À quelques jours de la rentrée, l'Observatoire de la Cybersécurité de l'Océan Indien (OCOI) alerte l'ensemble de la population — parents, élèves, étudiants, personnels de l'éducation, mais aussi tous les usagers de services publics — sur une série de cyberattaques ayant touché plusieurs administrations françaises ces dernières semaines.

Rentrée scolaire et vague de piratages : l’OCOI appelle à la vigilance

À quelques jours de la rentrée, l'Observatoire de la Cybersécurité de l'Océan Indien (OCOI) alerte l'ensemble de la population — parents, élèves, étudiants, personnels de l'éducation, mais aussi tous les usagers de services publics — sur une série de cyberattaques ayant touché plusieurs administrations françaises ces dernières semaines.

L’Éducation nationale particulièrement exposée

Cyberattaque, Antenne Réunion, La Réunion, NRJ, Mayotte, OCOI
L’OCOI est une association loi 1901 engagée pour une approche régionale, collaborative et inclusive de la cybersécurité. Elle œuvre à la sensibilisation des publics et des organisations.

Mi-août, l’agence chargée de l’enseignement français à l’étranger, qui gère les lycées français à Madagascar, à Maurice, aux Comores et aux Seychelles, a confirmé une intrusion dans son réseau interne. Plus de 30.000 personnes seraient concernées : noms, fonctions, emails professionnels, établissements de rattachement. Les mots de passe ne sont pas touchés.

Fin juillet 2026, dans l’Éducation nationale, un troisième incident en quelques mois, visant cette fois les agents du ministère, avec un historique remontant jusqu’à 2001.

En avril 2026, c’est la plateforme ÉduConnect qui a été visée avec une fuite qui a touché 3,5 millions d’élèves partout en France (noms, identifiants, parfois mots de passe). Le Rectorat de La Réunion a lancé des actions de sensibilisation, sans pouvoir préciser combien d’élèves réunionnais sont concernés.

COMPAS et Cnous (mars 2026) : deux incidents distincts exposent 243.000 enseignants et personnels stagiaires, ainsi que 774.000 étudiants boursiers ou logés en résidence universitaire.

D’autres services du quotidien également visés

Les services et renseignements des Finances Publiques sont disponibles via plusieurs canaux.

Il y a seulement quelques jours, c’est la Direction générale des Finances publiques (DGFIP) qui a été piratée. Un accès frauduleux a été confirmé, remontant à fin juin. Des données de contribuables et d’entreprises ont été consultées et extraites (identité, adresse, éléments fiscaux) — un service utilisé par tous les foyers fiscaux, y compris à La Réunion et à Mayotte. Les identifiants et mots de passe ne sont pas concernés. Près de 700.000 contribuables seraient concernés par cette fuite de données. Ils devraient en être informés dès ce lundi par la DGFiP. Ce samedi, la section cyber du parquet de Paris a annoncé avoir ouvert une enquête. Les investigations ont été confiées à l’Office anticybercriminalité (Ofac)

Le 11 août dernier, c’est Santé publique France qui a été la cible d’une cyberattaque avec le piratage d’une plateforme contenant des coordonnées (adresses, téléphones, emails) d’environ 80.000 personnes exposées à l’échelle nationale. Aucune donnée médicale n’est concernée.

Pris séparément, chacun de ces événements peut sembler limité. Mais une même personne peut apparaître dans plusieurs fuites à la fois : ses coordonnées de santé, ses informations fiscales, les données de son enfant scolarisé. En recoupant ces éléments, des personnes malveillantes peuvent reconstituer un profil complet et rendre leurs arnaques bien plus crédibles.

Concrètement, cela peut se traduire par :

– un email ou un SMS qui imite un établissement scolaire, l’administration fiscale, ou un organisme connu, mais qui est en réalité un piège ;

– l’usurpation de l’identité d’un adulte ou d’un enfant ;

– de fausses démarches liées à la rentrée (cantine, bourses, inscriptions) ou aux impôts.

Comment se protéger

En cas de doute, contacter directement l’organisme concerné par ses canaux officiels, ou signaler la tentative à la gendarmerie nationale. (© Gendarmerie Nationale)

– Ne jamais cliquer sur un lien reçu par email ou SMS sans être certain de l’expéditeur.

– Ne jamais communiquer un mot de passe, une pièce d’identité ou des coordonnées bancaires par email ou téléphone : aucune administration ne le demande de cette façon.

– Changer son mot de passe ÉduConnect ou Pronote s’il n’a pas été modifié depuis longtemps.

– Activer la double authentification quand elle est proposée.

– En cas de doute, contacter directement l’organisme concerné par ses canaux officiels, ou signaler la tentative sur 17Cyber ou Cybermalveillance.gouv.fr.

Partagez l'article :

spot_imgspot_img

Les plus lus

Publications Similaires
SIMILAIRES

Descente Sogea: un scooteriste pris en charge par le SAMU après un accident

Lundi, vers 13 heures, un accident de la circulation...

Concours de start-ups – Choose Outre-mer

Organisée par le Ministère des Outre-mer et inspirée du...

Les urgences des communes au cœur de la rentrée des maires

Réunis samedi dernier à l’hémicycle Bamana pour leur conférence de rentrée, les maires et présidents des Établissements publics de coopération intercommunale de Mayotte ont fait le point sur une rentrée scolaire encore marquée par le manque de places, des écoles en chantier et des établissements fermés, avant de revenir sur les difficultés de financement des communes et les priorités des prochaines semaines.

Université de Mayotte : Abal-Kassim Cheik Ahamed veut « être à la hauteur des attentes », sans fermer la porte à un nouveau mandat

Alors que l’Université de Mayotte entame une nouvelle année universitaire avec plus de 1 800 étudiants inscrits, son président, Abal-Kassim Cheik Ahamed, défend le rôle de l’établissement dans le développement du territoire. Formation des enseignants, ouverture de nouvelles filières, vie étudiante, recherche, ouverture régionale et avenir de l’Université : il revient sur les grands enjeux de son mandat.