En visite à Mayotte ce vendredi, l’ancien Premier ministre Édouard Philippe s’est rendu dans le camp de Tsoundzou 2, où vivent notamment des exilés originaires de République démocratique du Congo. Une visite de quelques minutes, essentiellement consacrée à un échange avec les forces de l’ordre.

À Tsoundzou 2, Édouard Philippe face à un camp qu’il n’a pas pris le temps d’écouter

En visite à Mayotte ce vendredi, l’ancien Premier ministre Édouard Philippe s’est rendu dans le camp de Tsoundzou 2, où vivent notamment des exilés originaires de République démocratique du Congo. Une visite de quelques minutes, essentiellement consacrée à un échange avec les forces de l’ordre.

« Il paraît qu’il veut chasser les immigrés ! ». Depuis son abri de fortune à Tsoundzou 2, un réfugié originaire de République démocratique du Congo (RDC) regarde passer Édouard Philippe. L’ancien Premier ministre avance au milieu des bangas, accompagné de son équipe et de plusieurs membres des forces de l’ordre. Les habitants, eux, restent à quelques mètres.

« Nous, on a fui la guerre et on veut juste être protégés », poursuit-il. « Il ne vient même pas nous parler, il ne veut pas écouter les problèmes ». « Il pourrait au moins rencontrer un représentant du camp pour mieux comprendre et pas seulement les policiers ». La scène est brève, elle ne dure qu’une dizaine de minutes.

« On a essayé de les loger »

L’ancien Premier ministre a pu constater la précarité du camp. Léo Vignal / JDM

« On a essayé de les loger mais on ne peut pas loger tout le monde », explique un gendarme à Édouard Philippe. « Bien sûr », répond le candidat.

Quelques minutes auront donc suffi à l’ancien Premier ministre pour constater la précarité du camp, sans échanges approfondis avec ceux qui y vivent. Une situation qui contraste avec la volonté affichée par Édouard Philippe de venir à Mayotte pour « comprendre ».

Mais le déplacement à Tsoundzou 2 lui sert surtout à illustrer le constat qu’il porte sur la situation migratoire de l’île. « Mayotte n’est plus en mesure d’accueillir dans de bonnes conditions », affirme-t-il. Il compare la situation mahoraise à celle de Ceuta, enclave espagnole située en Afrique du Nord, évoquant « une île trop petite et un afflux trop puissant ».

« C’est ce que je veux interrompre »

Pour le candidat Horizons à la présidentielle, l’enjeu est notamment de mettre fin à ce qu’il qualifie d’« appel d’air ». « C’est ce que je veux interrompre », assure-t-il. Selon lui, l’ampleur des arrivées migratoires « interdit la construction des écoles, le fonctionnement normal des services publics et la reconstruction de l’île ».

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De la route aux zones de la mangrove, le camp de Tsoundzou II s’est étendu au fil des mois, où des milliers de personnes exilées attendent une issue administrative. Mathilde Hangard / JDM.

Édouard Philippe propose notamment la création d’un « centre de retour français » en Afrique de l’Est, afin d’éloigner « rapidement et massivement les étrangers en situation irrégulière présents à Mayotte ». « Ces personnes n’ont pas vocation à rester en France et nous disposons d’instruments », affirme-t-il.

Autre proposition : suspendre, pendant toute la durée du prochain quinquennat, l’enregistrement des nouvelles demandes d’asile à Mayotte. En 2025, « environ 800 demandes d’asile ont été déposées à Mayotte par des personnes originaires de République démocratique du Congo, du Burundi et du Rwanda », selon l’Ofpra cité par l’AFP, alors que l’est de la RDC est plongé dans une crise sécuritaire majeure.

Joséphine Puig

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