L’Éducation nationale particulièrement exposée

Mi-août, l’agence chargée de l’enseignement français à l’étranger, qui gère les lycées français à Madagascar, à Maurice, aux Comores et aux Seychelles, a confirmé une intrusion dans son réseau interne. Plus de 30.000 personnes seraient concernées : noms, fonctions, emails professionnels, établissements de rattachement. Les mots de passe ne sont pas touchés.
Fin juillet 2026, dans l’Éducation nationale, un troisième incident en quelques mois, visant cette fois les agents du ministère, avec un historique remontant jusqu’à 2001.
En avril 2026, c’est la plateforme ÉduConnect qui a été visée avec une fuite qui a touché 3,5 millions d’élèves partout en France (noms, identifiants, parfois mots de passe). Le Rectorat de La Réunion a lancé des actions de sensibilisation, sans pouvoir préciser combien d’élèves réunionnais sont concernés.
COMPAS et Cnous (mars 2026) : deux incidents distincts exposent 243.000 enseignants et personnels stagiaires, ainsi que 774.000 étudiants boursiers ou logés en résidence universitaire.
D’autres services du quotidien également visés

Il y a seulement quelques jours, c’est la Direction générale des Finances publiques (DGFIP) qui a été piratée. Un accès frauduleux a été confirmé, remontant à fin juin. Des données de contribuables et d’entreprises ont été consultées et extraites (identité, adresse, éléments fiscaux) — un service utilisé par tous les foyers fiscaux, y compris à La Réunion et à Mayotte. Les identifiants et mots de passe ne sont pas concernés. Près de 700.000 contribuables seraient concernés par cette fuite de données. Ils devraient en être informés dès ce lundi par la DGFiP. Ce samedi, la section cyber du parquet de Paris a annoncé avoir ouvert une enquête. Les investigations ont été confiées à l’Office anticybercriminalité (Ofac)
Le 11 août dernier, c’est Santé publique France qui a été la cible d’une cyberattaque avec le piratage d’une plateforme contenant des coordonnées (adresses, téléphones, emails) d’environ 80.000 personnes exposées à l’échelle nationale. Aucune donnée médicale n’est concernée.
Pris séparément, chacun de ces événements peut sembler limité. Mais une même personne peut apparaître dans plusieurs fuites à la fois : ses coordonnées de santé, ses informations fiscales, les données de son enfant scolarisé. En recoupant ces éléments, des personnes malveillantes peuvent reconstituer un profil complet et rendre leurs arnaques bien plus crédibles.
Concrètement, cela peut se traduire par :
– un email ou un SMS qui imite un établissement scolaire, l’administration fiscale, ou un organisme connu, mais qui est en réalité un piège ;
– l’usurpation de l’identité d’un adulte ou d’un enfant ;
– de fausses démarches liées à la rentrée (cantine, bourses, inscriptions) ou aux impôts.
Comment se protéger

– Ne jamais cliquer sur un lien reçu par email ou SMS sans être certain de l’expéditeur.
– Ne jamais communiquer un mot de passe, une pièce d’identité ou des coordonnées bancaires par email ou téléphone : aucune administration ne le demande de cette façon.
– Changer son mot de passe ÉduConnect ou Pronote s’il n’a pas été modifié depuis longtemps.
– Activer la double authentification quand elle est proposée.
– En cas de doute, contacter directement l’organisme concerné par ses canaux officiels, ou signaler la tentative sur 17Cyber ou Cybermalveillance.gouv.fr.


