Créé il y a moins d’un an, le Judo Club Nord 976, qui rassemble une quarantaine de jeunes dans le nord de Mayotte, n’a plus de lieu pour s’entraîner depuis deux mois et attend toujours une solution durable.

Sans salle, les jeunes judokas du Nord de Mayotte à l’arrêt

Créé il y a moins d’un an, le Judo Club Nord 976, qui rassemble une quarantaine de jeunes dans le nord de Mayotte, n’a plus de lieu pour s’entraîner depuis deux mois et attend toujours une solution durable.

Depuis plusieurs semaines, les tatamis sont rangés et les entraînements ont cessé. À M’tsamboro, le Judo Club Nord 976 traverse une période difficile après avoir perdu l’accès à la salle qu’il occupait au sein de l’office de tourisme. Une situation qui inquiète son président, Gaspard Touvé, alors que le club venait à peine de trouver sa place dans le paysage sportif de l’île.

Selon lui, tout s’est arrêté brutalement, le club a été informé le jour même du début des travaux dans les locaux utilisés pour les cours. « On nous a envoyé un mail dans la journée pour nous dire qu’il y aurait des travaux alors qu’on avait entraînement le soir. Du jour au lendemain, on n’a plus eu de salle », explique le président du club.

Des démarches restées sans réponses

Depuis, les responsables de l’association disent avoir multiplié les démarches auprès des collectivités du secteur pour trouver une solution de remplacement. Des échanges ont eu lieu avec plusieurs communes et responsables du sport, mais aucune proposition n’a permis une reprise de l’activité.

Mtsamboro, Caisse des écoles, Mayotte
Le président dit avoir sollicité à plusieurs reprises la mairie de Mtsamboro, d’Acoua et de Bandraboua.

« J’ai essayé de communiquer avec tout le monde. J’ai appelé, envoyé des messages, demandé des rendez-vous. On nous répond parfois, mais derrière il n’y a jamais de solution concrète », regrette-t-il.

Des pistes ont bien été évoquées, il a notamment été proposé d’utiliser un plateau sportif ou une école. Des options jugées inadaptées par le club, qui rappelle que le judo est un sport de projection nécessitant un espace sécurisé. Installer des tatamis sur du béton présenterait des risques pour les pratiquants et accélérerait également l’usure du matériel.

Une autre possibilité avait été étudiée à Bandraboua, mais elle n’a finalement pas abouti. En cause, l’impossibilité de laisser le matériel sur place. « On ne peut pas ramener à chaque fois 400 kilos de matériel à la maison ».

Une activité à l’arrêt pour une quarantaine de jeunes

Cette absence de solution pèse aujourd’hui sur les jeunes licenciés. Lors de sa première saison, le Judo Club Nord 976 avait pourtant réussi à attirer une quarantaine d’enfants et d’adolescents. Un résultat remarqué pour une structure créée en août 2025.

« Les jeunes nous demandent quand le judo va reprendre et on ne sait pas quoi leur répondre. C’est ça qui est le plus difficile et le plus triste », confie Gaspard Touvé.

L’association sportive accueillait des jeunes de tous les âges.

Pour lui, la situation actuelle dépasse le seul cadre du club et pose la question des infrastructures sportives disponibles sur le territoire. « Tout le monde ne veut pas faire du football ou du basket. Il faut aussi permettre aux jeunes de découvrir d’autres disciplines. Nous avions commencé à travailler avec les écoles pour leur faire connaître le judo et leur offrir une autre pratique sportive », explique-t-il.

Sur une île,  où une grande partie de la population a moins de 18 ans, le responsable associatif estime que le sport joue un rôle important dans l’encadrement et l’épanouissement des jeunes. D’après lui, la diversité des activités proposées constitue un enjeu essentiel.

Le manque d’infrastructures pointé du doigt 

Alors qu’un futur gymnase avec un dojo est annoncé à Hamjago depuis plusieurs années, le club affirme ne disposer d’aucune information précise sur la date de mise en service de l’équipement.

Les responsables s’interrogent aussi sur sa capacité d’accueil, estimant que les surfaces prévues ne permettraient pas de répondre aux besoins d’une pratique régulière du sport.  « Ils ont prévu 25 mètres carrés de tapis, on pourra même pas mettre sept élèves pour faire du judo », souligne Gaspard Touvé. Il ajoute : « pour le dojo en construction, le matériel interne ne correspond pas ».

Une réunion consacrée à l’avenir du club et au projet de dojo devait avoir lieu avec différents interlocuteurs. Celle-ci a été annulée à la dernière minute en raison d’une urgence. Aujourd’hui, le club souhaite avant tout obtenir une réponse concrète. Sans salle adaptée, l’association craint de voir disparaître une activité qui offrait à plusieurs dizaines de jeunes du nord de l’île une alternative.

Le président estime également que cette situation reflète un manque plus large d’infrastructures sportives pour certaines disciplines. « On a parfois l’impression que les sports de combat passent après les autres », estime-t-il. « On est surtout déçus et désemparés, on se sent vraiment délaissés, je n’ai même pas la force de retourner dans la salle pour voir le matériel. On demande simplement une solution pour que les enfants puissent reprendre le sport dans de bonnes conditions », résume Gaspard Touvé.

Shanyce MATHIAS ALI.

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