Mis en cause par les "Femmes Leaders" lors de la mobilisation de lundi devant la préfecture, le manifestant, Eddy Nocton, affirme que son action ne visait pas le collectif et a adressé une lettre ouverte au préfet pour dénoncer les difficultés rencontrées par sa famille.

Le manifestant devant la préfecture de Mayotte donne sa version des faits et interpelle le préfet

Mis en cause par les "Femmes Leaders" lors de la mobilisation de lundi devant la préfecture, le manifestant, Eddy Nocton, affirme que son action ne visait pas le collectif et a adressé une lettre ouverte au préfet pour dénoncer les difficultés rencontrées par sa famille.

Le face-à-face qui s’est joué devant les grilles de la préfecture de Mayotte prend une tournure beaucoup plus judiciaire et personnelle. Au lendemain des tensions qui ont opposé les « Femmes Leaders » à un manifestant nommé Eddy Nocton, ce dernier a souhaité partager sa version des faits.

Dans un courriel adressé à notre rédaction, Eddy Nocton conteste plusieurs accusations formulées contre lui et affirme que sa mobilisation n’avait pas pour objectif de provoquer les manifestantes.

Sa version des incidents de lundi

L’entrée du service étranger de la préfecture de Mayotte. (image d’illustration).

Dans notre précédent article, les « Femmes Leaders » expliquaient que celui-ci les filmait depuis plusieurs jours et dénonçaient une attitude qu’elles jugeaient provocatrice. Il dément ces reproches et affirme, que sa manifestation n’était pas contre le collectif, mais les difficultés rencontrées par les usagers du service des étrangers.

« Les manifestantes disent que je les filme depuis plusieurs jours sans leur consentement. Ces vidéos sont facilement visibles sur TikTok, en aucun cas je ne les ai filmées et je tiens même, me semble-t-il, des propos courtois sur ce mouvement en expliquant bien que je respecte leur droit de manifester malgré tout, et que mon sujet n’est pas elles mais la façon dont la préfecture gère la situation pour les gens qui se retrouvent dans la difficulté, dès le début et sans ambiguïté », écrit-il.

L’enseignant précise également s’être rendu au commissariat après les incidents survenus lundi, pour déposer plainte. « Je suis allé porter plainte, non pas pour une « altercation » mais pour une agression. J’ai aussi subi des insultes, il est profondément regrettable d’en être arrivé à une telle situation », déplore-t-il.

Une lettre ouverte pour alerter le préfet

En parallèle, le père de famille a adressé une lettre ouverte au préfet de Mayotte, Frédéric Poisot, afin d’expliquer les raisons de sa mobilisation. Enseignant au lycée de Petite-Terre à Pamandzi, il dit avoir été muté au sein de l’académie de Besançon à compter de la prochaine rentrée scolaire.

Son épouse, étant de nationalité malgache, elle doit obtenir un visa de long séjour afin que sa famille puisse s’installer définitivement dans l’Hexagone. Mais leur demande, déposée depuis le 18 mai 2026, est toujours sans réponse, d’après ses dires.

Le père de famille a adressé une lettre ouverte au préfet de Mayotte. Léo Vignal / JDM

« Je suis conscient que les difficultés actuelles concernant la délivrance des visas résultent d’une situation exceptionnelle et de décisions qui relèvent de votre responsabilité [en parlant du préfet]. Je ne me permets donc nullement de remettre en cause ces décisions, dont je comprends qu’elles répondent à des contraintes qui me dépassent », a-t-il écrit dans sa lettre.

Selon lui, cette absence de réponse complique aujourd’hui la situation de sa famille et compromet son futur professionnel. « Devant quitter prochainement mon logement, je ne sais pas où loger ma famille tant que cette situation ne sera pas résolue. Je m’interroge également sur la manière dont je pourrai m’installer sereinement en métropole et préparer ma prise de fonctions à la rentrée », poursuit l’enseignant.

La mobilisation comme dernier recours

Dans ce document, Eddy Nocton explique également avoir multiplié les démarches depuis plusieurs semaines, sans obtenir de réponse de la part de la préfecture de Mayotte. « Courriels, appels téléphoniques, demandes de rendez-vous… Malheureusement, nous ne recevons aucune réponse et personne ne semble en mesure de prendre notre situation en considération. Ce silence est particulièrement difficile à vivre ».

C’est ce silence qui l’a d’ailleurs poussé à rendre son histoire publique, ainsi qu’à débuter un sitting devant le service étranger de la préfecture. « Je ne sollicite aucun traitement de faveur. Je demande simplement de bien vouloir prendre en considération notre situation, comme celle de toutes les familles qui se trouvent aujourd’hui confrontées aux mêmes difficultés, afin qu’une solution puisse être trouvée dans les meilleurs délais », conclut Eddy Nocton dans sa lettre adressée au préfet.

Shanyce MATHIAS ALI.

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