Alors que la situation dans le 101e département français commence à devenir explosive, le Réseau de surveillance volcanologique et sismologique de Mayotte (REVOSIMA) vient de publier son bulletin mensuel concernant l’activité sismo-volcanique pour le mois de janvier. Ce que l’on remarque c’est que le volcan Fani Maoré, lui, est plutôt calme, voire éteint.

Malgré un contexte social éruptif à Mayotte l’activité sismique de la région est calme

Alors que la situation dans le 101e département français commence à devenir explosive, le Réseau de surveillance volcanologique et sismologique de Mayotte (REVOSIMA) vient de publier son bulletin mensuel concernant l’activité sismo-volcanique pour le mois de janvier. Ce que l’on remarque c’est que le volcan Fani Maoré, lui, est plutôt calme, voire éteint.

Pour rappel les déplacements de surface mesurés lors du début de la crise entre le 1er juillet 2018 et fin 2020 par les stations GPS de Mayotte avaient enregistré un déplacement d’ensemble vers l’est d’environ 21 à 25 cm, ainsi qu’un affaissement d’environ 10 à 19 cm selon l’endroit où l’on se situe dans l’île. Aussi depuis 2018, l’État a mis en place des mesures de surveillance et de prévention pour faire face à ce phénomène géologique exceptionnel qui avait surpris tout le monde à l’époque.

Quelques séismes détectés le mois dernier mais rien de grave

Ainsi entre le 1er et le 31 janvier 2024, le REVOSIMA a détecté 580 séismes Volcano-Tectoniques (VT), 30 séismes Longue Période (LP) et 2 séismes Très Longue Période (VLP). D’autre part, toujours au mois de janvier 2024, 14 séismes régionaux ont pu être localisés. Le plus fort ayant eu lieu le 26 janvier, dans le canal du Mozambique au niveau de la Ride de Davie, à 472 km de Mayotte, avait une magnitude Ml=4.1.

Quatre autres séismes ont également été détectés à moins de 150 km de Mamoudzou. Le plus fort, le 23 janvier, de magnitude Ml=3.3 à 80 km de Mamoudzou. Le plus proche, de magnitude Ml=3.2 a eu lieu à l’Ouest de Mayotte à 43 km de Mamoudzou et peut avoir été très faiblement ressenti sur la côte Ouest. « Depuis juillet 2018, le nombre de séismes a diminué mais une sismicité continue persiste. Celle-ci fluctue mais peut toujours générer des séismes de magnitudes proches de M4 ressentis à terre ; le dernier datant du 31 août 2023 (ML 4.1) », constate le réseau de surveillance.

Aussi, les analyses de la dernière campagne menée en septembre de l’année dernière (mission MD242-MAYOBS25 du 11 au 28 septembre 2023, Thinon et Lebas) suggèrent d’une part, « qu’il n’y a pas eu de déformation lente significative entre les deux sites distants d’environ 9,5 km », et en second lieu « qu’il n’y a pas eu de déformation transitoire pouvant correspondre à une activité́ de pulse magmatique ou de déformation tectonique, relative entre les deux sites. Si une déformation existe dans la zone, celle-ci affecte les deux sites de la même manière », indique le REVOSIMA. De plus lors de cette campagne, un nouveau site actif d’émission nommé K0 a été observé, à proximité du site H, dans le prolongement du flanc ouest du Fer à Cheval.

Fani Maoré en sommeil ?

D’après les scientifiques depuis fin 2020, aucune déformation significative n’a été enregistrée. « Depuis début 2021, l’éruption est probablement arrêtée mais aucune hypothèse n’est pour l’instant écartée quant à l’évolution de la situation à venir (arrêt définitif, reprise de l’activité éruptive sur le même site, reprise de l’activité éruptive sur un autre site), compte tenu de l’activité sismique persistante et d’émissions de fluides localisées sur le Fer à Cheval qui étaient toujours présentes lors de la campagne en mer MAYOBS22 réalisée en juillet 2022 ».

Enfin, à noter que l’installation d’une nouvelle station sur l’îlot de Mbouzi ainsi qu’un dépouillement plus fin de ses données, dès mars 2023, ont permis de détecter davantage de séismes. « Cette augmentation n’est pas liée à une évolution de l’activité mais à la détection d’événements de plus faible magnitude qui n’étaient pas identifiés auparavant. Si l’activité sismique est plus faible que celle enregistrée au début de la crise, elle reste néanmoins importante », concluent les experts.

Les scientifiques restent donc mobilisés pour analyser et interpréter la multitude de données acquises au cours des derniers mois à terre comme en mer.

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