Dans les territoires d’Outre-mer, l’accalmie économique tant espérée se fait toujours attendre et la fragilité du tissu professionnel atteint désormais des niveaux particulièrement préoccupants. Au cours du deuxième trimestre 2026, pas moins de 709 défaillances d’entreprises ont été recensées dans les DROM par les analystes d’Allianz Trade. Ce chiffre marque une nette dégradation par rapport à la même période l’année précédente, confirmant la trajectoire difficile observée sur l’ensemble du premier semestre.
Après une année 2025 déjà marquée par une hausse des faillites, l’économie ultramarine subit un contrecoup sévère qui dépasse largement les tendances mesurées dans l’Hexagone. Cette dynamique destructrice frappe les départements de manière inégale. La Martinique et la Guadeloupe connaissent toutes deux une explosion des procédures collectives, affichant des hausses respectives qui dépassent les 40 % sur le trimestre.
Une dégradation marquée

À La Réunion, territoire qui concentre à lui seul près de la moitié des faillites de la zone ultramarine, la trajectoire reste elle aussi à la hausse. Seule la Guyane parvient à afficher un recul temporaire au cours de ce trimestre, une évolution qui s’explique essentiellement par un effet de comparaison après l’envolée exceptionnelle des défaillances observée l’an dernier sur son territoire.
Le constat s’avère particulièrement alarmant lorsqu’on examine la situation secteur par secteur. Le commerce de détail et de gros subit de plein fouet la baisse du pouvoir d’achat et l’inflation, enregistrant une hausse de ses défaillances dix fois supérieure à la moyenne nationale.
Les entreprises du secteur tertiaire et des services aux particuliers ne sont pas épargnées non plus et connaissent une augmentation très marquée des fermetures. De son côté, l’industrie locale, principalement portée par la transformation agroalimentaire, fait face à des tensions sur ses coûts de production qui fragilisent durablement sa rentabilité.
Une conjoncture sous haute tension
À l’échelle de la France métropolitaine, la situation d’ensemble n’offre guère plus de réconfort. Avec plus de 18.000 faillites enregistrées au deuxième trimestre 2026, le pays bat un triste record pour cette période de l’année, confirmant la persistance d’un niveau de sinistralité très élevé.

Pour les experts du secteur, les perspectives de reprise rapide restent assombries par une croissance économique atone, une consommation freinée par la cherté de la vie et des tensions géopolitiques internationales qui pèsent sur l’approvisionnement.
Selon les prévisions réactualisées de l’assureur-crédit, la barre symbolique des 70.000 faillites à l’échelle nationale pourrait ainsi être franchie avant la fin de l’année.
Face à ce contexte très dégradé, les PME et TPE ultramarines, déjà confrontées à l’éloignement géographique et à l’étroitesse de leurs marchés, doivent redoubler de prudence dans la gestion de leur trésorerie afin d’éviter d’être emportées par cette vague d’instabilité économique.


