À Combani, professionnels de santé et associations ont réalisé mardi une matinée de sensibilisation autour de l’allaitement. Derrière la promotion du lait maternel, l’objectif est aussi d’accompagner les jeunes mères face aux évolutions des pratiques et de renforcer leur lien avec le système de santé.

À Combani, une matinée pour rappeler aux jeunes mères les bienfaits de l’allaitement

À Combani, professionnels de santé et associations ont réalisé mardi une matinée de sensibilisation autour de l’allaitement. Derrière la promotion du lait maternel, l’objectif est aussi d’accompagner les jeunes mères face aux évolutions des pratiques et de renforcer leur lien avec le système de santé.

« Le lait maternel reste le meilleur pour l’enfant », répètent les professionnels présents de stand en stand. Sous les tentes installées au centre social de Combani, sages-femmes, infirmières, associations et agents de la Protection maternelle et infantile (PMI) ont répondu aux questions des jeunes mamans à l’occasion de la Semaine mondiale de l’allaitement.

Sous les tentes installées au centre social de Combani, sages-femmes, infirmières, associations et agents de la Protection maternelle et infantile (PMI) ont répondu aux questions des jeunes mamans.

Pour cette troisième édition, les organisateurs avaient réuni les structures qui accompagnent les familles tout au long de l’année. Si la mobilisation est restée modeste avec une quinzaine de jeunes mères, les professionnels misent avant tout sur la diffusion du message. « On attend toujours plus de personnes. Mais le plus important, c’est le bouche-à-oreille. C’est la base de la société mahoraise », souligne Islami Ali M’Colo, chef du service Éducation pour la santé de la PMI.

Au-delà de la promotion de l’allaitement, cette journée visait aussi à mieux faire connaître les missions de la PMI. « Nous voulons pousser les jeunes mamans à venir chez nous, à sortir de l’isolement. On ne parle pas seulement d’allaitement, mais aussi de contraception, d’alimentation ou encore du suivi de l’enfant », rappelle Islami Ali M’Colo.

Des pratiques qui évoluent

Les recommandations sont claires : un allaitement maternel exclusif jusqu’à six mois, puis poursuivi en complément de l’alimentation jusqu’à au moins deux ans. Mais, sur le terrain, les professionnels constatent une évolution des pratiques. « Les femmes sont aujourd’hui beaucoup plus actives. Elles ont moins de temps. Certaines habitudes se perdent », observe Islami Ali M’Colo.

La journée a également été l’occasion de proposer gratuitement des dépistages du diabète, de l’hypertension et du VIH.

« Beaucoup de jeunes femmes nous disent : je veux rester libre, mon compagnon peut aussi donner le biberon. Elles ont peur d’être dépendantes de leur bébé », raconte Eugénie, sage-femme, qui travaille pour le Réseau périnatal de Mayotte (Repema).

Pour répondre à ces inquiétudes, les professionnels rappellent qu’allaitement et reprise d’activité ne sont pas incompatibles. « Certains tire-laits sont pris en charge par la Sécurité sociale et peuvent être loués en pharmacie », explique Nathrati, infirmière. Pourtant, ils restent peu utilisés. « Aujourd’hui, beaucoup de familles préfèrent acheter du lait en poudre. Pour certaines, c’est perçu comme un signe de réussite sociale », continue l’infirmière.

« Le lait maternel s’adapte aux besoins du bébé »

Pourtant, « ce qui est bien avec le lait maternel, c’est qu’il s’adapte aux besoins du bébé. S’il est déshydraté, le lait contiendra davantage d’eau. Le corps de la mère produit aussi des anticorps qui vont protéger l’enfant contre de nombreuses maladies », indique Eugénie, « en plus, c’est gratuit ». L’allaitement bénéficie également à la mère en réduisant notamment les risques de cancer du sein et de diabète.

L’accompagnement passe aussi par l’alimentation des mamans. « Il faut qu’elles mangent équilibré : des légumes à chaque repas, des produits laitiers, beaucoup d’eau et une alimentation variée. Nous sommes là pour leur expliquer tout cela », rappelle Boina Mze Sabianti, travailleuse à la PMI.

Sensibiliser dès l’adolescence

Parmi les participantes figuraient plusieurs mères mineures placées, accompagnées par l’association Yaouank. « C’était important qu’elles viennent apprendre comment donner le sein à leurs enfants et comprendre pourquoi c’est important », raconte Mariama, membre de l’association. Six des dix adolescentes suivies par l’association ont participé à la journée.

À 15 ans, l’une d’elles repart avec un regard différent sur l’allaitement : « J’ai appris comment allaiter. J’ai compris qu’il ne faut pas regarder son téléphone pendant qu’on donne le sein. Pour mes prochains bébés, j’allaiterai plus que trois mois et mieux », confie-t-elle.

Prématuré, REPEMA, Mayotte
Les berceuses nourrissent aussi le lien et la confiance. (Illustration)

Pour Malikat, membre de la jeune association Chababy, l’allaitement demeure cependant un sujet sensible. « Culturellement, cela reste quelque chose de très intime. Cela se transmet souvent de mère en fille. Certaines femmes ne sont pas à l’aise pour en parler ».

Tout au long de la matinée, des bénéficiaires du centre social ont ponctué les échanges de berceuses traditionnelles. « Les berceuses nourrissent aussi le lien et la confiance », glisse l’une d’elles. Un échange intergénérationnel important, d’après l’organisation.

La journée a également été l’occasion de proposer gratuitement des dépistages du diabète, de l’hypertension et du VIH. Une vingtaine de femmes en ont profité. Une sensibilisation importante pour Islami Ali M’Colo : « À Mayotte, beaucoup de personnes ne consultent pas faute de moyens ou parce qu’elles n’ont pas accès aux soins. Ces actions sont aussi là pour les rapprocher du parcours de santé et c’est primordial ».

Joséphine Puig

Partagez l'article :

spot_imgspot_img

Les plus lus

Publications Similaires
SIMILAIRES

Mayotte en promotion au grand rendez-vous du tourisme à Paris, du 15 au 17 septembre 2026

Du 15 au 17 septembre 2026, le Parc des...

Élections municipales de Mamoudzou : la justice décide qu’il n’y aura pas de nouveau scrutin

Le tribunal administratif de Mayotte entérine le score de la liste d’Ambdilwahedou Soumaïla au premier tour des élections municipales de Mamoudzou. Ce mardi 15 septembre, il donne en partie raison au requérant, Ahamada Haribou (arrivé deuxième), en retranchant 104 voix litigieuses.

Des parents d’élèves demandent le départ de la rectrice : « Si elle ne s’occupe pas de nous, elle doit démissionner »

Le lycée de la Cité du Nord entame ce lundi 14 septembre sa troisième semaine de blocage. Près de 180 parents, enseignants et représentants syndicaux se sont réunis devant l'établissement scolaire. La mobilisation des parents prend de l'ampleur, tandis qu'aucune rencontre avec la rectrice ou une délégation du rectorat n'était encore confirmée dans la matinée.

« Le CHM brille par son silence » : les brancardiers et ambulanciers en grève à Mayotte

Plus d'une vingtaine de brancardiers et ambulanciers du CHM sont en grève depuis lundi matin à Mamoudzou. Heures supplémentaires contestées, manque d'effectifs, missions SMUR et interventions à la morgue, les agents dénoncent une accumulation de difficultés et réclament des réponses de la direction.