Le barreau de Mayotte appelle à une grève totale du 7 au 13 avril, dénonçant une réforme jugée attentatoire aux principes du procès criminel.

Les avocats de Mayotte annoncent une grève contre le projet de loi « SURE »

Le barreau de Mayotte appelle à une grève totale du 7 au 13 avril, dénonçant une réforme jugée attentatoire aux principes du procès criminel.

Réuni en assemblée générale extraordinaire le 6 avril 2026, le barreau de Mayotte a adopté une motion appelant à une mobilisation renforcée contre le projet de loi « SURE » sur la justice criminelle. Dans ce contexte, des actions sont annoncées dès le mardi 7 avril au tribunal de Mamoudzou.

Dans son communiqué, le barreau de Mayotte critique un texte qui, « sous couvert de célérité et d’efficacité, sacrifie les fondements mêmes du procès pénal criminel ». Les avocats dénoncent notamment l’instauration d’un mécanisme de « plaider coupable criminel » permettant de juger des crimes « sur le seul aveu de l’accusé, sans audition de témoins, ni d’experts, sans jury populaire ». 

Le texte est également accusé de priver « à la fois les accusés et les victimes d’un procès public, oral, contradictoire et légitime », et de relever davantage d’un « outil de gestion des stocks des dossiers criminels non jugés » que d’une réforme structurelle de la justice.

Le 3 avril dernier, le Syndicat de la magistrature avait appelé les personnels de justice à soutenir le mouvement engagé par les avocats des barreaux de Mamoudzou, Saint-Denis et Saint-Pierre, dénonçant plusieurs dispositions du projet de loi, dont l’extension du plaider-coupable à des peines pouvant aller jusqu’à 30 ans de réclusion, l’élargissement des compétences des cours criminelles départementales et l’allongement des délais de détention provisoire, qu’il jugeait préoccupantes, et appelant à une mobilisation le 13 avril, notamment par des rassemblements devant les tribunaux et le soutien aux demandes de renvoi.

Le barreau de Mayotte a décrété une grève totale des activités judiciaires jusqu’au 13 avril, date d’une « journée justice morte » organisée au niveau national, espérant une prise en compte de cette mobilisation par les pouvoirs publics.

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