Créée par Athénaïs Ozée, une professeure installée à Mayotte depuis 2020, la plateforme Gard’Kaz sera officiellement lancée le jeudi 20 août, pour permettre aux propriétaires d'animaux de les faire garder directement chez eux, en échange de l’hébergement d’un gardien, alors que l’île ne dispose ni de pension animalière ni de service professionnel de "pet-sitting".

Gard’Kaz veut répondre au manque de solutions pour faire garder les animaux

Créée par Athénaïs Ozée, une professeure installée à Mayotte depuis 2020, la plateforme Gard’Kaz sera officiellement lancée le jeudi 20 août, pour permettre aux propriétaires d'animaux de les faire garder directement chez eux, en échange de l’hébergement d’un gardien, alors que l’île ne dispose ni de pension animalière ni de service professionnel de "pet-sitting".

À Mayotte, faire garder son animal quand on part en vacances, c’est compliqué. Il n’existe ni pension animalière ni service professionnel de « pet-sitting » (ndlr, garde d’animaux). Les propriétaires doivent généralement se débrouiller avec leur entourage. Et lorsqu’aucune de ces solutions n’est disponible, le départ se complique.

C’est précisément sur ce manque qu’Athénaïs Ozée veut agir avec Gard’Kaz. Le fonctionnement est basé sur un échange : le propriétaire met son logement à disposition d’un gardien, qui vient y vivre pendant son absence et s’occupe de ses animaux en échange de l’hébergement.

Le lancement officiel est prévu pour le 20 août 2026.

Dans les autres territoires ultramarins, les pensions restent peu nombreuses et sont saturées pendant les vacances, avec des tarifs qui peuvent aussi peser lourd. « Comptez en moyenne 15 euros par jour pour un chat et 30 euros pour un chien, soit plus de 1.000 euros pour trois animaux pendant quinze jours ».

La structure se propose donc comme plus accessible : publier une annonce ou candidater est gratuit et les frais ne sont payés qu’en cas d’approbation. « Propriétaire et gardien s’acquittent chacun de 25 euros de frais de service, auxquels s’ajoutent les charges liées au séjour pour le gardien ».

Une idée née de ses propres expériences

Depuis 2020, Athénaïs Ozée effectue des gardes chez des particuliers, notamment à La Réunion, où elle s’est occupée d’une vingtaine d’animaux. Le principe lui permet de voyager en réduisant ses frais d’hébergement. Une garde peut l’amener à vivre plusieurs jours dans une maison avec un chien, ou à s’occuper de tortues dans un logement avec jardin. C’est ce qui l’a fait regarder autrement les pratiques de garde qui existaient déjà.

Ozée, professeure en lycée et créatrice de Gard’Kaz.

Pendant plusieurs années, elle a administré des groupes Facebook où des propriétaires publiaient leurs annonces et où des gardiens proposaient de venir s’occuper des animaux. Le système fonctionnait, mais avec peu de garanties. Athénaïs Ozée dit avoir reçu de nombreux témoignages concernant des annulations, des animaux négligés, des logements salis ou encore l’invitation de personnes non autorisées.

« Sur Facebook, quand les personnes ont été gardiens et qu’elles se sont mal comportées, elles changent de pseudo, de photo et du coup on ne va même pas pouvoir les bannir des groupes », explique-t-elle.

Gard’Kaz conserve l’échange entre hébergement et garde mais avec un cadre. En effet, les gardiens doivent fournir leur identité et passer un entretien vidéo avec l’équipe afin de présenter leur expérience et leur rapport aux animaux. Le séjour est ensuite encadré par un contrat, une caution et un état des lieux d’entrée et de sortie.

« Le but, c’est vraiment de créer un écosystème et une communauté qui soit très bienveillante et qu’on ait de plus en plus de gardiens fiables avec des avis qui donnent confiance pour les futures gardes », indique la fondatrice.

Le propriétaire renseigne également les habitudes de son animal, son caractère, ses besoins particuliers, afin que le gardien sache précisément à quoi s’attendre. « Les animaux restent dans leur cocon. Ils comprennent qu’ils ne sont pas abandonnés par leur maître et finalement ça change tout », poursuit Athénaïs Ozée.

Faire connaître un système encore rare à Mayotte

Le concept est pourtant encore très peu répandu sur l’île : « Mayotte n’est pas très alerte sur le gardiennage, ça se fait un peu de manière informelle. Il y’a genre 10 à 15 annonces dans l’année, c’est ridicule par rapport à La Réunion où c’est très développé ! ».

Pour la fondatrice, lancer Gard’Kaz à Mayotte demande donc d’abord de faire découvrir une solution que beaucoup de propriétaires ne connaissent pas encore. Elle a déjà commencé à échanger avec plusieurs personnes intéressées sur l’île et espère que le lancement prévu le 20 août prochain, permettra de toucher un public plus large. « Pour l’instant , j’ai une soixantaine d’utilisateurs qui sont inscrits et une dizaine d’annonces qui sont postées. J’en ai trois à La Réunion, deux sur Mayotte, deux en Martinique et en Guyane », raconte la professeure.

Mayotte est confrontée à un nombre important de chiens errants, qui posent des problèmes de sécurité et d’hygiène publiques. (Illustration, Gendarmerie 976).

Derrière la question des départs en vacances, Athénaïs Ozée voit un problème plus large, notamment à Mayotte, où les chiens et les chats errants sont nombreux. Elle estime que l’absence de solution pour faire garder un animal peut aussi freiner certaines personnes au moment d’adopter. « Si ça peut pousser justement à davantage d’adoptions, ce serait formidable », ajoute la jeune femme.

Pour l’instant, elle veut concentrer ses efforts sur les Outre-mer, qu’elle considère comme les territoires où les solutions de garde sont les plus limitées. Mais elle envisage déjà la suite avec l’arrivée de la structure en métropole à partir de 2027.

Shanyce MATHIAS ALI.

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