Le mouvement de grève des agents de l’ARS Mayotte, porté par la CFDT et la CGT, est entré dans sa phase active vendredi 28 août au matin. Après le dépôt du préavis la veille, en pleine visite ministérielle, la direction générale assure vouloir poursuivre le dialogue avec les représentants du personnel et rechercher des solutions aux difficultés soulevées.

Grève à l’ARS Mayotte : la direction se veut ouverte au dialogue face aux revendications syndicales

Le mouvement de grève des agents de l’ARS Mayotte, porté par la CFDT et la CGT, est entré dans sa phase active vendredi 28 août au matin. Après le dépôt du préavis la veille, en pleine visite ministérielle, la direction générale assure vouloir poursuivre le dialogue avec les représentants du personnel et rechercher des solutions aux difficultés soulevées.

À l’Agence régionale de santé (ARS) de Mayotte, une grève a officiellement débuté jeudi 27 août, mais c’est surtout vendredi que le mouvement s’est fait sentir. Sans que l’ensemble du personnel soit en grève, la mobilisation de la CFDT et de la CGT intervient alors que les syndicats dénoncent la dégradation des conditions de travail et la gestion des ressources humaines, tandis que la direction se dit prête à poursuivre le dialogue.

Une agence au ralenti

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La direction de l’ARS Mayotte dit rester « pleinement attentive » aux revendications des syndicats et se déclare disposée à poursuivre les discussions pour tenter de trouver des « solutions concrètes et partagées », dans un souci d’apaisement.

Vendredi, l’ARS Mayotte tournait légèrement au ralenti. Les locaux, habituellement animés, étaient nettement plus calmes et largement désertés, alors que le mouvement de grève lancé par la CFDT et la CGT était entré dans sa phase concrète. Si tous les agents ne participent pas au mouvement, la mobilisation se traduit par une présence réduite dans les services.

À travers cette mobilisation, les syndicats dénoncent une dégradation des conditions de travail et remettent en cause la gestion des ressources humaines de l’agence depuis l’année 2025. Dans leur préavis, ils évoquent notamment un gel des postes, une surcharge de travail, un manque de moyens et des conditions de sécurité jugées insuffisantes.

La CFDT et la CGT contestent également la gouvernance de l’ARS et réclament notamment le départ de l’actuel secrétaire général, dont elles dénoncent la gestion, qu’elles estiment à l’origine d’une dégradation des conditions de travail et d’une rupture avec les agents. « Tant qu’il ne sera pas parti, on ne pourra pas avancer », nous confie un gréviste. Les syndicats considèrent ainsi son départ comme un préalable à l’apaisement du climat social au sein de l’agence.

Une direction qui privilégie le dialogue

Du côté de la direction générale de l’ARS, celle-ci a choisi de répondre au mouvement par l’ouverture. Jeudi, à notre rédaction, elle affirmait être « pleinement attentive aux préoccupations exprimées » par les représentants de la CFDT et de la CGT.

Elle assure également vouloir maintenir un « dialogue social constructif » et se dit disponible pour entendre les revendications, identifier les difficultés rencontrées et examiner les réponses pouvant être apportées. La direction souhaite que ces échanges se poursuivent dans un « climat d’écoute réciproque ». Elle affirme également vouloir maintenir un dialogue « régulier et transparent » sur les conditions de travail et d’exercice des agents.

Les points de tension restent nombreux

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En pleine épidémie de paludisme à Mayotte, les conséquences de ce mouvement de grève sur l’activité de l’ARS et la gestion de la crise sanitaire restent à ce stade inconnues.

Les revendications portées par l’intersyndicale ne se limitent pas aux tensions autour de la gouvernance de l’agence. Elles portent également sur l’égalité de traitement entre les agents, notamment en matière de contrats, de rémunération, d’opportunités professionnelles, de droits et de conditions de travail.

La CFDT et la CGT demandent aussi une amélioration de la qualité de vie au travail et des moyens supplémentaires, notamment humains, pour permettre à l’ARS d’assurer ses missions. Elles réclament enfin une revalorisation du taux d’indexation, au regard de l’attractivité de Mayotte, du coût de la vie et des conditions de travail. L’intersyndicale indique par ailleurs se réserver la possibilité de préciser ou de compléter ses revendications au cours du mouvement, en fonction de l’évolution de la situation et des négociations.

La direction affirme, elle, vouloir travailler à « l’apaisement de la situation » et à la recherche de solutions « concrètes et partagées ». Pour l’heure, la grève se poursuit dans une agence où le calme inhabituel des locaux vendredi a donné une première traduction visible au conflit social.

Mathilde Hangard

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