« Je n’avais jamais fait de kayak, c’est trop bien ! Je vais revenir tous les jours », s’exclame Soulaimana, 14 ans. Quelques jours plus tôt, d’autres jeunes de M’Tsangamouji étaient partis à Bouéni découvrir l’artisanat. La veille, c’était une sortie en mer.

Depuis le 7 juillet, les journées se suivent mais ne se ressemblent pas. Sur le sable, les jeunes se retrouvent autour du filet de volley ou des cages de football. Un peu plus loin, d’autres participent à un atelier artistique. Jusqu’au 20 août, l’association Jardin fait des vacances un moment de découverte, avec ses « quartiers d’été ».
L’objectif est d’abord d’occuper les jeunes, mais pas seulement. « On parle souvent des jeunes de manière négative, mais c’est aussi parce qu’ils ne se sentent pas mis en valeur. Notre travail, c’est d’aller vers eux, de les accompagner et de leur donner confiance », explique Moussa Nassim, fondateur de l’association.
« Les vacances du bénévolat »
Derrière cette programmation, une vingtaine de bénévoles se relaient. Créée en 2015 avec le soutien de la commune, l’association suit les familles toute l’année, notamment à travers l’accompagnement scolaire et des actions autour de la parentalité.
Pendant les vacances, de nouveaux bénévoles viennent prêter main-forte. À 19 ans, Issouf fait partie de ceux qui ont rejoint l’équipe. « Je suis trop contente, ça me permet de rencontrer du monde et de m’occuper, ça fait du bien », raconte-t-elle. Pour elle, l’engagement associatif est aussi une manière de rompre avec l’isolement. « Ce sont un peu les vacances du bénévolat », sourit Moussa Nassim.
Lui-même dit avoir grandi grâce au milieu associatif : « J’ai été capitaine, entraîneur de volley-ball. On m’a confié des responsabilités et ça m’a énormément aidé. Je crois beaucoup à ça ».
La découverte de nouvelles activités

Pour les familles, ces journées offrent aussi une respiration pendant les vacances. « Le grand fléau aujourd’hui, ce sont les écrans. Grâce aux « quartiers d’été », les enfants sortent, rencontrent d’autres jeunes et découvrent de nouvelles activités. Ce sont des occupations dont on avait besoin », témoigne la présidente de l’association des parents d’élèves du collège.
La commune voit elle aussi dans l’association un relais important auprès de la jeunesse. Elle lui verse chaque année une subvention de 5.000 euros et met du matériel à sa disposition. « Nous n’avons pas d’animateurs municipaux. L’association est un complément indispensable à nos services et c’est un souffle d’air frais pour nous », souligne Faidine Combo, adjoint au maire chargé des Affaires scolaires et de la réussite éducative.
La visite du préfet de Mayotte, Frédéric Poisot, accompagné de plusieurs partenaires institutionnels, est venue mettre en lumière ce travail. « C’est une récompense pour tout ce que vous faites depuis 2015 », a déclaré Faidine Combo.
Donner une place aux jeunes

Le préfet a notamment salué la place accordée aux jeunes au sein de l’association. Certains participent dès 16 ou 17 ans à son conseil d’administration, une manière de les faire passer du statut de bénéficiaires à celui d’acteurs de la structure.
« Il faut offrir aux jeunes la possibilité de se dépenser et d’apprendre pour éviter de tomber dans des comportements qu’on ne souhaite pas voir. Tout le travail qui est fait ici permet de les réduire », a insisté le préfet, promettant de continuer à soutenir l’association.
Car les « quartiers d’été » ne s’arrêtent pas au sport et aux loisirs. Tout au long de l’année, l’association Jardin mène aussi des actions de sensibilisation à la préservation de l’eau, des rivières et aux écogestes dans les écoles. « On essaie de participer au développement de notre île », résume Moussa Nassim.
Joséphine Puig


