À l'occasion de la rentrée scolaire, la rectrice Valérie Debuchy, le préfet Frédéric Poisot et le maire de Mamoudzou Ambdilwahedou Soumaïla se sont rendus ce lundi matin à l’école élémentaire Magnélé, à Kawéni, où 449 élèves ont repris les cours dans un établissement encore marqué par les travaux liés au cyclone Chido.

Rentrée scolaire : les mêmes difficultés persistent dans les écoles

À l'occasion de la rentrée scolaire, la rectrice Valérie Debuchy, le préfet Frédéric Poisot et le maire de Mamoudzou Ambdilwahedou Soumaïla se sont rendus ce lundi matin à l’école élémentaire Magnélé, à Kawéni, où 449 élèves ont repris les cours dans un établissement encore marqué par les travaux liés au cyclone Chido.

Alors que près de 120.000 élèves ont repris le chemin de l’école à Mayotte, le passage de la délégation à l’école Magnélé a vite rappelé la réalité du terrain. L’établissement fonctionne toujours par roulement, faute de capacités suffisantes pour accueillir tout le monde en même temps. 449 élèves présents le matin pour l’école A, tandis que 420 autres prennent le relais l’après-midi pour l’école B.

Ce système de rotations permet de garantir à chaque enfant ses cinq heures d’enseignement quotidiennes et d’atteindre les 24 heures hebdomadaires réglementaires, tout en libérant de la place dans les écoles environnantes.

Le casse-tête des rotations et le poids des chantiers

Pour la rectrice Valérie Debuchy, le retour des élèves dans des conditions proches du droit commun reste le combat principal. « Le plus important pour la rectrice que je suis, c’est que les élèves aient le droit commun, c’est-à-dire les 24 heures de cours qui leur sont dus par semaine », explique-t-elle. Selon elle, 96 % des élèves bénéficient désormais de ce volume horaire complet, même si 70 % des écoles de l’île fonctionnent encore avec des rotations.

À l’école Magnélé, les travaux ne sont pas encore terminés.

À l’école Magnélé, les efforts des derniers mois ont permis de récupérer huit salles de classe supplémentaires, qui s’ajoutent aux neuf déjà rouvertes en mai dernier. Une avancée que le maire de Mamoudzou, Ambdilwahedou Soumaïla, souligne : « On a beaucoup accéléré pour que nous puissions déjà récupérer ces salles de classe permettant à l’ensemble des élèves qui étaient dans cette enceinte de pouvoir revenir ici ».

Mais la situation reste très différente selon les endroits, le maire rappelle d’ailleurs que d’autres chantiers d’envergure se poursuivent sur la commune. « Il nous reste quasiment trois semaines de travaux pour pouvoir récupérer à peu près 13 salles de classe à Vahibé. À Kawéni, en maternelle, il y a aussi des travaux qui sont en train d’être finalisés pour que, d’ici la fin du premier trimestre, tout puisse être réalisé ».

Dégâts financiers, pillages et ras-le-bol des élus 

Les séquelles du cyclone Chido continuent de peser lourdement sur les finances locales. Le maire de Mamoudzou chiffre les dégâts à 91 millions d’euros pour sa seule commune, dont 12 millions consacrés aux écoles. À ce jour, à peine 2 millions d’euros ont été mobilisés. Pour l’élu, ce manque de financements fragilise directement les entreprises chargées des travaux.

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L’école de Cavani Sud juste après le passage du cyclone Chido.

« Les entreprises ont aussi besoin d’être payées afin de payer les salaires et les charges », rappelle Ambdilwahedou Soumaïla, qui attend un soutien massif de l’État et fonde de grands espoirs sur la venue prochaine du Premier ministre, Sébastien Lecornu, pour débloquer les fonds.

À cette crise budgétaire s’ajoute l’exaspération face aux dégradations à répétition. À Cavani Sud, une école qui devait rouvrir pour la rentrée scolaire a été victime d’une intrusion ce week-end. Les brasseurs d’air fraîchement installés ont été volés, un sabotage qui oblige la collectivité à repayer des entreprises pour intervenir de nouveau.

« Ça coûte de l’argent tous ces vols à répétition », dénonce le maire, qui appelle à renforcer le civisme dès le plus jeune âge. Pour lui, l’école doit aussi apprendre aux enfants à respecter le matériel et leur environnement.

Plus d’élèves, mais toujours pas assez de salles

Face au manque de places et aux protestations de parents dénonçant des classes surchargées, Valérie Debuchy assume ses choix. « Ils sont mieux à l’école que dehors, sans pouvoir être accueillis », tranche-t-elle. Pour compenser le manque de murs, l’Académie s’appuie sur la pédagogie : les classes de CP et CE1 sont dédoublées ou fonctionnent en co-intervention, avec deux enseignants pour un même groupe 14 élèves maximum.

«  Un élève de CP qui arriverait maintenant, on va le prendre. Et on le fait parce qu’à cette rentrée, j’ai créé 83 postes supplémentaires pour le faire aussi en grande section maternelle  », explique la rectrice.

Plusieurs parents estiment que les salles de classe sont saturées.

Pour avoir une vision précise des effectifs, la chancelière des universités de l’Académie de Mayotte a envoyé ses inspecteurs dans les écoles jusqu’à mardi après-midi. Leur mission : procéder à un comptage strict des élèves inscrits et réellement présents dans les classes, afin d’évaluer précisément les listes d’attente, notamment en petite section de maternelle.

Ces ajustements interviennent alors que la non-scolarisation reste un problème majeur sur l’île. Selon l’Observatoire de la non-scolarisation, 15.192 enfants âgés de 3 à 15 ans n’étaient pas scolarisés à la rentrée 2025.

Pour Frédéric Poisot, permettre aux élèves d’aller à l’école suppose aussi de pouvoir garantir leur sécurité aux abords des établissements comme sur les trajets scolaires. Pour cela, le préfet promet « le maintien et la mobilisation des patrouilles de police et de gendarmerie » autour des écoles et sur les lignes de bus scolaires pour parer aux risques de caillassages.

Malgré les travaux encore visibles dans les salles à l’école élémentaire Magnélé, les enseignants retiennent surtout le retour dans leur établissement. « Content d’avoir récupéré notre école, ça faisait plus d’un an », se réjouit Zico Maissar, enseignant.

Shanyce MATHIAS ALI.

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