Alors que le garde des Sceaux entame une visite de 4 jours dans l’océan Indien, tout d’abord à La Réunion puis à Mayotte, la section régionale du Syndicat de la Magistrature, dans un communiqué, insiste sur le fait que la justice ne doit pas être mise au service d’une politique pénale destinée à servir les intérêts politiques du ministre de la Justice.

Visite Gérald Darmanin : la section régionale du Syndicat de la Magistrature revendique

Alors que le garde des Sceaux entame une visite de 4 jours dans l’océan Indien, tout d’abord à La Réunion puis à Mayotte, la section régionale du Syndicat de la Magistrature, dans un communiqué, insiste sur le fait que la justice ne doit pas être mise au service d’une politique pénale destinée à servir les intérêts politiques du ministre de la Justice.

« La justice de ce pays se doit d’être mise au service de ses citoyens, sans considération de couleur ou de moyen, afin de garantir le respect de notre Etat de droit fondé sur les valeurs d’égalité, de liberté et de fraternité », écrit le syndicat.

La section régionale regrette le peu de temps qui sera accordé, selon elle, aux échanges avec les magistrats. « (…) sur ces quatre jours, 1 heure à la Réunion et 35 minutes à Mayotte sont consacrées à un échange avec les magistrats, 35 minutes à la visite des bâtiments de la chambre détachée et du tribunal judiciaire de Mamoudzou, toujours hors service 14 mois après le passage de Chido, tandis que les élus locaux auront droit à 3 heures 15 avec notre ministre. Les mathématiques parlent et les priorités apparaissent claires… La section régionale du Syndicat de la Magistrature déplore cet intérêt de façade et cette instrumentalisation de notre corps à des fins politiciennes ».

Par ailleurs, le Syndicat de la Magistrature constate que les effectifs et les renforts promis par le garde des Sceaux ne sont malheureusement pas au rendez-vous. « Alors que notre ministère se réjouissait en janvier dernier d’une augmentation des effectifs dans nos juridictions, assurant qu’à l’horizon 2027, 26 magistrats supplémentaires (soit 22 % des effectifs actuels) seraient affectés dans le ressort de la cour d’appel, la réalité est tout autre : respectivement 33, 20 et 18 magistrats au siège et 10, 7 et 6 magistrats au parquet dans les tribunaux judiciaires de St-Denis, St-Pierre et Mamoudzou pour des populations de 896 200 habitants à la Réunion et 329 000 habitants à Mayotte, soit 5,79 juges et 1,87 procureurs pour 100 000 habitants. Ce qui place notre cour d’appel bien en deçà de la moyenne européenne qui est de 21,9 juges et 12,2 procureurs pour 100 000 habitants (rapport CEPEJ 2024) mais également de la moyenne nationale qui de 11,3 juges et 3 procureurs pour 100 000 habitants. Seulement 8 postes supplémentaires depuis 2023 sur notre cour (4 au parquet, 4 au siège) et des budgets gelés en 2026, des attachés de justice qui ne peuvent exercer de fonction juridictionnelle et dont le recrutement est également gelé », peut-on lire dans le communiqué.

Aussi, la section régionale du Syndicat de la Magistrature appelle le ministre « à plus d’honnêteté dans ses annonces et au respect de ses promesses (…), à manifester un intérêt pour le fond des problèmes et à se battre pour dégager les budgets nécessaires pour les résoudre. Non en donnant pour ordre de réprimer sans discernement, en prônant des politiques sécuritaires qui ne font que renforcer une surpopulation carcérale source de délinquance, mais en se dotant des moyens humains nécessaires pour faire face au mal-être social actuel, en développant les dispositifs permettant une prise en charge globale des situations incluant des prises en charge sanitaires et sociales (…), à prendre en considération ses magistrats et leur parole pour leur donner les moyens de rendre une justice de qualité, respectueuse de nos principes démocratiques, juste et égale pour tous ».

Partagez l'article :

spot_imgspot_img

Les plus lus

Publications Similaires
SIMILAIRES

Élections municipales de Mamoudzou : la justice décide qu’il n’y aura pas de nouveau scrutin

Le tribunal administratif de Mayotte entérine le score de la liste d’Ambdilwahedou Soumaïla au premier tour des élections municipales de Mamoudzou. Ce mardi 15 septembre, il donne en partie raison au requérant, Ahamada Haribou (arrivé deuxième), en retranchant 104 voix litigieuses.

Des parents d’élèves demandent le départ de la rectrice : « Si elle ne s’occupe pas de nous, elle doit démissionner »

Le lycée de la Cité du Nord entame ce lundi 14 septembre sa troisième semaine de blocage. Près de 180 parents, enseignants et représentants syndicaux se sont réunis devant l'établissement scolaire. La mobilisation des parents prend de l'ampleur, tandis qu'aucune rencontre avec la rectrice ou une délégation du rectorat n'était encore confirmée dans la matinée.

« Le CHM brille par son silence » : les brancardiers et ambulanciers en grève à Mayotte

Plus d'une vingtaine de brancardiers et ambulanciers du CHM sont en grève depuis lundi matin à Mamoudzou. Heures supplémentaires contestées, manque d'effectifs, missions SMUR et interventions à la morgue, les agents dénoncent une accumulation de difficultés et réclament des réponses de la direction.

Environnement : Plus de 41 000 euros attribués à trois projets écologiques à Mayotte

L'Office français de la biodiversité (OFB) a dévoilé les lauréats de la seizième édition de son programme de financement TeMeUm (Terres et Mers Ultramarins). Au total, trois projets mahorais d'initiatives locales, associatives et écologiques vont donc se partager une enveloppe de 41.550 euros.