À l’occasion de la venue du Premier ministre dans le 101e département, le Groupement Patronal de Mayotte souhaite adresser un message simple : « nous avons besoin d’une vision pour demain, mais nous avons surtout besoin de décisions pour aujourd’hui ».

Sébastien Lecornu à Mayotte : le Groupement Patronal de Mayotte appelle à des décisions immédiates

À l’occasion de la venue du Premier ministre dans le 101e département, le Groupement Patronal de Mayotte souhaite adresser un message simple : « nous avons besoin d’une vision pour demain, mais nous avons surtout besoin de décisions pour aujourd’hui ».

Depuis le passage de Chido, les entreprises mahoraises font contre mauvaise fortune bon cœur et tiennent malgré tout mais à quel prix. « Elles ont rouvert, réparé, réinvesti, conservé des salariés, répondu aux commandes et participé à la remise en état du territoire. Mais tenir ne signifie pas aller bien. Derrière les devantures ouvertes et les chantiers qui reprennent, les trésoreries restent fragiles, les dettes s’accumulent et de nombreux chefs d’entreprise avancent sans visibilité.

MEDEF, Mayotte, PLPRM, CICE, LODEOM
Fahardine Mohamed, président du Groupement Patronal de Mayotte (GPM).

La première urgence est celle des factures impayées. Des prestations réalisées pour des collectivités restent parfois sans règlement pendant de longs mois, certaines situations dépassant une année. Le retard d’un acteur public devient alors la difficulté de toute une chaîne d’entreprises », écrit le Groupement Patronal de Mayotte (GPM) dans un communiqué.

Il demande un traitement exceptionnel et immédiat des factures publiques en souffrance, avec un suivi précis, des interlocuteurs identifiés et des calendriers de règlement.« La commande publique ne peut pas être un moteur de la reconstruction si elle étouffe ceux qui la réalisent ».

Réexaminer la LODEOM

À l’approche du PLFSS 2027, le GPM veut que l’efficacité de la LODEOM soit réexaminée et que, si nécessaire, un rapprochement avec les mécanismes plus favorables applicables en Guyane soit étudié. « La convergence sociale ne peut pas être uniquement celle des charges. Elle doit aussi être celle des infrastructures, des services, de la productivité et des conditions permettant aux entreprises de créer de l’emploi ».

Évaluer l’impact du MACF

Par ailleurs, le GPM sollicite une évaluation spécifique de l’impact du Mécanisme d’Ajustement Carbone aux Frontières (MACF) à Mayotte et l’examen des adaptations possibles au regard des contraintes géographiques et économiques. « L’application du mécanisme à certaines marchandises provenant de pays tiers ne doit pas ajouter un nouveau surcoût à la reconstruction ni freiner les échanges que notre île doit développer avec les pays voisins ».

Revaloriser l’apprentissage

Le patronat mahorais souhaiterait également que l’apprentissage soit revalorisé et reconsidéré avec un soutien spécifique. « Beaucoup d’employeurs sont prêts à former. Encore faut-il leur en donner les moyens. Les aides nationales ont été réduites et sont désormais modulées selon le niveau de qualification ».

Les grands projets structurants doivent être confirmés avec des calendriers

Enfin, concernant les grands projets structurants du territoire (eau, santé, éducation, routes, transports maritimes, logement, piste longue, deuxième site hospitalier, troisième retenue…), les entreprises attendent désormais des financements sécurisés, des calendriers et des marchés effectivement lancés.

« Une entreprise n’investit pas, ne recrute pas et ne s’endette pas sur la base d’une annonce. Elle le fait lorsqu’elle sait qu’un projet va réellement démarrer (…) Si elles (ndlr, les entreprises mahoraises) continuent à être fragilisées par les impayés, les surcoûts, les difficultés d’accès au financement et l’incertitude, elles risquent demain de devenir spectatrices de la reconstruction de leur propre territoire. Ce serait un échec collectif ».

Aménager la situation fiscale des entreprises mahoraises

Concernant la situation fiscale et sociale des entreprises, le GPM ne demande pas l’effacement des obligations : il demande du discernement, des échéanciers réalistes et un accompagnement permettant de sauver les entreprises qui peuvent l’être.

Chambre des métiers, Mayotte, CMA
Pour le GPM, le déplacement du Premier ministre doit être celui des décisions.

« Les remontées du terrain font état d’un nombre important d’entreprises qui ne parviennent plus à être totalement à jour. Le chiffre évoqué de moins de 30 % d’entreprises à jour fiscalement doit être consolidé avec les administrations compétentes, mais il traduit une fragilité profonde. La reprise des recouvrements, notamment pour les travailleurs indépendants, ne peut ignorer cette réalité ».

Pour le GPM, le déplacement du Premier ministre doit donc être celui des décisions : débloquer les paiements, soutenir réellement la compétitivité et l’apprentissage, prévenir de nouveaux surcoûts, accompagner les entreprises fragilisées et donner enfin de la visibilité sur l’exécution des grands projets.

« Les entrepreneurs mahorais ont montré qu’ils savaient résister. Mais leur demander de résister indéfiniment ne peut pas tenir lieu de politique économique. Avant de parler seulement de l’économie mahoraise de demain, il faut préserver celle qui existe aujourd’hui ».

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