Huit mois après leur appel à projets, l'entreprise GBH et l’ONG Super-Novae ont retenu 80 initiatives agricoles et installé des systèmes de récupération d’eau dans de nombreuses parcelles, permettant aux agriculteurs mahorais de traverser la saison sèche à venir en autonomie tout en accompagnant la structuration de la filière.

Avec 80 projets agricoles financés, GBH et Super-Novae œuvrent à la relance et à la structuration de la filière agricole

Huit mois après leur appel à projets, l'entreprise GBH et l’ONG Super-Novae ont retenu 80 initiatives agricoles et installé des systèmes de récupération d’eau dans de nombreuses parcelles, permettant aux agriculteurs mahorais de traverser la saison sèche à venir en autonomie tout en accompagnant la structuration de la filière.

Plus d’un an après le passage du cyclone Chido, qui avait durement frappé les exploitations agricoles de Mayotte, Michel Lapeyre, directeur général Océan Indien et Afrique de GBH, et Alexandre Chatillon, directeur de l’ONG Super-Novae, se sont rendus ces derniers jours sur le territoire. L’objectif de cette visite : dresser un point d’étape sur les actions engagées pour soutenir la relance de la filière agricole locale.

Groupe ultramarin présent notamment dans la grande distribution et l’automobile, et dont le siège est basé en Martinique, GBH est implanté dans plusieurs territoires d’outre-mer. À Mayotte, l’entreprise est notamment propriétaire des enseignes Carrefour et Douka Bé et emploie près de 500 personnes, tandis qu’environ 6.000 salariés travaillent à La Réunion, sur un total de 11.000 collaborateurs dans le monde.

80 projets retenus et financés intégralement

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Deux cuves de récupération de l’eau et une serre, installées sur une parcelle./GBH.

Dans le sillage du cyclone Chido, qui avait durement frappé l’île, le groupe avait mobilisé un fonds global de deux millions d’euros afin de contribuer à la reconstruction du territoire, dont la moitié était directement dédiée au secteur agricole. L’objectif affiché était d’accompagner les producteurs locaux dans la reprise de leur activité tout en renforçant la sécurité alimentaire de l’île.

Après plusieurs échanges avec les acteurs locaux — la Direction de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt (DAAF), l’Association interprofessionnelle de Mayotte (AIM), le Conseil départemental (CD) et la Chambre d’agriculture (CA) — Super-Novae et GBH ont décidé de recentrer leur aide sur la question de l’accès à l’eau et du stockage de la ressource.

L’objectif est d’aider les agriculteurs à mieux faire face au stress hydrique pendant la saison sèche, notamment grâce à l’installation d’équipements de récupération et de stockage d’eau de pluie : cuves, farés équipés de récupérateurs ou encore systèmes de collecte adaptés aux exploitations.

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La mobilisation des acteurs locaux, comme Agrikagna et Lilo Bambou ont permis d’accélérer les installations et de subventionner des projets concrets./GBH.

Suite à un appel à projets lancé le 6 juillet 2025, près de 300 candidatures ont été déposées. Les agriculteurs intéressés devaient présenter un dossier détaillé, avec un plafond d’investissement fixé à 20.000 euros par projet. Les bénéficiaires devaient également être enregistrés administrativement et affiliés à la sécurité sociale. Particularité du dispositif : aucun apport financier n’était demandé aux exploitants, les équipements étant entièrement financés par GBH.

Neuf mois plus tard, 80 projets ont été retenus et près de 30 % des installations ont déjà été livrées, directement construites par des entreprises mahoraises. « Nous avons voulu aider tous les types d’exploitations, notamment les petits producteurs, mais il a également fallu s’assurer que les projets retenus étaient concrets et sérieux », souligne Michel Lapeyre.

L’accès à l’eau et son stockage au cœur des priorités

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Une cuve de récupération et de stockage de l’eau lors de la saison des pluies, permet à un éleveur de subvenir à ses besoins pendant l’intégralité de la saison sèche, estime GBH./GBH.

Sur certaines parcelles, les aménagements prennent des formes très concrètes. « Sur une parcelle de type jardin mahorais, un faré en bambou a ainsi été construit avec l’entreprise Lilo Bambou afin d’abriter des bassines de stockage d’eau. L’installation est complétée par un système de pompage solaire et un dispositif d’irrigation destiné à faciliter l’arrosage des cultures », illustre Alexandre Chatillon. À Vahibé, l’installation d’une grande cuve chez un éleveur lui permet désormais de traverser toute la saison sèche en autonomie grâce à l’eau de pluie récupérée pendant la saison des pluies.

« Même si ces exploitations sont petites, parfois informelles, l’aide apportée leur permet d’augmenter leur productivité et donc d’obtenir des revenus supplémentaires, et peut-être d’aller plus loin dans leur intégration au système agricole local », remarque Michel Lapeyre. « L’objectif final de notre aide est de créer un effet de levier pour ces producteurs ».

Plusieurs autres projets structurants pour la filière et la jeunesse

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La dernière phase du déploiement de l’aide post-Chido de GBH se fera auprès des entrepreneurs agricoles du territoire. GBH.

Au-delà de l’accompagnement des agriculteurs, GBH met également à disposition des fonds pour l’insertion et la formation des jeunes à travers plusieurs projets. À Bandrélé, un chantier agricole est en cours de reconstruction en partenariat avec Mlézi Maoré : des salles de classe et des serres doivent encore être construites, ainsi qu’un périmètre de sécurité autour du site.

Le groupe travaille également avec le lycée agricole de Coconi pour lancer un projet autour de l’apiculture, avec le financement de serres mais aussi de programmes de formation. Par ailleurs, GBH a soutenu la relance de la filière de la coco, particulièrement touchée par le cyclone, en permettant l’arrivée de 40.000 noix en provenance d’Inde afin de reconstituer le parc mahorais.

« À travers une nouvelle phase, nous souhaitons également soutenir l’entrepreneuriat agricole en permettant à de jeunes entrepreneurs de se lancer et de consolider leurs activités », poursuit Michel Lapeyre, « toujours dans l’objectif d’améliorer la souveraineté alimentaire du territoire ». De son côté, l’ONG Super Novae s’assure de la bonne mise en œuvre des installations afin que les agriculteurs puissent pleinement se les approprier.

Victor Diwisch

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