Âgé de seulement de 18 ans Rassouldine Toumbou Fahar, jeune Mahorais originaire de Mstangamouji a pour projet de contribuer au développement de notre île en créant une entreprise de transport de personnes baptisée Klandoo. Il a consacré toute son énergie et ses économies, accumulées depuis l'âge de 16 ans, pour mener à bien ce projet.

Société : Rassouldine Toumbou Fahar ou la fureur d’entreprendre

Âgé de seulement de 18 ans Rassouldine Toumbou Fahar, jeune Mahorais originaire de Mstangamouji a pour projet de contribuer au développement de notre île en créant une entreprise de transport de personnes baptisée Klandoo. Il a consacré toute son énergie et ses économies, accumulées depuis l'âge de 16 ans, pour mener à bien ce projet.

Actuellement scolarisé à La Réunion en terminale STMG, Rassouldine Toumbou Fahar pense toujours à son île natale et souhaite faciliter et améliorer la vie quotidienne des Mahorais en créant une entreprise de taxi-bus reliant plusieurs communes de l’île au lagon. « L’idée m’est venue quand j’avais environ 15 ans. J’habitais Mstangamouji et ma mère se rendait régulièrement à Mamoudzou pour acheter des fournitures ou des vêtements. Elle devait y aller en taxi car on n’avait pas de voiture et elle n’avait pas le permis. Du coup avec mes frères et sœurs on restait tout le temps à la maison. Je me suis alors demandé pourquoi il n’y avait pas de bus et je me suis donné comme objectif de créer une entreprise de transport de personnes quand je serai majeur », raconte Rassouldine.

En ce qui concerne le nom de sa société, Klandoo, l’idée lui est venue par hasard en visionnant une émission sur les taxis clandestins au Cameroun. « En regardant ce reportage j’ai trouvé ce nom plutôt marrant je me suis dit que j’allais appeler mon entreprise de transport Klandoo du coup », sourit Le jeune homme. Rassouldine est consciencieux et travailleur puisqu’il a tout fait lui-même, le business plan, les études de marché, les arrêts desservis, le prix du voyage, le nombre de lignes, etc. « Au fur et à mesure que j’avançais dans ce projet je me suis rendu compte que personne n’allait m’aider et qu’il fallait que je me débrouille tout seul pour commencer à financer ce projet. J’ai envoyé des cv, j’ai postulé pour travailler dans des fast-food ou dans des boutiques quand je n’avais pas cours, mais impossible de trouver du boulot quand on n’a pas ou peu d’expérience ».

Face à ce constat Rassouldine n’a pas baissé les bras et a décidé de créer un peu de contenu sur les réseaux sociaux, le Kasque Mahoré, en collaborant avec certaines entreprises afin de se faire un peu d’argent mais cela ne s’est malheureusement pas prolongé. Rassouldine a donc économisé de l’argent depuis plusieurs années maintenant mais il est encore très loin du compte. « J’ai calculé que pour commencer il me faudrait un peu plus de 50.000 euros, or actuellement je ne dispose que de 413 euros ».

La volonté d’entreprendre quoi qu’il arrive

Qu’à cela ne tienne, le jeune Mahorais compte quand même mener à bien son projet. « Je souhaite entreprendre… J’ai lancé un appel aux dons via une cagnotte en ligne et j’ai aussi sollicité des organismes comme BGE, la couveuse d’entreprises Oudjerebou ou encore la CCI de Mayotte qui m’ont dit d’attendre le début 2024 pour faire des demandes d’aides ou de subventions ». Le jeune entrepreneur a de la suite dans les idées et est très motivé puisqu’il compte, coûte que coûte, créer cette entreprise et même en poursuivant ses études. « Après mon bac l’année prochaine je compte faire un DUT GEA (gestion et administration des entreprises) car j’aimerais bien travailler dans la banque ou bien sinon intégrer une école d’infirmier. J’ai décidé d’attendre d’avoir un travail pour financer mon projet. Même si je suis tout seul au début cela ne me fait pas peur, j’embaucherai nécessairement des gens par la suite ».

Rassouldine fourmille d’idées et souhaite contribuer à la croissance et au développement de son île. « Je suis convaincu que Klandoo est bien plus qu’une simple entreprise de transport. C’est un projet crucial pour le développement de notre communauté et pour répondre aux besoins croissants en matière de mobilité à Mayotte. Je suis sûr que les Mahorais, sensibles à l’évolution de notre économie locale, pourraient être intéressés à soutenir cette initiative ». A bon entendeur…

B.J.

Partagez l'article :

spot_imgspot_img

Les plus lus

Publications Similaires
SIMILAIRES

Sur l’île, le diabète progresse et touche des patients de plus en plus jeunes

La Semaine de la sécurité des patients s’illustre autour « Des soins sûrs à vie ! ». C’est au diabète que le Centre Hospitalier de Mayotte a consacré la matinée de ce mercredi. L'association Rédiab Yy lang, était sur place pour échanger avec le public sur la maladie, son dépistage et surtout le suivi à long terme

Comores : 147 migrants interceptés finalement renvoyés au large de l’archipel

Les autorités de l’archipel ont pris une mesure d’éloignement « pour cause de risque sanitaire », selon la Brigade mixte mise en place pour réprimer le fléau du trafic de migrants. Les personnes sont de nationalité burundaise, congolaise et tanzanienne et souhaitaient rejoindre Mayotte

Dérèglement climatique : Les collectivités mahoraises se mobilisent à Coconi

Face à la multiplication des aléas météorologiques et aux leçons tirées des crises récentes, la délégation Mayotte du Centre national de la fonction publique territoriale, l’Université de Mayotte et l’Association française pour la prévention des catastrophes naturelles et technologiques ont réuni, ce mercredi 16 septembre 2026 au Pôle d’excellence rurale de Coconi, une centaine d’acteurs institutionnels et associatifs

« Parfois, on se sent impuissants mais on fait de notre mieux » : à Mayotte, les travailleurs sociaux au plus près des vies en suspens

Dans le centre de rétention administrative, les commissariats, les familles d'accueil ou auprès des mineurs isolés, les équipes de Mlezi Maoré interviennent là où les parcours se brisent. Un travail discret, souvent méconnu, au coeur des situations les plus fragiles de l'île.