Le producteur Frédéric Marboeuf lance un appel inédit aux auteurs-réalisateurs des neuf territoires ultramarins français. Ouvert à tous dès 16 ans, le projet "Tolérance" réunira neuf courts métrages tournés en Guadeloupe, Guyane, Martinique, Mayotte, La Réunion, Nouvelle-Calédonie, Polynésie française, Saint-Pierre-et-Miquelon et Wallis-et-Futuna. Ensemble, ils formeront un long métrage destiné aux salles de cinéma.

Tolérance, le cinéma à neuf voix pour raconter les territoires ultramarins

Le producteur Frédéric Marboeuf lance un appel inédit aux auteurs-réalisateurs des neuf territoires ultramarins français. Ouvert à tous dès 16 ans, le projet "Tolérance" réunira neuf courts métrages tournés en Guadeloupe, Guyane, Martinique, Mayotte, La Réunion, Nouvelle-Calédonie, Polynésie française, Saint-Pierre-et-Miquelon et Wallis-et-Futuna. Ensemble, ils formeront un long métrage destiné aux salles de cinéma.

Comment un Mahorais filme-t-il la tolérance ? Et un Réunionnais, un Polynésien ou une réalisatrice de Guyane ? Derrière un mot que chacun croit connaître se cachent sans doute neuf histoires différentes, façonnées par autant de territoires, de cultures et de parcours.

Filmer un mot, raconter un territoire

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De la Guyane, à Mayotte, jusqu’en Polynésie, les courts-métrages devront raconter ce que représente sur chaque territoire, le mot tolérance. Photographie d’illustration / Mathilde Hangard / JDM.

C’est cette diversité que souhaite faire émerger le producteur Frédéric Marboeuf, fondateur de la société de production indépendante « 18 JOURS », avec Tolérance, un projet cinématographique qui réunira un réalisateur ou une réalisatrice de chacun des neuf territoires ultramarins français : Guadeloupe, Guyane, Martinique, Mayotte, La Réunion, Nouvelle-Calédonie, Polynésie française, Saint-Pierre-et-Miquelon et Wallis-et-Futuna.

Chaque auteur réalisera un court métrage inspiré d’un seul mot : tolérance. Neuf films, neuf écritures, neuf sensibilités. Une fois achevés, ils seront assemblés dans un long métrage collectif qui sera distribué dans les salles de cinéma. À l’issue de sa diffusion, un jury de professionnels désignera un lauréat qui se verra confier l’écriture et la réalisation d’un long métrage de 90 minutes produit par « 18 JOURS ».

L’idée est née d’une réflexion personnelle, mais aussi d’une découverte progressive des territoires ultramarins. « Ce n’est pas une idée abstraite pour moi », confie Frédéric Marboeuf. « Mon père est Guadeloupéen, ma mère est Corse, ma fille est Malgache. Depuis deux ans, je me suis intéressé à la Guadeloupe, mais surtout aux Outre-mer que je ne connaissais absolument pas. J’ai beaucoup appris. L’idée est venue de là ». 

Une liberté de création revendiquée

Dans sa note d’intention, le producteur défend une vision des Outre-mer comme des territoires où le vivre-ensemble s’est construit au fil des siècles, dans la rencontre des langues, des religions et des héritages culturels.

Il cite notamment La Réunion, « souvent présentée comme l’un des exemples les plus aboutis de diversité harmonieuse », la Martinique et la Guadeloupe, où « la fierté créole s’est construite sur les cendres de l’histoire la plus douloureuse », Mayotte, où « l’islam, les traditions malgaches et la République française coexistent », mais aussi la Polynésie française, la Nouvelle-Calédonie ou encore Saint-Pierre-et-Miquelon, décrits comme autant de territoires où des cultures différentes se rencontrent quotidiennement.

Cette vision constitue le point de départ du projet, mais pas une ligne éditoriale imposée aux réalisateurs. « Je souhaiterais que chaque auteur, masculin ou féminin, puisse raconter ce que, sur son territoire, le mot tolérance représente, ce qu’il dit de sa société, qu’est-ce qu’il va en sortir. Je suis curieux de cela. Ce sera un film complet ». 

Autrement dit, il ne s’agit pas de produire neuf films illustrant une même idée, mais neuf regards singuliers sur un thème commun. Les courts métrages pourront d’ailleurs être tournés dans les langues locales — créole, shimaoré, tahitien ou d’autres langues des territoires — que le projet considère comme faisant elles aussi partie de cette diversité.

Une opportunité ouverte à tous

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Frédéric Marboeuf, le fondateur de la société de production indépendante « 18 JOURS », souhaite révéler des talents pour ce futur long-métrage.

L’autre originalité de Tolérance tient aux conditions de participation. Contrairement à de nombreux appels à projets, celui-ci ne s’adresse pas exclusivement aux professionnels du cinéma. « Ce que je préfère, c’est l’idée d’ouverture aux talents. Il peut y avoir des gens qui n’ont jamais réalisé, c’est ça qui est bien, ce n’est pas réservé aux professionnels », insiste Frédéric Marboeuf.

Interrogé sur les critères de sélection, le producteur répond sans hésiter : « Non », lorsqu’on lui demande s’il existe des conditions d’âge, d’expérience ou de formation. Il précise simplement qu’il faut être âgé d’au moins 16 ans pour candidater. Une manière, selon lui, d’éviter « les barrières, les groupes et les classements », et de laisser émerger des profils qui n’auraient peut-être jamais osé proposer un projet de film.

Le jury sera composé de plusieurs professionnels du cinéma et de l’audiovisuel, parmi lesquels notamment un exploitant de salles, un scénariste, un réalisateur, des journalistes. C’est lui qui sélectionnera les neuf projets puis, à l’issue de la projection du film collectif, désignera le lauréat appelé à réaliser un long métrage.

Autre point important : les candidats n’auront pas à financer leur film. « La production est prise entièrement à sa charge. Aucun frais n’est demandé aux réalisateurs et réalisatrices », assure le producteur. Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 31 octobre 2026, pour une annonce des neuf réalisateurs retenus le 31 décembre. La sortie du long métrage collectif est envisagée fin 2027.

En parallèle, un second projet accompagnera cette aventure. L’écrivain Charles Dubois réalisera Neuf escales littéraires, une série documentaire consacrée à un auteur de chacun des neuf territoires, mêlant portraits d’écrivains et réflexion autour de la notion de tolérance.

Pour Mayotte, où les occasions de participer à une production cinématographique nationale restent rares, cet appel constitue un opportunité singulière. Peut-être l’occasion, aussi, de faire entendre une voix nouvelle sur les écrans. Car au-delà du concours, c’est bien un pari sur les récits ultramarins que porte Tolérance : celui de laisser les territoires raconter eux-mêmes ce qu’ils ont à dire du monde.

Mathilde Hangard

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