Des palais royaux, des remparts datant du 12eme siècle et des sites historiques ont été officiellement reconnus par le comité du patrimoine mondial lors de sa 48eme session qui prend fin ce mercredi 29 juillet à Busan en Corée du Sud.

Comores : Six médinas classées au patrimoine mondial de l’Unesco

Des palais royaux, des remparts datant du 12eme siècle et des sites historiques ont été officiellement reconnus par le comité du patrimoine mondial lors de sa 48eme session qui prend fin ce mercredi 29 juillet à Busan en Corée du Sud.

Six médinas des sultanats historiques des Comores entrent dans l’histoire mondiale. Elles ont été classées parmi les biens culturels mondiaux. L’annonce officielle a été faite samedi 25 juillet à l’occasion de la 48eme session du Comité du patrimoine mondial suite à une  recommandation du Conseil international des monuments et des sites (Icomos).

« Ces médinas ne sont pas des vestiges figés dans le passé. Leurs ruelles portent encore les pas de ceux qui y prient, y commercent, y célèbrent leurs mariages et y accompagnent leurs défunts selon des rites transmis depuis des temps immémoriaux », a indiqué Azali Assoumani devant le Comité du patrimoine de l’Unesco, peu après l’annonce  de la validation du dossier des Comores à Busan en Corée du Sud.

Quatre sites à la Grande Comores et deux sites à Anjouan

Les six médinas inscrites sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. (Photos : CNDRS).

Les six médinas en question sont des palais royaux, des sites de découverte, des remparts qui ont façonné la civilisation comorienne, l’art et la culture des îles. On compte quatre sites à la Grande Comores (Moroni, Iconi, Itsandra, Ntsudjini) et deux sites à Ndzuani (Mutsamudu, Domoni). Les médinas représentent la mémoire encore vivante de l’archipel notamment pendant les migrations arabo-chiraziennes, les luttes contre les razzias malgaches et l’histoire des lignées royales.

« Les études anthropologiques, historiques, cartographiques, juridiques et architecturales menées par les experts nationaux et internationaux sur les médinas des Sultanats historiques des Comores laissent découvrir des similitudes d’une richesse porteuse de développement touristique et économique. Ruelles étroites, palais, mosquées, zawiyas, murailles, forteresses et cimetières, parfois millénaires », a souligné le journal comorien Al-watwan dans un article consacré à la présentation des six sites homologués par l’Unesco.

« Cette inscription est l’aboutissement d’un travail long et exigeant, mené avec la conviction que la sauvegarde d’un tel héritage ne se décrète pas depuis un bureau, mais se construit avec ceux qui l’habitent », a souligné le président comorien qui a rappelé que les six médinas sont « nées de la rencontre entre l’Afrique, le monde arabo-persan, l’Inde et l’océan qui les relie, et qui ont façonné, siècle après siècle, l’âme de l’archipel des Comores ».

Un dossier qui date de 20 ans

Azali Assoumani s’est félicité que ces histoires soient aujourd’hui portées et racontées par des Comoriens et surtout couronnées à travers cette reconnaissance. Pour lui, celle-ci devient ainsi « une affirmation de souveraineté sur notre propre récit : celui d’un archipel qui, loin d’être à la marge des grandes routes de l’histoire en a longtemps été un carrefour actif, un lieu d’échanges, de savoirs et de gouvernance raffinée », avant de souligner que cette même reconnaissance « rappelle au monde que nos îles ont su, bien avant les cartes modernes, relier l’Afrique orientale, la péninsule arabique, la Perse en un seul espace de civilisation ».

Les 21 Etats membres du Comité du patrimoine, par le biais de leurs groupes régionaux, ont salué la solidité du dossier présenté par les équipes techniques comoriennes.

Les 21 Etats membres du Comité du patrimoine, par le biais de leurs groupes régionaux, ont salué la solidité du dossier présenté par les équipes techniques comoriennes avant de qualifier les médinas des îles de « patrimoines vivants » aux « traditions urbaines singulières » et dont l’inscription « ouvre de nouvelles opportunités » pour les Comores. La nouvelle du classement de ces médinas a été accueillie avec ferveur par l’opinion qui attend toutefois des actions concrètes pour garantir leur entretien et leur gestion. Le président Azali Assoumani a annoncé la création « d’un centre national de conservation des arts et de la culture » et la poursuite des programmes de formation.

Le processus d’inscription des médinas comoriennes a été soutenu activement par la France, l’Arabie Saoudite et le Sultanat d’Oman après un travail technique engagé depuis 20 ans par « le Collectif du patrimoine comorien, le centre national de documentation et de recherche scientifique (CNDRS), la Fondation ALIPH, l’École de Chaillot, l’Institut national du patrimoine de France et les Compagnons du Devoir » et la délégation des Comores à l’Unesco, entre autres acteurs.

A.S.Kemba

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