L’ancien secrétaire général, Edgard Razafindravahy a été poussé à la sortie avant la fin de son mandat. L’organisation régionale et la presse malgache ont loué son bilan marqué essentiellement par "l’ouverture" de la COI à l’international et l’exécution de nombreux programmes stratégiques pour la région indianocéanique.

Nouvelle présidence malgache à la Commission de l’océan Indien

L’ancien secrétaire général, Edgard Razafindravahy a été poussé à la sortie avant la fin de son mandat. L’organisation régionale et la presse malgache ont loué son bilan marqué essentiellement par "l’ouverture" de la COI à l’international et l’exécution de nombreux programmes stratégiques pour la région indianocéanique.

Le Conseil des ministres des pays membres de la Commission de l’Océan indien (COI) ont acté la nomination du Dr Ibrahim Norbert Richard au poste de secrétaire général au cours d’une session extraordinaire qui a eu lieu ce mardi 7 avril à Ebène à l’Ile Maurice. Il remplace son compatriote Edgard Razafindravahy qui a jeté l’éponge après près de vingt mois à la tête de l’organisation régionale.

Un départ forcé à la tête de la COI

Cette démission surprise n’a pas été formellement expliquée par l’institution dans son communiqué officiel transmis aux médias. Mais des informations officieuses laissent penser que le démissionnaire, soutenu en 2024 par l’ancien président malgache déchu Andry Rajoelina, n’était pas en odeur de sainteté avec les nouvelles autorités en place à Antananarivo. Il paie probablement les frais de sa proximité avec l’ancienne équipe dirigeante, comme le laisse penser la presse malgache.

« Comme il fallait s’y attendre, le secrétaire général de la Commission de l’Océan Indien (COI) a remis, vendredi, sa démission au président du Conseil des ministres de l’organisation. Une décision qui s’inscrit dans un contexte où les nouvelles autorités malgaches n’ont jamais caché leur volonté de le remplacer », souligne L’Express de Madagascar. « Un départ qui n’a rien d’anodin, tant les dirigeants de la Refondation avaient laissé entendre, ces derniers mois, leur volonté de voir un nouveau visage occuper ce poste stratégique », ajoute Madagascar Tribune. « Dans les coulisses du pouvoir, le sort du secrétaire général était scellé depuis février. Une lettre officielle du ministère malgache des Affaires étrangères aurait été transmise aux instances de la COI pour réclamer son éviction », renchérit Midi Madagasikara.

Si tout le monde y voit une démission qui ne dit pas son nom, nombreux, y compris dans les milieux politiques de la Grande Ile, reconnaissent la stature de l’ancien patron de l’institution et surtout son bilan salué au siège. « Son mandat a permis d’enregistrer des avancées concrètes, notamment dans les domaines de la sécurité maritime, sanitaire et alimentaire, ou encore des actions concrètes en faveur de la lutte contre la pollution plastique et du soutien aux acteurs culturels de la région », souligne le communiqué de la COI. 

Un bilan salué par la COI et la presse malgache

Un constat loué par les médias malgaches. « Aucun manquement, aucune irrégularité n’a été signalé par l’instance régionale. Son passage est même associé à certaines avancées, l’organisation a également gagné en présence et en visibilité lors de son mandat », souligne Madagascar Tribune. « Je crois surtout avoir imprimé un rythme nouveau dans le domaine de la modernisation avec des méthodes de gestion, de suivi et de contrôle renforcées. Je souligne le travail remarquable réalisé par mes collaborateurs sur les accréditations après celle du Fonds vert pour le Climat obtenue en 2024 et auquel je porte une attention particulière », a écrit, en préambule, l’ancien patron dans un document de vingt pages dans lequel il brosse sommairement les actions entreprises et engagées en 20 mois à la tête de la Commission de l’Océan indien (COI).

Son successeur est réputé pour sa connaissance de nombreux dossiers en lien avec la vision des Petits Etats insulaires en développement (PEID). « Spécialiste des relations internationales et de l’aide publique au développement, il a aussi contribué à la formation de diplomates malgaches en tant que chargé de cours à l’École nationale d’administration de Madagascar », explique la COI dans son communiqué. 

« Dr Ibrahim Norbert Richard, diplomate de carrière titulaire d’un doctorat en droit et ancien SousSecrétaire général de l’Organisation des États ACP », ajoute le document qui rappelle que le promu a été « chargé d’affaires à l’ambassade de Madagascar à Bruxelles, chargé d’étude au Centre d’études et d’analyses stratégiques du ministère malgache des Affaires étrangères chef des divisions Afrique et Affaires consulaires et générales » au ministère des Affaires étrangères malgache. Le nouveau secrétaire général occupe ses fonctions « pour la durée restante du mandat en 2028″, a précisé la COI.

A.S.Kemba

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