Alors que le Premier ministre, Sébastien Lecornu, doit se rendre à Mayotte les 26 et 27 août prochains, il a tenu à adresser une lettre aux élus de l'île dans laquelle il se dit déterminé à faire avancer plus rapidement la reconstruction de notre territoire.

Sébastien Lecornu à Mayotte pour faire sauter les blocages et accélérer la reconstruction

Alors que le Premier ministre, Sébastien Lecornu, doit se rendre à Mayotte les 26 et 27 août prochains, il a tenu à adresser une lettre aux élus de l'île dans laquelle il se dit déterminé à faire avancer plus rapidement la reconstruction de notre territoire.

Ce n’est pas la première fois que Sébastien Lecornu va se rendre à Mayotte, il était déjà venu en 2021, comme Ministre des Outre-mer, à l’occasion des 10 ans de la départementalisation.

Sébastien Lecornu plaide le mea culpa de l’État et souhaite apporter des réponses concrètes

Dans cette lettre, le Premier ministre reconnait volontiers que plus d’un an et demi après le passage du cyclone Chido la reconstruction de notre territoire ne va pas assez vite. « La reconstruction et le développement du territoire sont trop lents. Malgré la mobilisation de l’État et des collectivités territoriales, malgré les crédits votés et délégués à Mayotte, malgré les nouveaux outils créés, les résultats ne sont pas encore suffisamment visibles dans la vie quotidienne des Mahoraises et des Mahorais.

Les difficultés persistantes d’accès à l’eau, les problèmes d’accès aux soins, les besoins de construction et de rénovation des écoles, les retards dans la livraison ou la mise en service d’équipements publics, ainsi que les incertitudes entourant la réalisation de certains projets nourrissent une impatience que je comprends et que je partage (…) Pourtant, les 674 M€ inscrits au budget de cette année pour la refondation de Mayotte ne se transforment pas assez vite en chantiers et en résultats concrets. Les fonds ne sont pas engagés : seuls 11,7 % des crédits votés et délégués (54 millions d’euros) ont été dépensés en 2026 ! Il n’y a pas de fatalité, nous ne devons pas nous y résoudre », écrit-il.

Le locataire de Matignon assure que l’État doit prendre toute sa part dans la résolution des blocages comme les procédures administratives trop longues, le désordre foncier, la faiblesse de l’ingénierie disponible, les responsabilités dispersées, les délais de paiement ou encore l’organisation insuffisamment opérationnelle de certains services. « Il est de notre responsabilité d’y apporter des réponses concrètes ».

L’appel à travailler ensemble avec les communes

En ce début de mandat municipal, le chef du Gouvernement souhaite impliquer les communes de Mayotte dans la reconstruction de notre territoire. « La refondation de Mayotte ne se fera pas sans les communes, sans votre connaissance, sans votre capacité à mobiliser les acteurs locaux et à porter les projets jusqu’à leur réalisation. C’est à cela que je veux que nous répondions ensemble (…) Les communes ne peuvent pas être laissées seules face à la complexité des dossiers, pas davantage que les responsabilités ne peuvent continuer à se diluer entre les différents acteurs », poursuit-il.

Le Premier ministre souhaite ainsi travailler de concert avec les élus, dossier par dossier, « pour identifier les décisions qui doivent être prises, les moyens qui doivent être renforcés et les obstacles qui doivent être levés. Chaque difficulté examinée devra conduire à une solution ».

Les grands projets structurants du territoire sont « définitifs et irréversibles »

Dans cette lettre, Sébastien Lecornu réaffirme que les grands projets comme le second hôpital, l’extension du CHM, la construction d’un nouvel aéroport, la mise en place d’un deuxième établissement pénitentiaire, l’usine de dessalement, ou encore la 3ème retenue collinaire verront bel et bien le jour. « Je souhaite également réaffirmer le caractère définitif et irréversible des projets structurants pour le territoire (…) Tous ces projets figurent dans la Stratégie quinquennale (2026-2031). Les financements sont sécurisés. Les premiers actes administratifs ont été pris. Nous irons jusqu’au bout. Et pour être encore plus clair : les crédits annuels qui ne seraient pas consommés seront bien évidemment reportés l’année suivante : aucune mesure d’économie ne se fera sur le dos de Mayotte ».

La lutte contre l’immigration clandestine, l’accès à l’eau, la sécurité, la justice …

Le Premier ministre entend poursuivre les grands chantiers auxquels est confronté notre territoire comme la lutte contre l’immigration clandestine, la maîtrise civilo-militaire de l’espace maritime, les moyens des forces de sécurité et ceux de la justice, l’accès à l’eau, la construction des écoles, le logement et les infrastructures indispensables au désenclavement du territoire. Cela concerne également les mécanismes fiscaux et sociaux nécessaires pour soutenir les entreprises mahoraises. Mais aussi l’agriculture, ou encore la pêche.

« Mayotte n’a plus besoin d’une accumulation de promesses. Elle a besoin de preuves. Elle a besoin que les crédits deviennent des écoles, des canalisations, des logements, des routes, des hôpitaux et des équipements de sécurité. Elle a besoin que l’État et les collectivités parlent le langage des résultats ».

La mise en place d’un comité de suivi ministériel sous l’autorité de Matignon

Ce déplacement ne sera donc pas un rendez-vous sans lendemain, assure Sébastien Lecornu. À son issue, un comité de suivi interministériel se réunira chaque mois sous l’autorité de son cabinet afin de suivre l’avancement des décisions prises et de lever les blocages qui subsisteraient. « Chaque mois, des indicateurs précis de résultats et d’engagements des crédits seront publiés : nous n’avons rien à cacher ». Par ailleurs, les élus mahorais seront conviés à Paris en novembre, à l’occasion du Congrès des maires, pour dresser un premier point d’étape.

Enfin, le Premier ministre indique qu’il reviendra à Mayotte dans les six mois, au début de l’année 2027, « pour constater sur le terrain les avancées obtenues et rendre compte des engagements qui auront été tenus ».

Et de conclure : « Vous pouvez compter sur ma détermination à faire avancer avec vous les dossiers et à obtenir des administrations qu’elles apportent des réponses claires. La République doit désormais démontrer à Mayotte sa capacité à tenir ses engagements et à offrir à cet archipel plein d’atouts et à sa jeunesse, l’avenir qu’elle mérite ».

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