A l’occasion du débat initié en milieu de semaine par Muriel Jourda, Présidente de la Commission des lois, le sénateur Thani Mohamed Soilihi a interpellé le Gouvernement sur la délinquance des mineurs, et plus particulièrement à Mayotte.

La délinquance des mineurs au cœur des débats du Sénat

A l’occasion du débat initié en milieu de semaine par Muriel Jourda, Présidente de la Commission des lois, le sénateur Thani Mohamed Soilihi a interpellé le Gouvernement sur la délinquance des mineurs, et plus particulièrement à Mayotte.

La délinquance de mineurs fait de plus en plus la une des médias et des faits divers notamment. Pour le sénateur de Mayotte, Thani Mohamed Soilihi, même si les données montrent que la délinquance des mineurs est en baisse depuis 20 ans, les actes de violence eux sont en augmentation. « Depuis 2016, le nombre de mineurs poursuivis par la justice a baissé de 25%. Toutefois le nombre de mineurs poursuivis pour meurtre, coup mortel, ou violence aggravée a quasiment été multiplié par 2 depuis 2017 ! Et les mineurs mis en cause sont de plus en plus jeunes, beaucoup ont moins de 16 ans et même moins de 13 ans », a indiqué le sénateur lors de son intervention au sein de l’hémicycle du palais du Luxembourg.

Apporter des réponses adaptées pour éviter la récidive

Sénat, sénatoriales, grands électeurs, Mayotte
Le sénateur Thani Mohamed Soilihi a interpellé le Gouvernement sur la délinquance des mineurs.

Dans son rapport annuel, publié en novembre dernier, la Défenseure des droits s’inquiétait du durcissement des sanctions envers les mineurs délinquants et rappelait l’ordonnance du 2 février 1945 relative à l’enfance délinquante : « Un mineur ne peut être jugé comme un majeur… La réponse éducative doit primer sur la répression ».

« Je partage cette analyse dans son principe, il y a la nécessité d’un accompagnement éducatif pour éviter la récidive. Pas de durcissement systématique : la justice des mineurs doit d’abord éduquer, tout en sanctionnant quand la gravité l’exige », a ainsi plaidé Thani.

A Mayotte l’absence de structures aggrave la crise

Le sénateur a égrené quelques chiffres sur la délinquance des mineurs à Mayotte où les violences sont en augmentation depuis ces dernières années. Ainsi dans le 101e département, les mineurs sont mis en cause dans 81% des vols avec violence sans arme ; 57% des vols avec arme ; 72% des cambriolages ; 48% des violences sexuelles ; 34% des viols ; et 27% des homicides ou tentatives d’homicide.

Une délinquance des mineurs qui a explosé ces dernières années (illustration)

Aussi, l’élu n’a pas caché son inquiétude suite à l’annonce le 26 novembre dernier officialisant la fin des centres éducatifs fermés (CEF). « A Mayotte il n’y a pas de structures adaptées et les attentes sont fortes… L’absence d’alternative crédible fragilise la réponse de l’État face à une situation préoccupante ».

Puis il a souligné la particularité des Outre-mer concernant la délinquance des mineurs. « Les taux de délinquance et de violence sont plus élevés que dans l’Hexagone, les mineurs sont particulièrement exposés. Il faut une réponse de l’État adaptée et différenciée, un choc régalien ! », a-t-il insisté

Enfin toujours selon le sénateur Thani, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, pourrait se rendre à Mayotte, au mois de février, pour y faire des annonces dont peut-être l’ouverture d’une unité judiciaire à priorité éducative en remplacement des centres éducatifs fermés.

B.J.

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