Dans une circulaire adressée aux procureurs généraux, procureurs de la République et directeurs interrégionaux de la protection judiciaire de la jeunesse, Gérald Darmanin annonce vouloir renforcer la prise en charge éducative des mineurs délinquants via une réforme du placement et du milieu ouvert.

Gérald Darmanin veut renforcer la prise en charge éducative des mineurs délinquants

Dans une circulaire adressée aux procureurs généraux, procureurs de la République et directeurs interrégionaux de la protection judiciaire de la jeunesse, Gérald Darmanin annonce vouloir renforcer la prise en charge éducative des mineurs délinquants via une réforme du placement et du milieu ouvert.

A partir du 1er septembre 2026 les unités judiciaires à priorité éducative (UJPE) vont remplacer les unités éducatives d’hébergement collectif (UEHC) et les centres éducatifs fermés (CEF) du secteur public. « La justice des mineurs doit reposer sur l’idée que la sanction est un acte éducatif : faire comprendre au mineur délinquant la gravité de ses actes est le premier pas vers sa réinsertion », a ainsi expliqué le garde des Sceaux, Gérald Darmanin.

Un dispositif centré autour de l’insertion et de l’accès au soin

A terme, les UJPE vont permettre la mise en place d’un parcours éducatif et professionnel sur mesure, en augmentant le temps dédié à la formation et à l’insertion scolaire et professionnelle, notamment avec la présence d’un professeur technique dans chacune des 85 structures, pour renforcer les équipes et garantir le maintien dans la scolarité ou la rescolarisation des jeunes concernés. « Ce dispositif facilitera également l’accès aux soins et fera de la santé un levier d’insertion. 60 postes d’infirmiers supplémentaires seront créés, pour que chaque unité dispose d’un professionnel dédié au repérage des troubles somatiques, psychiques ou addictifs », indique le ministère de la Justice

Mayotte, jeunes, violences, Kawéni,
A Mayotte, au sein de groupes armés, certains individus sont majeurs, tandis que d’autres sont mineurs. Selon le parquet de Mamoudzou, leur âge moyen se situe entre 14 et 17 ans.

Par ailleurs, les UJPE s’appuieront sur un partenariat renforcé avec les forces de sécurité intérieure afin de protéger les mineurs et les équipes du narcotrafic et du proxénétisme. Des protocoles stricts de lutte contre les fugues seront également mis en œuvre pour assurer un environnement sécurisé et encadré. Pour les mineurs primo-délinquants ou impliqués dans des faits de moindre gravité, le placement s’effectuera dans le cadre d’une mesure éducative judiciaire ou provisoire, systématiquement assortie d’un couvre-feu pour encadrer leur quotidien.

« En revanche, les mineurs nécessitant l’encadrement le plus strict seront soumis à un contrôle judiciaire assorti de l’obligation non seulement de respecter les conditions d’un placement éducatif, mais également de ne s’absenter du lieu de placement qu’aux motifs et conditions fixés par l’autorité judiciaire. Un bilan sera ainsi réalisé dans trois ans pour évaluer l’impact des UJPE sur la prévention de la récidive, la stabilisation des parcours et l’insertion professionnelle des jeunes placés », précisent les services du garde des Sceaux.

Pour prévenir la réitération, des stages spécifiquement dédiés aux jeunes consommateurs de stupéfiants seront proposés.

Enfin, le suivi des mineurs en milieu ouvert sera renforcé, avec le développement de nouvelles mesures alternatives aux poursuites, élaborées en étroite collaboration avec les parquets. Objectif : intervenir le plus tôt possible pour prévenir la réitération, en proposant notamment des stages spécifiquement dédiés aux jeunes consommateurs de stupéfiants.

« La prise en charge des mineurs sera priorisée sur celle des jeunes majeurs, avec un engagement fort : maintenir un délai maximal de 15 jours entre la convocation et le début de l’accompagnement », insiste le ministère.

A quelques jours de sa venue à Mayotte, le 23 février prochain, Gérald Darmanin aura sans doute à cœur de détailler davantage cette réforme et d’expliquer les modalités de sa mise en place sur notre territoire.

Partagez l'article :

spot_imgspot_img

Les plus lus

Publications Similaires
SIMILAIRES

Mounawar lance la saison 2026-2027 d’Hippocampus à Musical Plage

Hippocampus donne le coup d’envoi de sa saison 2026/2027...

Mayotte en promotion au grand rendez-vous du tourisme à Paris, du 15 au 17 septembre 2026

Du 15 au 17 septembre 2026, le Parc des...

Élections municipales de Mamoudzou : la justice décide qu’il n’y aura pas de nouveau scrutin

Le tribunal administratif de Mayotte entérine le score de la liste d’Ambdilwahedou Soumaïla au premier tour des élections municipales de Mamoudzou. Ce mardi 15 septembre, il donne en partie raison au requérant, Ahamada Haribou (arrivé deuxième), en retranchant 104 voix litigieuses.

Des parents d’élèves demandent le départ de la rectrice : « Si elle ne s’occupe pas de nous, elle doit démissionner »

Le lycée de la Cité du Nord entame ce lundi 14 septembre sa troisième semaine de blocage. Près de 180 parents, enseignants et représentants syndicaux se sont réunis devant l'établissement scolaire. La mobilisation des parents prend de l'ampleur, tandis qu'aucune rencontre avec la rectrice ou une délégation du rectorat n'était encore confirmée dans la matinée.