Les syndicats des enseignants et celui du personnel administratif (SNEUC-SNIATOS) annoncent « une trêve » jusqu’en septembre pour éviter une paralysie longue et compromettante aux étudiants. Les arriérés de salaires, la mise en place des organes de l’Université prévus dans la loi d’orientation sur l’enseignement supérieur ainsi que les réformes afférentes sont au cœur des revendications des deux structures.

Comores : Deux syndicats annoncent la fin de la grève à l’Université

Les syndicats des enseignants et celui du personnel administratif (SNEUC-SNIATOS) annoncent « une trêve » jusqu’en septembre pour éviter une paralysie longue et compromettante aux étudiants. Les arriérés de salaires, la mise en place des organes de l’Université prévus dans la loi d’orientation sur l’enseignement supérieur ainsi que les réformes afférentes sont au cœur des revendications des deux structures.

Les deux principaux syndicats de l’Université des Comores annoncent la fin de la grève déclenchée depuis le 27 juin dernier et qui a paralysé l’institution toujours administrée par une équipe transitoire depuis plus de quatre ans. Le principal établissement d’enseignement supérieur de l’archipel vivait jusqu’ici au ralenti à cause de cette grève qui avait mobilisé non seulement les enseignants mais aussi le personnel administratif tous statuts confondus.

Une suspension provisoire de la grève

Les grévistes ont décidé de mettre fin « provisoirement » à la grève après une réunion de concertation qui a eu lieu ce lundi 29 juillet à Moroni. « Le SNEUC et le SNIATOS appellent ses membres à reprendre leurs activités académiques, pédagogiques et administratives dès demain 30 juillet 2024 », peut-on lire dans un procès-verbal signé par les responsables des deux syndicats. Les grévistes avaient émis deux principales doléances : l’apurement des arriérés de salaires et la mise en place des organes prévus par la nouvelle loi portant organisation de l’enseignement supérieur.

Les autorités comoriennes ont fini par payer les arriérés de salaires après trois semaines de paralysie et convoqué le Conseil d’administration, censé se prononcer en délibération sur les modalités de mise en place des différents organes de l’université. Deux mesures qui ont pesé dans la décision des syndicalistes « vu que les deux mois d’arriérés de salaires sont déjà payés et vu que le ministre de l’Education nationale a convoqué le Conseil d’administration de l’UDC, le 3 août 2024 », toujours selon le procès-verbal.

Un site abritant deux facultés toujours en haut de la capitale

Les risques d’un boycott de la rentrée universitaire

Pour autant, les deux syndicats parlent « d’une trêve » pour ne pas pénaliser les étudiants qui ont vu les sessions de rattrapage compromises par ce mouvement de débrayage. Les examens de la deuxième session n’ont pas été organisés. Mais l’administration provisoire dit prendre des dispositions « pour rattraper le temps perdu et être dans les délais avant les préparatifs de la rentrée académique 2024-2025 », selon son chef Dr Ibouroi Ali Tabibou qui a salué hier « la sagesse » manifestée par les deux syndicats.

Les chefs syndicaux demandent à l’administration universitaire et au gouvernement d’honorer leurs engagements à défaut de quoi ils n’excluent pas de boycotter la prochaine rentrée universitaire. « La réunion décide d’observer une trêve de la grève jusqu’au 10 septembre 2024 sous conditions : le paiement régulier de nos salaires, le respect strict de la feuille de route sur la régularisation institutionnelle de l’UDC jusqu’à la rentrée universitaire 2024-2025 », souligne encore le procès-verbal.

Créée en 2003 par le président Azali Assoumani, sous son premier mandat, l’Université des Comores a vu ses ressources financières s’éroder malgré une hausse quasi régulière de ses dépenses. Un déséquilibre financier qui complique le fonctionnement d’une institution devenue budgétivore au fil des années en raison de la multiplication de ses effectifs qui passent de 1.700 en 2003 à 14.000 en 2023. La baisse ordonnée, en 2018, des frais des étudiants par l’actuel président a encore compliqué la situation financière de l’établissement, entrainant, de facto, des gaps énormes à combler, en grande partie à l’origine des arriérés de paiement à chaque fin du mois.

A.S.Kemba, Moroni

Partagez l'article :

spot_imgspot_img

Les plus lus

Publications Similaires
SIMILAIRES

Sur l’île, le diabète progresse et touche des patients de plus en plus jeunes

La Semaine de la sécurité des patients s’illustre autour « Des soins sûrs à vie ! ». C’est au diabète que le Centre Hospitalier de Mayotte a consacré la matinée de ce mercredi. L'association Rédiab Yy lang, était sur place pour échanger avec le public sur la maladie, son dépistage et surtout le suivi à long terme

Comores : 147 migrants interceptés finalement renvoyés au large de l’archipel

Les autorités de l’archipel ont pris une mesure d’éloignement « pour cause de risque sanitaire », selon la Brigade mixte mise en place pour réprimer le fléau du trafic de migrants. Les personnes sont de nationalité burundaise, congolaise et tanzanienne et souhaitaient rejoindre Mayotte

Dérèglement climatique : Les collectivités mahoraises se mobilisent à Coconi

Face à la multiplication des aléas météorologiques et aux leçons tirées des crises récentes, la délégation Mayotte du Centre national de la fonction publique territoriale, l’Université de Mayotte et l’Association française pour la prévention des catastrophes naturelles et technologiques ont réuni, ce mercredi 16 septembre 2026 au Pôle d’excellence rurale de Coconi, une centaine d’acteurs institutionnels et associatifs

« Parfois, on se sent impuissants mais on fait de notre mieux » : à Mayotte, les travailleurs sociaux au plus près des vies en suspens

Dans le centre de rétention administrative, les commissariats, les familles d'accueil ou auprès des mineurs isolés, les équipes de Mlezi Maoré interviennent là où les parcours se brisent. Un travail discret, souvent méconnu, au coeur des situations les plus fragiles de l'île.