusieurs des doutes émis. Le montant de 3,2 milliards d’euros était évoqué, portant sur « les infrastructures et politiques publiques ». Elles sont listées : 2ème centre pénitentiaire, cité judiciaire, pôles d’échanges multimodaux, projet CARIBUS, etc.

Or, comme nous l’avions noté, ces projets étaient déjà budgétisés au contrat de convergence, notamment le dernier de 1,6 milliard d’euros. Et comme le fait remarquer le sénateur Saïd Omar Oili, ils ne relèvent pas d’une reconstruction de Mayotte, mais bien d’une construction. Le HCFP l’indique d’ailleurs en pointant ces imprécisions qui ne permettent pas de distinguer « entre les projets déjà inscrits dans la Loi de Programmation des Finances Publiques en vigueur et ceux qui viendraient s’y ajouter ». Autrement dit, certains investissements ont été budgétisés, encore faut-il savoir lesquels, et on ne parle pas de reconstruction mais bien de construction du territoire. Le HCFP donne un début de piste en évoquant un montant de 4,2 milliards d’euros toutes dépenses comprises, mais sans plus de précision.

Le financement des Pôles d’échange multimodal n’a rien à voir avec une refondation de Mayotte

Le sénateur mahorais résume ces incohérences dans un communiqué : « Soit le chiffre des 3,2 milliards annoncés pour la reconstruction de Mayotte est le résultat du travail de la mission inter-inspections, soit il y a une confusion avec le tableau sur les investissements présenté dans le projet de loi. » Or, le rapport de la mission inter-inspections diligentée par le Premier ministre, n’a pas encore été remis aux parlementaires.

Les 3,2 milliards sont-ils inscrits à la refondation de Mayotte sur 7 ans ? Auquel cas il faudrait rajouter les 3,2 milliards pour les nouvelles infrastructures, soit, 6,4 milliards d’euros, calcule Saïd Omar Oili.

Il devient urgent que le chef du gouvernement éclaircisse ces points. Et que ce fameux rapport soit rendu public.

Lire l’Avis HCFP 2025 sur le PLPRM

Anne Perzo-Lafond

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