Hygiène, ponctualité, secret médical et réussite. Ce sont les mots d’ordres donnés aux 204 étudiants qui ont fait leur rentrée à l’Institut des études de santé (IES) de Mayotte. « C’est des règles imposées par la profession et il faut les respecter pour persévérer dans le secteur de la santé », rappelle, Aynoudine Salime, directeur des soins au CHM, devant les étudiants.
Cette nouvelle année commence avec une augmentation importante des effectifs, ils sont désormais 70 à intégrer la première année en soins infirmiers contre 37 l’année dernière. « Avec l’ARS et l’Assemblée de Mayotte, on s’est posé pour réfléchir au développement de l’offre de la formation au niveau du besoin sur le territoire », explique Samianti Kalame Soilihe, directrice des soins et coordinatrices.
Il y’a également, 37 étudiants en deuxième et troisième année pour les infirmiers. À cela s’ajoutent 17 étudiants puériculteurs ainsi que 13 étudiants infirmiers de bloc opératoire (IBODE).
Une proximité à préserver

Avec une quinzaine de formateurs, pour les différentes filières, l’Institut veut pouvoir suivre ses étudiants au plus près, notamment les petits nouveaux. « Quand ils arrivent en première année, ils ne savent pas ce qui les attend », confie la directrice. La taille de l’établissement permet justement de garder un contact direct et d’éviter les abandons fréquents dans les plus grands instituts.
Cet accompagnement se poursuit aussi en dehors des cours. Des salles restent à disposition pendant la journée pour les étudiants qui souhaitent s’isoler et réviser, et un dispositif existe également le samedi matin pour ceux qui ont besoin de renforcer leur niveau.
Mais cette accompagnement de près ne signifie pas pour autant que la formation sera moins exigeante. Au contraire, la direction souhaite maintenir ses critères malgré l’augmentation des effectifs. L’IES affiche un taux de réussite supérieur à 90%, avec 94% de réussite pour les étudiants diplômés en juillet dernier.
« L’objectif c’est 100 % de diplômés dans trois ans », lance la directrice aux nouvelles recrues en première année.
Des étudiants formés à Mayotte et ailleurs
Cette rentrée dépasse les frontières de l’île, au total, c’est 250 étudiants mahorais qui commencent cette année leur première année en soins infirmiers. En plus de ceux présents sur le territoire, 180 autres sont répartis dans plusieurs villes de l’Hexagone, comme Le Havre ou encore Nîmes.

Pour ceux qui restent sur l’île, pouvoir se former ici représente donc un choix important. C’est notamment le cas de Shamia Nelly, qui vient d’intégrer la classe d’infirmière. La Mahoraise a grandi dans cet univers, avec des parents qui travaillent dans le domaine de la santé depuis plusieurs années. Pourtant, devenir infirmière n’a pas toujours été son projet : « ma mère m’a proposé plusieurs fois de m’inscrire après le bac. Je disais non, au bout de cinq ans, c’est là que ça a commencé à m’attirer », raconte l’étudiante.
Aujourd’hui, elle se dit surtout impatiente de commencer cette nouvelle étape. Et le fait de pouvoir suivre sa formation à Mayotte est pour elle un vrai avantage. « Ici j’ai le soutien de ma famille. Et je pense que ça sera plus simple après pour m’insérer professionnellement ».
Le retour des auxiliaires de puériculture
Autre nouveauté cette année : la formation d’auxiliaire de puériculture fait son retour, après plus de six ans d’interruption, avec une première promotion de 30 élèves. Là encore, cette réouverture répond à un besoin identifié sur le territoire, cette fois autour de la petite enfance. « C’est une école qui existe depuis des années, mais qui a été mise en stand-by puisque le besoin ne se faisait pas sentir », explique la directrice.

Cette nouvelle promotion arrive aussi avec de bons résultats au concours d’entrée, avant de se lancer dans les mois de formation qui l’attendent. « Il y a eu d’excellentes notes, ça fait plaisir de mettre des visages sur les noms », souligne Samianti Kalame Soilihe. Parmi les 30 élèves, un seul garçon, une particularité relevée au moment de les accueillir. « On vous attend dans 11 mois tous diplômés, ça va passer vite ! ».
Cette hausse des capacités intervient alors que l’intérêt pour les métiers de la santé progresse également. L’IES avait enregistré environ 900 candidats sur Parcoursup l’an dernier, cette année ils étaient 1.400.
Et si les besoins sont aujourd’hui particulièrement importants dans certains secteurs, ils devraient continuer à évoluer. « Le besoin il est là et il sera toujours là », estime la directrice, qui rappelle que Mayotte est un territoire jeune, mais que la question du vieillissement de la population va progressivement devenir plus importante.
Pour cette nouvelle année scolaire, l’établissement entend donc former davantage sans perdre sa proximité avec les étudiants, avec un cap fixé par Samianti Kalame Soilihe : « L’IES Mayotte doit briller ».
Shanyce MATHIAS ALI.


