Après une menace de mort visant Saïrati Assimakou, fondatrice de l’association Souboutou Ouhédzé Jilaho, une pétition demande aux institutions de Mayotte de mieux protéger les femmes victimes de cyberviolences et de mieux coordonner leur prise en charge.

« Souboutou Ouhédzé Jilaho » demande une réponse publique face aux cyberviolences sexistes

Après une menace de mort visant Saïrati Assimakou, fondatrice de l’association Souboutou Ouhédzé Jilaho, une pétition demande aux institutions de Mayotte de mieux protéger les femmes victimes de cyberviolences et de mieux coordonner leur prise en charge.

Depuis plusieurs années, Saïrati Assimakou, militante féministe engagée contre l’inceste et les violences sexuelles, dit faire l’objet de cyberviolences répétées. Le 13 août dernier, après avoir rendu publics des messages privés à caractère sexiste, sexuel et grossophobe envoyés par un homme, elle a reçu une menace de mort et a fini par déposer plainte.

Pour l’association Souboutou Ouhédzé Jilaho, cette affaire dépasse le seul cas de sa fondatrice, car les femmes qui prennent la parole sur les violences sexuelles peuvent à leur tour être insultées, harcelées ou menacées, avec pour effet de les intimider et de les pousser au silence. « Les femmes ne doivent pas avoir à choisir entre prendre la parole et rester en sécurité », affirme l’association.

Une pétition « pour une réponse publique »

Sexisme, Interstats, mnistère de l'Intérieur, CVS, Mayotte
86 % des victimes de violences sexistes sont des femmes

Une pétition intitulée « Protéger celles qui parlent : pour une réponse publique contre les cyberviolences sexistes et sexuelles à Mayotte » a donc été lancée. Elle demande notamment que les menaces visant Saïrati Assimakou soient prises au sérieux, qu’une évaluation du danger soit réalisée et que des mesures de protection adaptées puissent être mises en place.

À plus long terme, l’association souhaite réunir les collectivités, les services de l’État, la justice, les forces de sécurité, les acteurs de la santé et du social, l’Éducation nationale, les associations, ainsi que les parlementaires afin de travailler sur une réponse commune.

Elle propose notamment un accompagnement juridique, psychologique, social et numérique des victimes, une meilleure prise en compte des plaintes et signalements, la formation des professionnels et des actions de prévention auprès des plus jeunes.

Avec cette mobilisation, la structure souhaite que les pouvoirs publics prennent davantage en compte les cyberviolences sexistes et sexuelles et mettent en place une réponse commune sur l’île.

Shanyce MATHIAS ALI.

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