Porté par le Conseil départemental, la Chambre de Commerce et d’Industrie de Mayotte ainsi que par l’Union européenne, dans le cadre de son programme Interreg, le multilab de Dembéni est prévu à l’horizon 2025. Cette infrastructure entend résorber les lacunes actuelles des équipements existants, tout en participant au rayonnement de Mayotte dans l’océan Indien.

Multilab de Dembéni : un équipement ambitieux pour soutenir le développement de Mayotte

Porté par le Conseil départemental, la Chambre de Commerce et d’Industrie de Mayotte ainsi que par l’Union européenne, dans le cadre de son programme Interreg, le multilab de Dembéni est prévu à l’horizon 2025. Cette infrastructure entend résorber les lacunes actuelles des équipements existants, tout en participant au rayonnement de Mayotte dans l’océan Indien.

« On se doit d’assumer une certaine responsabilité vis-à-vis des consommateurs ». Les propos de Madi Tamine, actuel directeur du laboratoire vétérinaire et d’analyses départemental, donnent le « la » sur le futur projet de construction du multilab à Dembéni. Si cette infrastructure n’est prévue qu’à l’horizon 2024-2025, le projet n’étant qu’à ses prémisses, sa finalisation est attendue avec impatience par les acteurs du territoire.

Un équipement existant sous-dimensionné

Un équipement indispensable pour le développement du département

Ce nouvel équipement répond aux sous-dimensionnements des infrastructures actuelles d’analyses. « Avec la décentralisation de 2004, le laboratoire des Services Vétérinaires de Mayotte est devenu Laboratoire Vétérinaire et d’Analyses Départemental de Mayotte, explique le directeur. Ses compétences se sont étendues aux domaines de l’hygiène alimentaire, la santé animale ainsi que l’analyse de l’eau, sans que les locaux soient adaptés à ses nouvelles missions ».

Un espace « sous-dimensionné » souligne Nadine Hadifou, secrétaire à la Chambre d’Industrie et de Commerce de Mayotte et présidente de la SASU Technopole. Ce manque d’espace est, en outre, couplé à « une lacune réglementaire » puisqu’en « l’absence d’accréditation nous ne sommes pas habilités à certaines procédures d’analyses », concède le directeur. Cette situation renforce la dépendance de Mayotte à l’égard des laboratoires de La Réunion ou de l’Hexagone.

Sécurité du consommateur et développement de l’île

Un contexte qui explique l’impérieuse nécessité, pour soutenir le développement de Mayotte, d’ériger un laboratoire d’envergure conforme à la réglementation. Plusieurs objectifs lui sont dévolus. Afin de répondre aux exigences réglementaires des activités économiques, le multilab de Dembéni aura l’accréditation COFRAC (Comité Français d’Accréditation) évaluant « la compétence et l’impartialité des laboratoires ». Le multilab pourra ainsi approfondir ses démarches d’analyses dans le domaine des eaux, de la sécurité alimentaire, la santé animale ainsi que l’environnement dans la conformité de la réglementation en vigueur. « La traçabilité des produits sera ainsi plus rigoureuse », se réjouit Latufa Youssouf, responsable PAPAM (Plantes à Parfums, Aromatiques et Médicinales).

Vue plongeante sur le multilab depuis la technopole de Dembéni

Dans son accompagnement au développement des filières économiques et la production locale, l’établissement sera doté, entre autres, d’une cellule « Recherche et Développement, d’une ingénierie analytique, d’une halle de transfert technologique pour que les industriels puissent tester leurs produits », précise Latufa Youssouf. Elle poursuit, « la partie du laboratoire dédiée aux travaux publics permettra aux entreprises du bâtiment de tester leurs matériaux afin de respecter les exigences en matière de transition écologique ».

Faire de Mayotte un « hub » technologique

« Le laboratoire va permettre d’accroître la coopération interrégionale avec Madagascar et les Comores ce

qui explique en partie le financement de l’infrastructure par le programme européen Interreg », précise Nadine Hafidou. Une démarche qui répond à l’objectif d’accompagnement dans le développement des filières économiques et la production locale, ainsi que l’accès aux marchés internationaux, tout en faisant de Mayotte un « hub » technologique dans le bassin régional. La responsable PAPAM, abonde « les entreprises de l’océan Indien pourront faire appel au laboratoire pour la mise en conformité de leurs produits ».

Madi Tamine tient à souligner « à Mayotte on a une filière maritime porteuse d’emplois. Accompagner son développement permettra d’exporter au niveau européen les produits de la mer directement transformés sur le territoire ». Néanmoins, le directeur souhaite lever toutes formes de spéculation concernant l’aire de compétences du multilab, « ce laboratoire n’est pas destiné à l’analyse médicale à destination des humains ».

Une forte interaction avec la technopole de Dembéni

Une proximité avec la technopole afin de faciliter les interactions entre les deux structures

Si le développement économique de Mayotte est en ligne de mire de ce projet, le multilab ambitionne également de participer au développement de l’enseignement. « La structure est indépendante du technopole de Dembéni mais des interactions sont à prévoir entre les deux équipements », témoigne la présidente de la SASU Technopole. La proximité avec le Centre universitaire de formation et de recherche de Mayotte favorisera également les synergies et participera à la formation de la jeunesse mahoraise. « Le multilab constituera la partie technique du technopole », précise la responsable PAPAM.

Une infrastructure résolument ambitieuse pour le territoire

Le laboratoire se veut également ancré dans les exigences environnementales de notre époque. « Des panneaux solaires sont prévus sur la toiture afin de limiter la consommation électrique. Des cuves de récupération d’eau de pluie vont être installées pour absorber une partie de nos besoins et faire face aux coupures d’eau. Le but est de limiter le plus possible l’empreinte écologique du bâtiment », détaille Nadine Hafidou.

En somme, une infrastructure ambitieuse qui entend répondre aux exigences de développement économique de Mayotte, assurer la sécurité du consommateur, tout en participant au rayonnement du territoire dans l’océan Indien. Pour l’heure, le commencement des travaux est envisagé pour début 2023.

Pierre Mouysset

Partagez l'article :

spot_imgspot_img

Les plus lus

Publications Similaires
SIMILAIRES

Élections municipales de Mamoudzou : la justice décide qu’il n’y aura pas de nouveau scrutin

Le tribunal administratif de Mayotte entérine le score de la liste d’Ambdilwahedou Soumaïla au premier tour des élections municipales de Mamoudzou. Ce mardi 15 septembre, il donne en partie raison au requérant, Ahamada Haribou (arrivé deuxième), en retranchant 104 voix litigieuses.

Des parents d’élèves demandent le départ de la rectrice : « Si elle ne s’occupe pas de nous, elle doit démissionner »

Le lycée de la Cité du Nord entame ce lundi 14 septembre sa troisième semaine de blocage. Près de 180 parents, enseignants et représentants syndicaux se sont réunis devant l'établissement scolaire. La mobilisation des parents prend de l'ampleur, tandis qu'aucune rencontre avec la rectrice ou une délégation du rectorat n'était encore confirmée dans la matinée.

« Le CHM brille par son silence » : les brancardiers et ambulanciers en grève à Mayotte

Plus d'une vingtaine de brancardiers et ambulanciers du CHM sont en grève depuis lundi matin à Mamoudzou. Heures supplémentaires contestées, manque d'effectifs, missions SMUR et interventions à la morgue, les agents dénoncent une accumulation de difficultés et réclament des réponses de la direction.

Environnement : Plus de 41 000 euros attribués à trois projets écologiques à Mayotte

L'Office français de la biodiversité (OFB) a dévoilé les lauréats de la seizième édition de son programme de financement TeMeUm (Terres et Mers Ultramarins). Au total, trois projets mahorais d'initiatives locales, associatives et écologiques vont donc se partager une enveloppe de 41.550 euros.