C’est un projet d’envergure qui a été lancé en 2015, et qui se voulant emblématique du territoire en a épousé les particularités. Il aura pendant un temps drainé les jeunes du village autour d’un Faré pédagogique inédit, et c’est maintenant ses 4 hectares qui attendent d’être aménagés.

Première pierre symbolique des difficultés à surmonter pour le lycée de Longoni

C’est un projet d’envergure qui a été lancé en 2015, et qui se voulant emblématique du territoire en a épousé les particularités. Il aura pendant un temps drainé les jeunes du village autour d’un Faré pédagogique inédit, et c’est maintenant ses 4 hectares qui attendent d’être aménagés.

« Vous voyez cette bute, et bien une maison des lycéens y trônera et l’ensemble des bâtiments du lycée seront assemblés autour, reliés par une grande coursive en bois », indiquent les 4 architectes du projet, dont Encore Heureux et Co-Architectes, qui ont obtenu cette année un Prix national de la construction bois pour le Faré du futur lycée du bâtiment de Longoni. Au total, 70 professionnels représentant 20 entreprises ont travaillé sur la conception du lycée.

Elle a tardé à être posée cette première pierre en Brique de Terre Compressée (BTC). Et le recteur en donnait quelques raisons : « Des freins qu’on peut retrouver en métropole, comme une canalisation d’eau potable qu’il faut détourner, une Station d’épuration qu’il faut agrandir, les vestiges d’une usine sucrière que l’on va mettre en valeur… Nous avons fait de ces freins des leviers de coopération. » Une maxime chez ce recteur. Sur le dernier obstacle et non des moindres puisque judiciaire, l’un des 30 lots devra être reformulé puisque attaqué par 3 entreprises déboutées lors de l’attribution du marché.

Le va-et-vient des camions a commencé depuis plusieurs mois déjà sur site

« Un projet à 100.000 briques »

Un « projet à 100.000 briques », ironisera Gilles Halbout avant de poser la première, qui sera vraisemblablement suivie par d’autres rapidement, « on me souffle dans l’oreillette que les premières plaques de béton arrivent, pour une première livraison de bâtiment en 2024. » Il faut dire que le chantier est d’envergure, puisque le lycée s’étale sur 6 ha, « dont 4 de surface utile », soit 20.000m2 de bâtiments et autant pour les espaces verts.

Le lycée qui accueillera 1.800 élèves, proposera des filières générales, techniques et professionnelles, « et je rappelle que la voie professionnelle est une voie d’excellence ». Il sera intégré dans l’aménagement d’un nouveau quartier porté par la commune de Koungou et l’Établissement Public Foncier et d’Aménagement de Mayotte (EPFAM). Conçues comme des équipements indépendants, ses installations sportives et culturelles seront ouvertes aux riverains. L’encadrement sera assuré par 190 enseignants et 500 personnels administratifs et techniques, pour lesquels la commune de Koungou devra construire des logements.

Lancement de trois collèges ou lycées par an

Les quatre architectes du projet

Ce qui apparaît comme un gros lycée pour la métropole est déjà une taille moyenne pour Mayotte, « dans l’objectif de faire de l’éducation une priorité sur un territoire où la moitié de la population est mineure, c’est une première tentative de diminuer la densification des établissements », soufflera le représentant de l’Education nationale qui informe que « tous les 4 mois Mayotte devrait accueillir des premières pierres de collèges et lycée. »

Embrayant dans la même logique d’investissements pour le territoire, le préfet Thierry Suquet indiquait qu’au contrat de convergence de 1,6 milliard d’euros allait succéder le Contrat de plan sur 5 ans « d’un même montant », avec des aménagements de taille au programme et qui vont rapidement grignoter le budget et ne pourront donc pas tous être menés à terme sur le même contrat : « Sont prévus la piste longue, le 2ème hôpital de Combani, la Cité judiciaire, la 2ème prison, les investissements routiers. » Le préfet faisait néanmoins référence au climat d’insécurité, « et ici vous êtes bien placés pour le savoir où des bus ont été caillassés », et le répétait « si les jeunes ne vont pas à l’école pour une raison ou pour une autre, ils iront nourrir les bandes ».

Production d’une brique de terre compressée par les lycéens de Doumogne

Géomètres, topographes, assistants d’architecte, métiers du froid et des énergies renouvelables… un grand nombre de formations seront proposées au sein de ce lycée des métiers du bâtiment à Longoni.

Pour conclure cette inauguration, les jeunes du lycée du bâtiment de Dzoumogne, qui basculeront ensuite à Longoni, ont fabriqué des briques de terre compressées, « on peut en produire 500 par jour ! »

Anne Perzo-Lafond

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