Sur les routes encombrées du chef-lieu, la petite reine s’impose progressivement comme une alternative écologique, mais elle exige une maîtrise absolue du code de la route et des règles de sécurité. Conçu comme un véritable permis d’apprentissage de la rue, le programme national « Savoir Rouler À Vélo » (SRAV) a été déployé durant un mois intense au sein de quatre centres de loisirs de la commune de Mamoudzou (Kawéni, M’gombani, M’tsapéré et Passamaïnty).

Au total, 110 jeunes ont été mobilisés lors des ateliers théoriques et pratiques dispensés dans les écoles publiques. Les enseignements s’articulaient autour de trois blocs pédagogiques complémentaires : la maîtrise de l’équilibre et du pédalage, la circulation en circuit fermé sécurisé avec acquisition des règles de conduite, puis la mise en situation réelle sur la voie publique.
« Nous avons associé le pôle animation et le service du Programme de Réussite Éducative pour monter ce projet financé par l’ANCT via l’appel à projets Quartiers d’été. L’objectif est d’inculquer des réflexes dès le plus jeune âge pour encourager une conduite décarbonée dans une ville souvent congestionnée par les embouteillages », explique Andi Lassoufou, coordinatrice d’animation à la Caisse des Écoles de Mamoudzou.
Apprendre à pédaler pour circuler sans se mettre en danger

Sur les 110 participants de cette promotion estivale, 77 enfants âgés de 6 à 11 ans ont validé avec succès leur attestation officielle. L’organisation a également fait le choix d’élargir le dispositif aux adolescents de 12 à 16 ans en leur remettant une attestation symbolique afin de valoriser leur implication et de diffuser largement les bonnes pratiques de sécurité. Pour concrétiser cette initiative sur le terrain, les services municipaux ont su fédérer leurs forces et mobiliser des partenaires institutionnels réactifs.
Co-porteur de l’action, le Programme de Réussite Éducative (PRE) a permis d’intégrer des enfants suivis pour des difficultés scolaires afin de leur offrir un accompagnement citoyen et épanouissant pendant les vacances. « L’idée était de les initier à la circulation routière. On remarque souvent que les jeunes circulent à vélo sans connaître les règles de sécurité. Nous voulions leur donner cette autonomie pour qu’ils puissent rouler en toute sécurité », souligne Majinda Balkini, coordonnateur du PRE Mamoudzou-Centre.
Une sensibilisation des familles
Les cours ont été encadrés par des agents du service des sports certifiés par la DRAJES, tandis que la Communauté d’Agglomération de Dembéni-Mamoudzou (CADEMA) a mis à disposition l’ensemble du matériel roulant, des casques et des plots. L’action ne s’est pas arrêtée aux seuls enfants.

Conscientes que la prévention routière doit s’envisager à l’échelle de tout le foyer, les équipes ont organisé des « cafés des parents » et des ateliers de prévention en partenariat avec l’association ADL. L’occasion d’aborder les dangers de l’alcool au volant, l’importance du port de la ceinture de sécurité et la vigilance à adopter en tant que piétons. Maman d’une petite fille inscrite au centre de loisirs de Passamaïnty,
Rufa Didja salue cette initiative complète : « C’est très important parce que même si l’on pense connaître la route, on peut oublier certaines règles essentielles. La simulation de choc en voiture m’a rappelé à quel point un accident peut être grave. C’est un rappel salutaire pour les parents comme pour les enfants ».
Ancrer la culture du vélo dans la durée

Face au succès de cette première édition, la Ville de Mamoudzou et la Caisse des Écoles ne comptent pas en rester là. Si la logistique s’avère exigeante – nécessitant le transport quotidien et le stockage des vélos sur les différents sites d’accueil -, les organisateurs ambitionnent de renouveler l’expérience dès les prochaines vacances scolaires. L’objectif affiché par la municipalité est d’étendre progressivement le module SRAV à l’ensemble des 1.500 enfants fréquentant habituellement les centres de loisirs de la commune.
En récompensant aujourd’hui la détermination et les efforts de ces 77 diplômés, la municipalité ne se contente pas de distribuer un certificat symbolique, elle pose les fondations d’une mobilité urbaine plus apaisée, où les enfants d’aujourd’hui deviendront les usagers prudents de demain.
Léo Vignal


