Les prix des trois produits (pétrole lampant, essence et gasoil) ont connu un relèvement qui varie entre 28 et 46% sur fond d’une inflation qui étrangle la population. Les autorités, reconnaissant le caractère inévitable de la hausse, ont annoncé des mesures pour limiter le choc des ménages dont l’abattement de 40% sur les taxes des produits de première nécessité (PPN).

Comores : Hausse du prix des produits pétroliers et huit mesures d’accompagnement

Les prix des trois produits (pétrole lampant, essence et gasoil) ont connu un relèvement qui varie entre 28 et 46% sur fond d’une inflation qui étrangle la population. Les autorités, reconnaissant le caractère inévitable de la hausse, ont annoncé des mesures pour limiter le choc des ménages dont l’abattement de 40% sur les taxes des produits de première nécessité (PPN).

Le gouvernement comorien a annoncé une hausse des prix des produits pétroliers dans un arrêté conjoint publié ce samedi 9 mai. Le prix de l’essence passe de 750 francs (1,5 euro) à 1000 francs (2 euros), soit une hausse de 33% alors que celui du gasoil est désormais de 950 francs (1,93 euro) au lieu de 650 francs (1,32 euro), soit 46%. Le prix du pétrole lampant, très consommé dans l’archipel pour la cuisson, passe de 350 francs (0,71) à 450 francs (0,91 euro), soit une hausse de 28%.

Protéger les ménages les plus vulnérables

Les autorités comoriennes ont justifié cette hausse par la conjoncture internationale marquée par les fluctuations actuelles du marché énergétique et l’augmentation du prix du baril de Brent, passant de 72,87 le 28 février dernier à 101, 29 dollars le 9 mai à cause de la guerre au Moyen-Orient. Dans un discours à la Nation, mardi 5 mai, le président Azali Assoumani avait annoncé un réajustement des prix des produits pétroliers.

Le secrétaire général du Gouvernement, Nour El Fath Azali, annonce une cellule de veille des mesures d’accompagnement.

« Jusqu’à ce jour, le Gouvernement a mobilisé tous les leviers possibles pour retarder au maximum l’ajustement des prix des produits des hydrocarbures, espérant une accalmie de la situation internationale. Malheureusement, cet apaisement n’est pas encore au rendez-vous », avait-il justifié à la télévision nationale. « Des mesures d’accompagnement seront incessamment annoncées par le Gouvernement, pour accompagner et protéger les ménages les plus vulnérables et soutenir les secteurs vitaux de notre pays », avait-il promis.

Et ces mesures ont été annoncées samedi 9 mai par le secrétaire général du Gouvernement, Nour El Fath Azali, dans une longue tribune publiée dans le journal de l’Etat, Al-watwan, d’une part, et par le ministre des Finances, Moussa Abderemane via un arrêté, d’autre part qui annonce un abattement de 40% sur les taxes déductibles à la douane des produits de première nécessité (PPN) pendant une période de trois mois. Dans sa tribune, le coordonnateur de l’action gouvernementale a, tout d’abord, souligné que la décision de la hausse des prix des produits pétroliers a été prise à contrecœur. Mais il affirme que cela était inévitable pour sauver l’entreprise et garantir la régularité des approvisionnements en produits pétroliers.

Une réduction des taxes des produits alimentaires

« Sur plusieurs scénarios, le Gouvernement a choisi celui avec le moins d’impact sur les consommateurs mais qui permettra en même temps à la SCH de continuer à assurer l’approvisionnement de nos îles, malgré un manque à gagner de plus de trois (3) milliards de nos francs par cargaison, que le Gouvernement devra supporter », a expliqué Nour El Fath Azali qui ajoute que l’Etat ne saurait se soustraire à ses responsabilités de protecteur de l’Economie et de la vie des ménages.

L’île d’Anjouan conserve le plus grand stock des produits pétroliers de l’archipel.

Il annoncera huit mesures allant de « la réduction de 40% des droits de douane sur les Produits de Première Nécessité tels que le riz ordinaire, la farine, le sucre, les huiles alimentaires, les volailles, les produits carnés et les médicaments représentant un coût d’environ 0,7 milliard de nos francs ». Mais également « la subvention aux dépenses d’achat du carburant de la SONELEC (la société d’électricité, ndlr) pour maintenir la stabilité du prix du kilowattheure (Kwh) », mais aussi « l’accompagnement des boulangers à amortir les charges de production du pain afin d’éviter une augmentation du prix de la baguette » avant d’annoncer « l’élargissement de l’aide sociale aux ménages vulnérables (le projet Filets sociaux) passant de 40.000 à 60.000 ménages avec un montant total compris entre 3 et 3,2 milliards de francs comoriens ».

Une inflation déjà éprouvante

Nour El Fath Azali a dévoilé aussi quatre autres mesures visant à réduire le train de vie de l’Etat. Il citera « une ponction de 50% sur les indemnités perçus par les hauts responsables d’Etat et la classe dirigeante des sociétés d’État (une loi ou un décret en précisera les modalités) » mais aussi « une réduction de la dotation du carburant des ministres et autres cadres de l’administration publique et des sociétés d’Etat » et « la stricte limitation des voyages à l’étranger » des autorités ainsi que « la limitation des cérémonies et événements gouvernementaux dans un environnement restreint au sein des ministères ».

Le ministre en charge des Transports terrestre annonce jusqu’à 25% des prix du transport en commun. Une mesure qui a provoqué une levée de boucliers dans les rangs du principal syndicat des transporteurs (Usukani wa Masiwa). Si une bonne partie de l’opinion comorienne juge « des mesures inévitables », nombreux sont ceux qui demandent « un dispositif beaucoup plus fort » pour traduire les mesures d’accompagnement dans les faits sur le terrain et protéger la population d’une spirale d’inflation déjà éprouvante.

A.S.Kemba

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