Près de 18 mois après le cyclone CHIDO, et près de 11 mois après le vote de la loi du 11 août 2025 de programmation pour la refondation de Mayotte, le sénateur Saïd Omar Oili interpelle le Gouvernement sur son inaction. En effet, les acteurs sur le terrain constatent que les mesures annoncées et les 4 milliards proclamés, ne sont pas au rendez-vous.

Tribune – Refondation de Mayotte : y-a-il un capitaine dans le navire ?

Près de 18 mois après le cyclone CHIDO, et près de 11 mois après le vote de la loi du 11 août 2025 de programmation pour la refondation de Mayotte, le sénateur Saïd Omar Oili interpelle le Gouvernement sur son inaction. En effet, les acteurs sur le terrain constatent que les mesures annoncées et les 4 milliards proclamés, ne sont pas au rendez-vous.

Avec mes collaborateurs, nous avons publié un rapport de 80 pages qui fait un premier bilan financier et des réalisations des 13 mesures prioritaires. Ce document a été transmis au Premier ministre, à tous les ministres impliqués dans la refondation, aux parlementaires et aux membres du comité de suivi.

Mise à part les accusés de réception, une seule ministre celle des Armées et des anciens combattants a répondu en faisant état de ses réalisations et analyse après le cyclone Chido. La ministre des Outre-mer n’a même pas accusé réception du courrier.

Les sénateurs lors du vote solennel en faveur du projet de loi de refondation de Mayotte.

Lors des débats sur la loi du 11 août 2025 j’avais abordé la question de la gouvernance et de la complexité des instances chargées du pilotage de la refondation.

Aujourd’hui, au regard du silence à la suite de la transmission de mon document qui fait un premier bilan de l’application de la loi, la question du pilotage reste entière.

Si l’on considère un cas d’espèce concret, comme la question de la reconstruction de la filière pêche à Mayotte, de nombreuses difficultés perdurent depuis plus d’un an :

– Les problématiques sur les normes européennes imposées aux navires de pêche mahorais.

– Le déblocage des fonds des armateurs seychellois pour le développement de la pêche à Mayotte.

Face à cet enjeu majeur du renouvellement de la flotte mahoraise, les autorités répondent par la mise en place d’un comité local des pêches. Face à une action concrète on répond par la mise en place d’une structure.

En 2026, le ministre chargé de l’Europe, la ministre des Outre-mer, le ministre chargé de la pêche, la Direction générale des affaires maritimes, de la pêche et de l’aquaculture, le général Facon, la préfecture de Mayotte, et le comité de suivi ont été sollicités sur cette urgence de reconstituer la flotte de pêche mahoraise.

Pour S2O, le cas de la filière pêche n’est qu’un exemple parmi les nombreux dossiers prioritaires qui pâtissent d’une stratégie de refondation irréaliste.

Dès sa promulgation j’ai pointé du doigt les disfonctionnements en matière d’efficacité de la gouvernance prévue par la loi du 11 août 2025 de programmation pour la reconstruction de Mayotte.

Le cas de la filière pêche n’est qu’un exemple parmi les nombreux dossiers prioritaires qui pâtissent d’une stratégie de refondation irréaliste.

La mise en place d’un comité local des pêches constitue donc une nouvelle structure additionnelle à l’ensemble de l’architecture d’ores et déjà bien complexe de la mission de reconstruction.

Cela pose la question suivante : Qui pilote véritablement la refondation de Mayotte ?

– La direction générale des Outre-mer ?

– La mission Facon dotée d’une dizaine de hauts fonctionnaires ?

– Le préfet de Mayotte ?

– L’établissement public de refondation créé par la loi d’urgence du février 2025 avec plusieurs dizaines d’agents ?

– Le comité de suivi instauré par l’article 3 de la loi du 11 août 2025 de programmation pour la refondation de Mayotte ?

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