
Après avoir passé plusieurs mois à s’alimenter dans les eaux froides de l’Antarctique, les baleines à bosse rejoignent les eaux chaudes de l’océan Indien. Le lagon de Mayotte offre un refuge essentiel où les femelles viennent mettre bas et allaiter leurs baleineaux pendant leurs premières semaines de vie. Pour garantir le repos des adultes et la survie des jeunes, la quiétude des lieux est primordiale.
L’Office français de la biodiversité (OFB) souligne que la présence humaine et le non-respect des distances augmentent considérablement le stress des animaux : les baleines ont ainsi huit fois plus de risques de fuir un navire qui s’approche en dessous du seuil autorisé, et le taux d’évitement grimpe à 63 % en cas de mise à l’eau.
Distances, vitesse et bonnes pratiques : le mode d’emploi de l’observation
Pour encadrer l’activité de whale-watching (ndlr, observation des baleines) et garantir la tranquillité de la faune marine, l’observation des mammifères marins est soumise à une réglementation nationale stricte.

Dans les faits, l’approche des animaux est totalement interdite à moins de 100 mètres, une distance de sécurité correspondant à la longueur d’un terrain de football, de deux barges. Dans cette zone d’interdiction, les usagers doivent obligatoirement rester à bord de leur navire, toute mise à l’eau étant proscrite. Plus largement, entre 100 et 300 mètres des cétacés, les navigateurs entrent dans une zone d’observation où la vitesse est strictement limitée à 5 nœuds et où seuls deux bateaux au maximum sont autorisés à stationner simultanément.
Enfin, les manœuvres doivent s’effectuer avec la plus grande précaution : l’approche se fait uniquement par les ¾ arrière, sans jamais couper la trajectoire des baleines ni les aborder de face. Il est également interdit de poursuivre les animaux s’ils s’éloignent, et si ces derniers viennent à s’approcher spontanément du navire, le capitaine doit immédiatement débrayer son moteur et maintenir son cap sans chercher à interagir avec eux.
Contrôles et lourdes amandes pour les contrevenants
Le Parc naturel marin rappelle que la perturbation intentionnelle des espèces protégées constitue une infraction au code de l’environnement. Des contrôles seront effectués en mer durant toute la saison. En cas de non-respect des règles d’approche et de quiétude, les contrevenants s’exposent à des amendes pouvant atteindre jusqu’à 750 euros pour une personne physique et 3.500 euros pour une personne morale. Les autorités appellent donc à la responsabilité de tous les usagers de la mer pour maintenir Mayotte comme une zone d’accueil privilégiée pour la biodiversité marine.
Léo Vignal


