Dans un communiqué, les parents d’élève de Mzouazia ont indiqué, ce mardi 18 aout, se mettre en grève pour la rentrée scolaire, afin dénoncer le manque de solutions pérennes apporté à la surpopulation des classes.

École de Mzouazia : les parents d’élèves en grève à la rentrée

Dans un communiqué, les parents d’élève de Mzouazia ont indiqué, ce mardi 18 aout, se mettre en grève pour la rentrée scolaire, afin dénoncer le manque de solutions pérennes apporté à la surpopulation des classes.

Classes surchargées, école en zone inondable, manque de solutions, voilà à quoi sont confrontés les enfants de l’école primaire et maternelle de Mzouazia. Ce lundi 17 août, une réunion de crise entre le rectorat, la mairie et les parents d’élèves a été organisée pour répondre à ces problématiques. « L’année dernière, certaines classes comprenaient plus de 34 élèves pour un enseignant », s’offusque Fatou Hamada, maman d’un enfant qui rentrera en grande section. Pour manifester leur mécontentement, les parents d’élèves ont décidé de maintenir leur mouvement de grève pour la rentrée scolaire prévue le 24 août.

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Selon les parents d’élèves, les enfants sont accueillis dans des conditions très dégradées, mettant en péril leur santé, leur sécurité et la poursuite de leur scolarité.

« Nous avons déjà proposé quatre solutions, dont l’aménagement des deux préaux pour en faire des salles de classe, mais personne ne nous écoute. On ne peut pas continuer à laisser nos enfants dans la misère scolaire », insiste-t-elle. Fatou Hamada affirme ainsi « qu’aucun enfant n’ira à l’école tant qu’aucune décision concrète ne sera prise ».

Le constat ne date pas d’hier. « Depuis 2019, nous alertons sur cette croissance démographique. Nous avons proposé la construction d’une nouvelle école, mais la DEALM nous explique que c’est impossible car le terrain est inondable ». Cette mère de famille de 39 ans déplore des arguments à géométrie variable. « L’école de Mzouazia se situe déjà sur une zone inondable et cela ne dérange pas les pouvoirs publics que nos enfants y soient accueillis ».

Une cohabitation difficile et des grandes sections sacrifiées

La situation est devenue particulièrement critique pour les élèves de grande section. Au total, 59 enfants et 6 élèves sur liste d’attente ne disposent d’aucun espace dédié pour cette rentrée. Les établissements de Mzouazia doivent absorber à eux seuls les enfants de trois villages : Mzouazia, Majimeouni et Mbouanatsa. Pour libérer de l’espace, le réfectoire de l’école maternelle a été transformé en salle de classe, obligeant les tout-petits à manger dehors. Les grandes sections, quant à elles, ont été transférées au sein de l’école élémentaire.

« Ces enfants subissent depuis 2018 une situation intenable. Ils se retrouvent avec les grands et sont isolés durant les récréations pour éviter d’être bousculés », dénonce Fatou Hamada. Elle rappelle également l’incohérence du dispositif. « Nous sommes pourtant en réseau d’éducation prioritaire (REP), où les classes de CP et CE1 sont dédoublées. Le niveau scolaire de nos enfants chute à cause de ces inégalités », déplore-t-elle.

Des promesses d’Algécos repoussées à janvier

Mayotte, chambre d'appel de Mamoudzou,
Face à ce blocage, la municipalité a avancé l’installation de deux classes modulaires de type Algéco.(Illustration). Mathilde Hangard / JDM.

Face à ce blocage, la municipalité a avancé l’installation de deux classes modulaires de type Algéco. Mais le projet patine en raison du classement du terrain en zone inondable par les services de l’État. Lors des échanges, la mairie a évoqué une mise en service qui pourrait attendre le mois de janvier prochain. Une perspective jugée inacceptable par le collectif de parents, qui demande ce que feront les élèves d’ici là. Les délégués exigent des solutions immédiates et moins coûteuses, comme la fermeture des préaux par un bardage et des baies vitrées. Ils préviennent que si les autorités maintiennent une rentrée en janvier pour les Algécos, l’école restera fermée jusqu’en janvier pour tous les niveaux, de la petite section au CM2. 

Un écho direct avec les alertes de la FCPE Mayotte

Ce bras de fer local reflète une crise structurelle généralisée sur tout le territoire mahorais. À long terme, les familles réclament la construction rapide d’un nouvel établissement (T10) à Majimeouni. Cette exaspération rejoint la démarche nationale portée cette semaine par la FCPE Mayotte.

Dans une lettre ouverte adressée au Premier ministre, la fédération de parents d’élèves dénonce les retards persistants de la reconstruction scolaire après le passage du cyclone Chido et de la tempête Dikeledi.

Dans une lettre ouverte adressée au Premier ministre, Sébastien Lecornu, avant sa venue sur l’île, la fédération de parents d’élèves dénonce les retards persistants de la reconstruction scolaire après le passage de cyclone Chido et de la tempête Dikeledi. Sollicitant une audience à Matignon, la FCPE demande l’inscription dans le projet de loi de finances 2027 d’un plan national de rattrapage de 600 millions d’euros sur cinq ans pour construire des écoles et supprimer enfin les rotations scolaires.

À Mzouazia comme dans le reste du département, les familles refusent désormais les promesses sans lendemain et exigent des engagements fermes pour offrir aux enfants des conditions d’apprentissage dignes.

Léo Vignal

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