C’est une nouvelle impasse dans laquelle se trouve à nouveau l’Université de Mayotte pour sa gestion alors que le Premier ministre, Sébastien Lecornu, est attendu ce jour dans l’archipel.
Pour rappel, l’établissement avait été victime d’une cyberattaque en décembre 2023 où « des hackeurs auraient chiffré une majorité des documents pour les rendre inaccessibles, selon les explications fournies par le directeur de l’université, Abal-Kassim Cheik Ahamed, à la chambre », rapporte le Canard enchaîné.

Lors d’un audit en 2024 de la chambre régionale des comptes (CRC), cette dernière n’aurait pas pu avoir accès à certains documents, notamment ceux relatifs à des appels d’offres pour le marché des imprimantes (« près de 14.0000 euros à lui seul ! »), car disparus lors de la cyberattaque, selon la présidence de l’université.
Or après vérification, l’expertise Lexfo établit que seulement 111 fichiers ont été piratés sur près de 20.000 hébergés sur le site de l’université et concerneraient quasi exclusivement la division informatique elle-même, et non l’université toute entière. Les documents demandés par la CRC n’auraient donc pas disparu et les données RH, finances et scolarité ont été préservées.
Le Tribunal Administratif a ordonné, le 28 juillet dernier, la communication des documents réclamés sous un mois…avant le 28 août !
Derrière ce dossier : élections annulées, condamnations judiciaires, instances contournées, cinq promotions perdues et absence de réaction réelle de la tutelle. En somme une gestion financière et administrative désastreuses de l’Université de Mayotte, et la dissimulation fautive par la présidence de documents à la chambre régionale des comptes. Sans compter que, selon nos informations, un agent administratif a été mis à pied, sans raison, pour avoir dit la vérité !
B.J.



