À Mamoudzou, Maputo et La Réunion, les situations sont différentes, mais les problèmes rencontrés sur le littoral se ressemblent de plus en plus : érosion, submersion marine, montée du niveau de la mer, dégradation des mangroves et des récifs ou encore forte occupation des côtes. Notamment après le passage de catastrophe naturelle telles que le cyclone Chido pour la commune chef lieu.
Le lancement du programme se déroule sur deux jours, après la signature des conventions et une visite du front de mer de Mamoudzou ce mercredi, les échanges vont se poursuivre jeudi 17 septembre à l’Université de Mayotte. Au programme : une table ronde ouverte au public de 14h30 à 17h30, intitulée « Nos littoraux face au changement climatique : observer, comprendre et agir ensemble ».
Observer avant d’agir

L’un des premier objectif c’est le suivi, avec la mise en place d’un cadre commun d’observation, un comité de travail réunissant les partenaires, un partage des résultats pour suivre l’évolution du trait de côte, ainsi qu’un partage des données cartographiques des trois territoires.
Le programme prévoit aussi de donner une place aux habitants dans cette réflexion. Deux cents enquêtes sociales seront menées, cent à Mamoudzou et cent à Maputo, à partir d’un même questionnaire. Elles permettront de comparer la relation des habitants avec leur littoral et les réponses qui peuvent y être apportées. Ce travail sera par la suite complété par une comparaison des solutions d’aménagement ou encore des idées de protection qui peuvent être naturel.
Le cas des mangroves, qui permettent de limiter les effets de l’érosion et de la submersion en est un exemple. À Maputo, 7.500 pousses de palétuviers doivent ainsi être plantées dans le cadre du programme.
Des actions sur le terrain
En plus des questionnaires, 310 élèves seront mobilisés, à travers des aires marines éducatives. À cela s’ajoute, des opérations de nettoyage, ainsi qu’un concours photographique interterritorial, « Mon littoral, notre océan », ouvert aux habitants des trois territoires.
En plus de la jeunesse, des formations sont prévues également pour les agents de la Ville de Mamoudzou et les leaders communautaires de Maputo. Des temps de formations qui seront complétés par un séminaire de terrain au Mozambique d’ici 2027. Par la suite, les résultats de ces différentes actions seront regroupés dans cinq fiches-actions, afin que les données puissent servir au-delà des territoires partenaires.
Un financement de 200.000 euros

Pour mener à bien tous ces projets, LITOR’OI dispose d’un budget de 200.000 euros de 2026 à 2028. Une somme financé à 70%, soit 140.000 euros, par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères dans le cadre de la première édition de l’appel à projets « Aménagement durable du littoral ». Quant aux reste, il doit être complété par les partenaires, en financement direct.
La Ville de Mamoudzou assure le pilotage du projet, tandis que le réseau régional multi-acteurs SHAMA en assure la coordination, avec une dizaine de structures réunissant collectivités, universités, associations et experts scientifiques des trois territoires. Avec l’appui de Vincent Robin, maître de conférences HDR à l’Université de Bordeaux et spécialiste de géomorphologie côtière.
« Après Chido, nous ne pouvons plus reconstruire comme avant : il nous faut décider à partir de données, d’expériences comparées et de la parole des habitants », explique Ambdilwahedou Soumaïla, maire de Mamoudzou.
L’objectif à terme, est de sensibiliser 6.000 personnes, mobiliser 600 participants dans des actions de protection du littoral, analyser 200 enquêtes sociales, impliquer 310 élèves et ainsi assurer la plantation de 7.500 plants de mangrove au Mozambique.
Shanyce MATHIAS ALI.


