Pour sa dernière journée de visite à Mayotte, la délégation taïwanaise s'est rendue en Petite-Terre où plusieurs projets de développement économique lui ont été présentés. L'occasion d'évoquer de futures coopérations autour des déchets, de l'énergie, de la pêche ou encore de la formation.

La délégation taïwanaise achève sa visite à Mayotte sur des pistes de coopération

Pour sa dernière journée de visite à Mayotte, la délégation taïwanaise s'est rendue en Petite-Terre où plusieurs projets de développement économique lui ont été présentés. L'occasion d'évoquer de futures coopérations autour des déchets, de l'énergie, de la pêche ou encore de la formation.

C’est en Petite-Terre que la délégation taïwanaise, conduite par le vice-ministre des Affaires étrangères, François Wu Chih-Chung, a conclu son déplacement de trois jours à Mayotte. Après les rencontres institutionnelles et la découverte de plusieurs projets du territoire, cette ultime journée avait une ambition bien précise : montrer ce que Petite-Terre peut offrir à de futurs partenaires. « J’ai choisi la Petite-Terre parce que c’est ici que notre mère patrie s’est installée en premier  », a rappelé le sénateur Thani Mohamed Soilihi, qui a ainsi voulu faire un clin d’œil à l’histoire locale.

Des échanges à construire entre les deux territoires

Parmi les sujets évoqués pendant la visite, plusieurs secteurs de coopération ont été identifiés. François Wu Chih-Chung a notamment cité la pêche, le recyclage et la gestion des déchets comme des domaines où Taïwan pourrait partager son expérience avec Mayotte. « Nous sommes très forts dans la pêche aussi, on n’est pas si éloignés de Mayotte. Nous avons une flotte de plusieurs bateaux qui se ravitaille dans l’océan Indien, plus précisément à Maurice », a-t-il déclaré.

François Wu, ministre adjoint des Affaires étrangères taïwanais.

La délégation a également mis en avant l’expérience de son pays dans le traitement et le recyclage des déchets, un domaine qui représente un enjeu important pour l’île. En effet, la gestion des déchets fait partie des sujets régulièrement identifiés par les acteurs locaux comme un défi pour le territoire. Les discussions ont également porté sur la formation, François Wu Chih-Chung a évoqué la possibilité d’accueillir des étudiants mahorais à Taïwan grâce à des bourses ou dans le cadre d’échanges.

Aucun accord précis n’a toutefois été annoncé pendant cette visite. Le ministre adjoint taïwanais a rappelé que ces trois journées constituaient une première prise de contact. « C’est une visite brève, ce n’est pas suffisant pour connaître vos attentes et puis vos problèmes », a-t-il confié, invitant une délégation mahoraise à se rendre prochainement à Taïwan pour poursuivre les discussions.

Les Badamiers au cœur des ambitions économiques

Sur le terrain, la délégation a notamment découvert la future ZAC des Badamiers, un projet présenté comme un espace destiné à accueillir de nouvelles activités, et qui doit permettre de développer du foncier économique et de proposer des espaces à de futurs investisseurs.

Alexandre Sorrentino, a présenté le futur chantier de la Zac des Badamiers.

Cette zone est aussi présentée comme un outil pour renforcer l’autonomie de Petite-Terre, notamment sur les questions liées aux déchets et à l’énergie. Alexandre Sorrentino, directeur stratégie développement foncier aménagement à l’ Établissement Public de Reconstruction et de Développement (EPRD), a rappelé les objectifs du projet : réduire la dépendance de Petite-Terre vis-à-vis de Grande-Terre, permettre le développement d’activités économiques et préparer l’installation de nouveaux secteurs. « Mayotte comme Taïwan sont des îles, nous avons les mêmes problématiques. Vous êtes très en avance sur la gestion des déchets et nous pouvons bénéficier de votre expérience », a indiqué Alexandre Sorrentino.

La zone représente 18 hectares et reste encore en phase d’étude et de programmation. Les responsables du projet espèrent avancer dans les prochaines années pour identifier les activités susceptibles de s’y installer. « On espère d’ici trois à quatre ans avoir une programmation et des personnes qui seraient intéressées par le financement du projet », a confié le directeur.

La reconstruction après Chido au cœur des échanges

Charaffoudine Ramadani Toto, président de la Communauté de communes de Petite-Terre.

La question de la reconstruction de Mayotte après le passage du cyclone Chido a également été abordée. Pour Charaffoudine Ramadani Toto, président de la Communauté de communes de Petite-Terre, Taïwan peut apporter une expérience utile dans la gestion des catastrophes naturelles.

Il a rappelé notamment que le pays a participé à l’aide humanitaire envoyée d’urgence après le cyclone. Selon lui, l’expérience du territoire asiatique dans la prévention des risques peut aussi servir d’exemple pour renforcer la résilience de l’île. « En Asie du Sud-Est, ils sont plus expérimentés dans les catastrophes naturelles de ce genre, chez eux ils sont confrontés aux typhons, les tremblements de terre sans oublier les tsunamis. Ils ont des équipements solides qui tiennent et de l’expérience », a-t-il souligné.

La délégation a également pu visiter le pôle de formation aéronautique de Petite-Terre.

La visite s’est achevée en fin de journée par un dernier arrêt au centre de formation aéronautique du lycée de Petite-Terre. La délégation taïwanaise a pu échanger avec le corps professoral de l’établissement, qui lui a présenté les formations dispensées ainsi que les difficultés rencontrées au quotidien, notamment l’insuffisance d’entreprises pour accueillir l’ensemble des élèves en période de stage. Une ultime étape avant le départ de la délégation taïwanaise, qui clôt ainsi trois journées de rencontres et de découvertes sur le territoire mahorais.

Cette première visite officielle doit désormais servir de base à la poursuite des échanges entre les îles. Les deux parties ont évoqué plusieurs pistes de coopération, mais leur concrétisation dépendra des prochains échanges et d’une éventuelle visite d’une délégation mahoraise à Taïwan.

Shanyce MATHIAS ALI.

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