L’Agence régionale de santé (ARS) de Mayotte a publié, ce mercredi 29 juillet, le quatrième volet de l’étude EpiMay 2025, consacré à la santé sexuelle. Réalisée aux côtés de l’Observatoire régional de la santé (ORS) de Mayotte et de l’URPS Infirmiers de l’océan Indien, cette enquête épidémiologique menée auprès de 1.000 ménages met en évidence une progression de la prévalence du VIH sur le territoire. Face à ce constat, l’ARS Mayotte rappelle l’importance de réaliser un dépistage précoce et détaille les dispositifs déployés pour renforcer les mesures de prévention.
Une augmentation de la prévalence du VIH

Menée du 2 juin au 8 juillet 2025 auprès de 1.000 ménages tirés au sort sur l’ensemble du département, l’étude EpiMay vise à « dresser un état des lieux précis de la santé de la population mahoraise afin d’orienter les politiques publiques de prévention et de prise en charge », indique l’ARS Mayotte.
Dans son volet consacré à la santé sexuelle, l’enquête met en évidence « une augmentation préoccupante de la prévalence du VIH à Mayotte ». Selon les résultats présentés par l’agence, « cinq adultes sur 1.000 vivent avec le VIH, contre un adulte sur 1.000 en 2019 ».
L’ARS souligne également que « cette évolution s’accompagne d’un constat préoccupant : une part importante de la population ne connaît pas son statut sérologique ou pense, à tort, ne pas être concernée ». L’agence rappelle que « le dépistage précoce reste pourtant l’outil le plus efficace » puisqu’il « permet d’accéder rapidement à un traitement, d’améliorer la qualité de vie des personnes vivant avec le VIH et de réduire fortement le risque de transmission ».
Une coordination renforcée de la lutte contre le VIH

Afin de mieux coordonner les actions de prévention, de dépistage et de prise en charge, l’ARS rappelle avoir accompagné la mise en place du premier Comité régional de santé sexuelle (CoReSS) en 2025.
Dans cette continuité, le Comité opérationnel de lutte contre le VIH (COLVIHM) a été installé en 2026. Selon l’ARS, cet outil vise à « faire le lien entre l’ensemble des acteurs engagés dans la lutte contre le VIH, à décloisonner les interventions et à assurer un suivi partagé des actions de prévention, de dépistage et de prise en charge mises en œuvre sur le territoire ».
L’agence sanitaire met également en avant plusieurs actions conduites ces derniers mois. La Semaine de la santé sexuelle, organisée au début du mois de juin 2026, a permis de dépister 273 personnes et de sensibiliser plus de 1.000 habitants autour de la contraception, du consentement, des infections sexuellement transmissibles et des troubles de la santé sexuelle.
Lors de la Semaine du dépistage organisée début décembre 2025, 1.615 tests rapides d’orientation diagnostique (TROD) VIH, VHB et VHC ont été réalisés sur 22 sites répartis sur l’ensemble du département.
Le dépistage et la prévention au coeur des enjeux

L’ARS Mayotte indique également poursuivre le développement de son offre de prévention. Celle-ci s’appuie notamment sur les antennes des Centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic (CeGIDD) à Mamoudzou et en Petite-Terre, l’ouverture en octobre 2025 d’une antenne de dépistage VIH, VHB et VHC dans les locaux de Santé Sud en Petite-Terre, ainsi que le déploiement des TROD en « aller-vers » grâce aux associations Santé Sud, Solidarité Mayotte, Popam et Nariké M’Sada.
Le dépistage est également proposé dans les services de Protection maternelle et infantile (PMI), tandis que le dispositif « Au labo sans Ordo » est maintenu pour les assurés sociaux. L’ARS Mayotte cite également la ligne Mayotte Info Santé Sexuelle, financée par l’agence sanitaire, qui propose une écoute anonyme et gratuite en français, en shimaoré mais aussi en kibushi.
Par ailleurs, la plateforme de distribution de préservatifs portée par la Croix-Rouge française compte désormais près de 50 points de distribution, dont deux à l’aéroport. En 2025, « 253.485 préservatifs masculins ont été mis gratuitement à disposition de la population », précise l’ARS.
À la lumière des résultats d’EpiMay, l’ARS Mayotte indique vouloir poursuivre son action autour de trois priorités : « promouvoir et faciliter le dépistage, notamment auprès des populations les plus exposées », « améliorer la prise en charge des personnes vivant avec le VIH » et « renforcer la promotion de la prophylaxie pré-exposition (PrEP) comme outil majeur de prévention ».
Mathilde Hangard


