Et si à Mayotte, on venait désormais à un concert d’abord pour écouter ? C’est le pari d’Harmonic Live Session (HLS), dont la première édition se tient ce vendredi 14 août. Pour cette soirée, trois artistes, Twabrane, Youbbee et Eldjine, se succéderont sur scène dans un format pensé autour de la performance et de la proximité avec le public.
À l’origine du projet, Naomi Behanzin et Yazid Jaffar : « deux passionnés de musique, très proches de la scène artistique de Mayotte », explique Naomi Behanzin. Leur constat : si Mayotte compte de nombreux talents, les occasions de les entendre dans de véritables conditions de live restent limitées.
« En termes d’interprétation, ça manque de scènes », estime-t-elle. HLS souhaite ainsi mettre en avant non seulement les chanteurs, mais aussi les choristes et les instrumentistes.
Un événement financé sur fonds propres
Pour l’heure, le projet repose entièrement sur ses deux initiateurs. « Il n’y a aucun soutien institutionnel. C’est financé uniquement par nous deux », précise Naomi Behanzin. Le billet est fixé à 60 euros, accessible sous réservation sur Instagram. Un prix qui s’explique par la rémunération « de l’ensemble des artistes et de toutes les personnes mobilisées pour l’événement », justifie l’organisatrice. Une volonté qui s’accompagne d’un choix assumé : proposer un événement à taille humaine, avec cocktail dînatoire.
Les organisateurs savent déjà que cette première édition sera déficitaire : une vingtaine de places seulement ont pour l’instant été vendues, sur une jauge de 60 personnes. Mais les deux porteurs du projet voient cette première soirée comme une étape. Ils souhaitent démontrer qu’un tel format peut trouver son public avant d’envisager son développement. « Il nous faut une légitimité, une preuve pour pouvoir agrandir le projet et trouver des financements », explique Naomi Behanzin.
À terme, l’ambition dépasse même les frontières de Mayotte. Les organisateurs imaginent pouvoir exporter le concept dans l’océan Indien, avec des déclinaisons à La Réunion ou au Mozambique. Et, surtout, faire circuler la musique mahoraise.
Donner aussi une place aux jeunes
Harmonic Live Session s’inscrit par ailleurs dans un projet associatif plus large. Les deux organisateurs souhaitent favoriser l’insertion des jeunes dans le secteur artistique et leur faire découvrir les métiers qui gravitent autour de la création.
« Des élèves du lycée des Lumières pourraient venir découvrir des domaines comme l’infographie ou la communication digitale », espère à terme les organisateurs.
Joséphine Puig


