Les circonstances de la défenestration d’une femme comorienne de 38 ans à Toulon dans le Var avec ses trois enfants en bas âges sont en grande partie liées à son état de santé. Un rapport d’enquête est en cours, selon le préfet du Var, Simon Babre, pour déterminer avec précision les causes ayant poussé cette jeune femme à se donner la mort. Des analyses toxicologiques et deux autopsies viennent d’être procédées, selon le journal Nice Matin, pour éclairer les enquêteurs dans leurs investigations.
Un homme activement recherché par la police

Selon la presse locale, le geste suicidaire pourrait avoir un lien avec une rupture de son traitement. « La mère de famille sortait d’un hôpital psychiatrique et était en rupture de traitement », écrivent nos confères Var-Matin qui conforte les déclarations du préfet. Ce dernier a écarté l’hypothèse d’un cambriolage ou d’une quelconque activité au sein de la maison pouvant justifier un suicide forcé par défenestration. « Aucun élément ne permet pour le moment d’impliquer l’intervention d’un tiers dans ce drame », réitère encore Raphaël Balland, le procureur de la République de Toulon, cité par Le Figaro.
La femme était tombée dans la dépression ces dernières années vraisemblablement à cause de deux ruptures amoureuses dont une à Mayotte entamée en 2009 et une autre avec « un autre homme activement recherché » par la police, d’après Nice Matin. « Le père des aînés a été entendu mercredi matin par les enquêteurs, mais le second, domicilié à Marseille et souffrant d’alcoolisme selon nos informations, serait toujours recherché par les autorités », ajoute Le Figaro. « La famille était inconnue du parquet en l’absence de tout signalement concernant d’éventuelles difficultés sociales ou familiales », ajoute encore Raphaël Balland.
La précarité des familles comoriennes en France

Une amie intime qui avait hébergé la victime à Marseille a fait état de sa « peur » et de sa « posture » suicidaire. Les deux ruptures amoureuses, la charge de sept enfants et le manque d’alternatives pour subvenir aux besoins de ses progénitures ont sans doute entrainé cette dépression. « Elle ne parvenait pas à nourrir sa famille », témoigne cette amie, citée par le journal Le Parisien. Un fait regretté et relayé par Le Figaro. « La responsable de l’association « Bébés et Familles » qui intervient auprès des mamans du quartier Pontcarral de Toulon (Var) est plongée dans une profonde introspection », et « de la colère, aussi », écrit le journal sur son site internet. La femme, détentrice d’une carte de séjour, n’avait-elle pas les moyens pour bénéficier des soins appropriés ou elle a volontairement cessé de se rendre à l’hôpital psychiatrique ? Difficile de fournir une réponse.
Aux Comores, une émotion a envahi l’opinion après le geste de cette mère de famille. L’histoire met en avant les conditions de vie difficiles et la situation de précarité dont font face les femmes de la diaspora. Le leader du parti Ridja, l’avocat franco-comorien, Said Larifou va dans le même sens, appelant à « des mesures collectives » pour faire face à la précarité de nombreuses familles comoriennes vivant en France. « Beaucoup disent penser avant tout aux proches de cette famille brutalement endeuillée parlant d’une tragédie qui nous bouleverse tous invitant chacun à prier pour les victimes », souligne le média comorien Al-watwan. Une grande prière est prévue dans sa localité d’Inané (Grande-Comores), selon le maire de la commune.
A.S.Kemba


