La société Récif Hélicoptères, habituée à survoler le lagon de Mayotte, doit désormais poser ses rotors. Sa licence d’exploitation a été officiellement retirée, mettant fin à quatre années de vols réguliers… et de petites turbulences administratives.

Récif Hélicoptères perd sa licence : le ciel mahorais se réorganise

La société Récif Hélicoptères, habituée à survoler le lagon de Mayotte, doit désormais poser ses rotors. Sa licence d’exploitation a été officiellement retirée, mettant fin à quatre années de vols réguliers… et de petites turbulences administratives.

Depuis le 5 janvier 2026, Récif Hélicoptères n’est plus autorisée à transporter passagers ou marchandises dans le ciel de Mayotte. L’arrêté n°26/DSAC-OI/002, publié par la Direction de la sécurité de l’aviation civile océan Indien, officialise le retrait de sa licence, et abroge la suspension provisoire décidée en 2021.

Une décision administrative claire

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En mai 2021, Récif Hélicoptères avait obtenu sa licence d’exploitation et pouvait transporter légalement passagers et marchandises (photographie d’illustration)

En mai 2021, Récif Hélicoptères avait obtenu sa licence d’exploitation, qui lui permettait de transporter légalement des passagers et du fret dans l’océan Indien. Cette autorisation constituait une étape clé pour l’entreprise, qui pouvait ainsi opérer dans le respect des règles européennes et nationales.

Mais le 15 décembre 2025, la société a vu son certificat de transporteur aérien retiré. Pour rendre cette décision officielle, l’arrêté du 5 janvier 2026 a formalisé le retrait de la licence et abrogé l’arrêté de suspension temporaire datant de décembre 2021. Concrètement, cela signifie que Récif Hélicoptères n’a plus le droit d’exploiter ses hélicoptères à des fins commerciales. Tous les vols nécessitant la licence doivent cesser immédiatement, mettant fin à quatre années d’activité réglementée.

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Depuis le retrait de Récif Hélicoptères, les circuits touristiques sont notamment assurés par un autre prestataire, la société Helilagon.

Avant cette décision, la société proposait différents circuits touristiques permettant de découvrir Mayotte depuis le ciel, chacun avec sa durée et son tarif. Le plus court, « Le Shipanga », durait quinze minutes et survolait Petite-Terre et la passe en S, offrant aux passagers une vue sur les plages de Moya et le Lac Dziani, pour un tarif de 125 euros par personne. Le vol « Le Tsoholé » s’étendait sur trente minutes au-dessus de la passe en S et de la barrière de corail, permettant de découvrir le Mont Choungui, le Mont Bénara et l’îlot Bandrélé, pour 249 euros.

Pour ceux qui souhaitaient un panorama plus complet, « Le Kuba », d’une durée de quarante minutes, survolait les plages de Moya, le Grand Récif du Nord, l’îlot Mtsamboro et Choizil, avant de revenir sur Pamandzi, pour 329 euros. Enfin, « L’Hippocampe » proposait une expérience à 360° sur l’ensemble de l’île, du Nord au Sud, incluant Petite-Terre, le Grand Récif du Nord, les îlots Mtsamboro et Choizil, la baie d’Acoua et la passe en S, pour un tarif de 379 euros par personne.

Un cadre strict mais essentiel 

Le retrait de licence repose sur un ensemble de textes européens et français qui encadrent très précisément l’exploitation commerciale aérienne. Ces règles concernent autant la sécurité des appareils que la qualification des pilotes et la fiabilité administrative et financière de l’entreprise.

Dans ce contexte, la licence d’exploitation n’est pas un simple papier : c’est la preuve que l’opérateur respecte toutes les obligations légales pour transporter des passagers et du fret. Même dans un territoire insulaire comme Mayotte, ces obligations s’appliquent pleinement et sans exception. La décision de retirer la licence montre que l’administration veille à ce que la sécurité reste la priorité absolue, et que tout exploitant doit se conformer strictement aux exigences nationales et européennes.

Les conséquences pour le trafic aérien mahorais

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La décision implique l’arrêt immédiat des vols commerciaux de Récif Hélicoptères, réduisant les options de transport aérien pour les Mahorais souhaitant survoler Mayotte ou d’autres territoires de l’océan Indien (photographie d’illustration)

Le directeur de la sécurité de l’aviation civile océan Indien est chargé de faire appliquer l’arrêté, qui sera publié dans le recueil des actes administratifs de la préfecture. Pour Récif Hélicoptères, cela implique l’arrêt immédiat de toutes ses activités de transport aérien nécessitant la licence. Pour les Mahorais, cela peut se traduire par une réorganisation des vols commerciaux et une réduction des options disponibles pour certains trajets ou missions spécifiques.

Au‑delà de l’impact opérationnel, cette décision souligne que voler légalement ne se limite pas à la compétence des pilotes ou à l’état des appareils. Chaque opérateur doit se conformer à un cadre administratif strict. Le retrait de la licence de Récif Hélicoptères illustre ainsi que la sécurité aérienne et le respect des régulations sont des impératifs incontournables, et que la moindre irrégularité peut entraîner des conséquences immédiates.

Mathilde Hangard

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