Face au risque d'embrasement de la végétation dû à la saison sèche, l'association Les Naturalistes de Mayotte tire la sonnette d'alarme. Dans un communiqué, l'organisation environnementale estime que l'achat de matériel de secours ne suffira pas à enrayer ce fléau.

Incendies à Mayotte : Les Naturalistes réclament l’interdiction des brûlis

Face au risque d'embrasement de la végétation dû à la saison sèche, l'association Les Naturalistes de Mayotte tire la sonnette d'alarme. Dans un communiqué, l'organisation environnementale estime que l'achat de matériel de secours ne suffira pas à enrayer ce fléau.

À Mayotte, la saison sèche ravive chaque année le spectre des grands incendies de végétation. Dans leur dernier communiqué, Les Naturalistes de Mayotte rappellent que plus de 90 % des incendies recensés l’an dernier étaient d’origine humaine, provoqués par des brûlis mal maîtrisés.

Pour Michel Charpentier, si rien ne change, il n’y aura plus de forêt à Mayotte en 2050 !

La situation est d’autant plus critique que les débris de végétaux accumulés après le passage du cyclone Chido constituent un combustible sec prêt à s’enflammer au moindre départ de feu. « L’année dernière, nous avons perdu environ 300 hectares de forêt ou d’agroforêt. À ce rythme, si rien ne change, il n’y aura plus de forêt à Mayotte en 2050 ! », alerte Michel Charpentier, président de l’association.

Au-delà de la perte de biodiversité, la disparition du couvert forestier menace directement les ressources vitales de l’île. Sans arbres pour retenir la terre, les pluies de fin d’année lessivent les sols mis à nu.

Le brûlis, étincelle d’une catastrophe écologique et hydrique

Mayotte, SDIS, pompiers, incendies, feux,
Le SDIS de Mayotte se prépare à affronter la saison sèche, période à haut risque de feux de végétation, en renforçant prévention, coordination et moyens d’intervention, avec notamment des actions de sensibilisation, un hélicoptère bombardier d’eau et l’usage de drones.

Ce phénomène détruit la fertilité agricole, crée des paysages érodés — les fameux pazas — et déverse chaque année 27.000 tonnes de terre dans le lagon, étouffant les coraux. Plus grave encore, la déforestation empêche l’eau de pluie de s’infiltrer dans les nappes phréatiques, asséchant progressivement les rivières de l’île. Pour l’association, la réponse des autorités reste insuffisante.

Si les investissements récents du Service départemental d’incendie et de secours (Sdis) dans des camions, des drones ou un hélicoptère bombardier d’eau sont salués, ils ne s’attaquent pas à la racine du problème. L’interdiction théorique des brûlis en saison sèche existe déjà depuis 2017. Cependant, elle n’est pas respectée sur le terrain. Les Naturalistes demandent une grande campagne d’information, comparable à celles menées durant la crise sanitaire, pour sensibiliser l’ensemble de la population.

Changer de stratégie

L’association préconise également la mise en place d’un numéro d’appel centralisé pour signaler rapidement tout départ de feu. Face aux limites des amendes financières, souvent inefficaces face à des contrevenants insolvables, Michel Charpentier formule une proposition concrète : « remplacer les poursuites financières par des peines de travaux d’intérêt général dédiées au reboisement des zones brûlées ».

Il rappelle que « des alternatives écologiques au brûlage existent déjà dans le monde agricole, comme le broyage, le compostage ou le paillage des cultures de manioc et de bananiers ». Ces méthodes protègent les sols contre l’évaporation et l’érosion. Pour les Naturalistes, l’urgence n’est plus d’éteindre les flammes, mais d’empêcher la première étincelle de s’allumer.

Léo Vignal

Partagez l'article :

spot_imgspot_img

Les plus lus

Publications Similaires
SIMILAIRES

Inflation à Mayotte : plus d’un an et demi après le cyclone Chido, la flambée des prix alimentaires

Dans sa dernière publication Insee Flash Mayotte paru ce jeudi 3 septembre 2026, l'Institut national dresse le bilan de l'évolution des prix sur l'île entre décembre 2024 et décembre 2025.

Le Département-Région de Mayotte renforce ses partenariats de formation au Québec

Le président du Département-Région de Mayotte, Ben Issa Ousséni, a signé, samedi 29 août 2026, au Québec des conventions de partenariat avec quatre Cégeps accueillant des jeunes Mahorais, une nouvelle étape dans une politique de mobilité lancée en 2022 et qui a déjà bénéficié à 65 étudiants. Pour la collectivité, l'enjeu dépasse désormais la seule poursuite d'études à l'étranger : il s'agit de former des compétences susceptibles de répondre aux besoins futurs de Mayotte, notamment dans la santé, l'ingénierie, l'environnement et le numérique.

Bicentenaire de la photographie : Une année d’expositions lancée ce vendredi à Pamandzi

À l’occasion de la célébration des 200 ans de l'invention de la photographie, la culture visuelle s’installe en Petite-Terre pour une programmation au long cours. De septembre 2026 à septembre 2027, l'agence Eight orchestre un cycle inédit de douze expositions mensuelles articulées autour de douze thématiques et de douze domaines photographiques distincts.

Basket : le Trophée des Champions fait son grand retour ce samedi

À quelques jours de la reprise des compétitions, Fuz’Ellipse organise le Trophée des Champions 2026, ce samedi 5 septembre au Plateau de Cavani, un rendez-vous qui réunira quatre équipes autour de deux rencontres (féminine et masculine) avec l’ambition de proposer un véritable temps fort autour du basket mahorais.